La montagne

Il est un peu plus de trois heures et demie du matin,
Au loin un choucas se réveille, ouvre un oeil et voit
S'éclairer, une à une, les fenêtres du refuge.
Quelques minutes plus tard, de grosses lucioles 
S'en éloignent vers les quatre coins de l'horizon.
Ce sont les cordées aux lampes frontales
Qui partent à l'assaut des sommets voisins.
La marche d'approche est silencieuse et soutenue.
Le premier de cordée repère le tracé et impose son rythme,
En vérifiant, de temps en temps, si chacun le suit.
Ils progressent sur le glacier les crampons aux pieds.
les visages , un peu crispés, fixent la trace au sol.
Le jour se lève et les sommets deviennent incandescents,
Mais on n'a guère le temps de s'y arrêter longuement.
Après plusieurs heures d'intenses et durs efforts,
Les voici arrivés au sommet, essoufflés mais heureux:
On s'embrasse, on se congratule, on se restaure,
Tout en contemplant la magnifique vue panoramique.
Mais déjà il faut redescendre très prudemment
Pour éviter quelque avalanche ou crevasse béante.
Une fois sur le sentier, chacun peut prendre le temps
D'admirer un champ de rhododendrons ou un lys orangé,
De repérer la marmotte aux aguets dont le sifflement strident
Rebondit sur les rochers et perce le vacarme du torrent.
Le poète avait raison:"Que la montagne est belle ! "
Quelle chance de pouvoir y faire des randonnées.
Elle est une grande et noble école de vie:
Se fixer des objectifs et se donner les moyens
Pour les atteindre grâce à l'aide des autres,
Conscient de ses limites et de ses capacités. 

Jésus se retirait dans la montagne pour se reposer et prier
C'est sur une montagne qu'il a proclamé la charte du bonheur.

Bernard Hubler

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