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Les mains d'oeuvre
Je dis que la main est redoutable.
La main qui se lève pour les faux serments,
qui se crispe sur le fusil,
qui tresse les barbelés,
la main qui frappe,
la main qui tue.
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Je dis que la main est pitoyable.
La main meurtrie,
la main qui supplie,
la main qu'on oublie,
la main enchaînée et désespérée,
la main qui meurt au bout du labeur.
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Je dis que la main est admirable.
La main ouverte pour donner,
la main offerte pour aimer,
la main qui console,
la main qui construit,
la main qui se serre dans une autre main.
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Je dis que la main n'est rien.
Elle n'est que l'outil de l'homme .
Ce n'est pas la faute de la scie et du rabot
s'ils servent à fabriquer la croix
sur laquelle on clouera les douleurs,
ou la charpente sous laquelle s'abriteront les hommes. |

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Les mains sont pareilles aux mots.
Elles peuvent mentir, elles peuvent séduire, elles peuvent trahir.
Avant d'admirer un mot, je veux savoir le chemin qu'il a parcouru ou les errements qu'il
a provoqués.
Combien de mains oseraient-elles avouer tous leurs actes, reconnaître tous leurs gestes?
Heureusement elles sont muette, et c'est à chacun d'entre nous d'interpréter leurs
silences.  |
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