|
« Nous nous amusons quelquefois tant
à être bons Anges,
que nous en laissons d’être bons hommes et bonnes
femmes.
Notre imperfection nous doit accompagner jusqu’au cercueil. nous
ne pouvons aller sans toucher terre,
il ne faut pas s’y coucher ni vautrer,
mais aussi ne faut-il pas penser voler ;
car nous sommes des petits poussins
qui n’avons pas encore nos ailes.
Nous mourons petit à petit ; il faut aussi faire mourir
nos imperfections avec nous de jour en jour…
Allons terre à terre, puisque la haute mer
nous fait tourner la tête et nous donne des convulsions.
Tenons nous aux pieds de Notre Seigneur.
Pratiquons certaines petites vertus propres pour notre
petitesse.
A petit mercier, petit panier.
Ce sont les vertus qui s’exercent plus en descendant qu’en
montant, et partant elles sont plus sortables à nos jambes :
la patience, le support du prochain, le service, l’humilité,
la douceur, l’affabilité, la tolérance de nos imperfections ;
et ainsi ces petites vertus.
Je ne dis pas qu’il ne faille monter par l’oraison, mais pas
à pas.
Je vous recommande la sainte simplicité.
Regardez devant vous,
et ne regardez pas à ces dangers que vous voyez de loin.
Il vous semble que ce sont des armées ;
ce ne sont que des saules ébranchés,
et cependant que vous les regardez-là,
vous pourriez faire quelque mauvais pas.
Ayons un ferme et général propos de
vouloir servir Dieu de tout notre cœur et toute notre vie ;
au bout de là, « n’ayons soin du lendemain ».
Pensons seulement à bien faire aujourd’hui ;
et quand le jour de demain sera arrivé
il s’appellera aussi aujourd’hui, et lors nous y
penserons.
Il faut encore en cet endroit avoir une grande confiance et résignation
en la providence de Dieu.
Il faut faire provision de manne pour chaque jour et non
plus,
et ne doutons point, Dieu en pleuvra demain d’ autre
et passé demain, et tous les jours de notre pèlerinage. »
Retour
Prier |
 |