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Strasbourg Paroisse St Jean Bosco et paroisse St Benoît

Strasbourg, banlieue ouest : un quartier et sa paroisse

Les fastes du nouveau bâtiment du Parlement européen n'ont pas déteint sur toute la ville de Strasbourg. Moins encore dans ses banlieues qu'en son centre-ville. Les quartiers du Hohberg, de Hautepierre et celui, plus récent, des Poteries, connaissent le lot quotidien des cités urbaines. Les Salésiens y sont présents depuis 1963.

En effet, c'est en décembre 1963 que le Père Jean-Jacques Berger arrivait à Strasbourg, dans le quartier du Hohberg, une cité H.L.M. en construction à l'extrémité de Kœnigshoffen, un faubourg de l'ouest de Strasbourg.

 Les Salésiens répondaient alors à l'appel que leur avait adressé l'évêque du diocèse, Mgr Weber. Ainsi était fondée la paroisse Saint-Jean-Bosco, point de départ de la présence salésienne dans la capitale de l'Europe.

Quelques années plus tard, était construit sur le territoire de la paroisse le foyer Saint-Jean-Bosco, pour accueillir les Salésiens en formation initiale, qui allaient suivre les cours à la faculté de théologie de Strasbourg. Les premiers arrivèrent pour la rentrée de la fameuse année scolaire 1967-1968. Le bâtiment fut définitivement vendu au début des années 1980. La crise des vocations était passée par là!

Dans le même temps, au début des années 1970, un nouveau quartier, non loin de celui du Hohberg, surgissait de terre : Hautepierre. Un quartier à l'urbanisme recherché : conçu comme un ensemble de petites unités ressemblant aux alvéoles d'une ruche, appelées " mailles ", cet ensemble immobilier, avec près de 16.000 habitants, allait devenir très vite l'une des plus importantes concentrations humaines de l'agglomération strasbourgeoise.

Une Église à construire, des églises à bâtir

À l'automne 1982, le Père Bernard Hubler rejoignit ce quartier de Hautepierre au service de la nouvelle paroisse Saint-Benoît, dont l'église était en construction. Elle fut inaugurée en 1983. Cette église à l'architecture tendue et à l'intérieur chaud et convivial, se dresse entre tramway et centre commercial. D'abord comme vicaire, puis comme curé, jusqu'en 1998, le Père Bernard Hubler a toujours eu le souci de l'interaction entre la vie paroissiale et la vie du quartier.

Cependant, dans les années 1970 et 1980, le faubourg de Kœnigshoffen se développait. La paroisse Saint-Jean-Bosco, impliquée dans la vie associative, participait aux activités, notamment pour les jeunes avec l’Association " Joie et Santé Don Bosco ", puis, à partir de 1974 " Joie et Santé Kœnigshoffen ". Les relations avec les Protestants ont toujours été bonnes, à tel point que la construction du centre paroissial a été réalisée avec un accord mutuel pour l'utilisation conjointe de ses locaux. Depuis 1987, on a même vu la communauté musulmane demander l'autorisation d'utiliser une salle pendant la durée du ramadan, et parfois pour les mariages.

Depuis la rentrée de 1998, les paroisses Saint-Jean-Bosco et Saint-Benoît sont devenues un seul ensemble paroissial confié aux Salésiens et animé par une équipe pastorale unique. Cette réorganisation fut la première réalisée dans le cadre des restructurations pastorales dans les secteurs urbains du diocèse. Cette nouvelle paroisse, composée des quartiers de Kœnigshoffen - Hohberg, de Hautepierre et des Poteries, approche les 30.000 habitants. 

C'est le Père Jean-Claude Heinrich qui est le responsable de l'équipe pastorale à laquelle l'évêque de Strasbourg, Mgr Joseph Doré, a confié cet ensemble pastoral. Cette équipe compte le Père Jean Schmuck, Salésien et membre de l'équipe du Service National des Vocations, le Père Christophe Lamm, diocésain, et trois permanentes laïques : Anne-Marie, Maria et Yolande.

Des projets à mener ensemble

La paroisse est grande, mais les liens sont réels et anciens entre les quartiers du Hohberg et de Hautepierre. Ce sont des quartiers similaires, datant à peu près de la même époque, et tous deux composés aujourd'hui d'une population largement issue de l'immigration : une cinquantaine de nationalités sont représentées à Hautepierre. Par ailleurs, les équipes avaient l'habitude de se retrouver dans des lieux d'échange et de réflexion communs : aumôneries, mouvements d'Action Catholique, GREPO (Groupes de Recherche en Pastorale Ouvrière), Commission diocésaine des " Grands Ensembles ".

Dès 1985, les deux équipes pastorales avaient commencé à se retrouver régulièrement pour harmoniser leur organisation. En 1992, un arrêté ministériel érigeait la paroisse concordataire Saint-Jean-Bosco et Saint-Benoît. Toutefois, chaque paroisse continuait à fonctionner de façon autonome sous la responsabilité de sa propre équipe pastorale. L'unité de l'ensemble, depuis 1998, appelle un effort de connaissance mutuelle et de reconnaissance de deux histoires qui se sont longtemps côtoyées.

 Les réalités pastorales sont proches : peu de pratiquants, une implantation marquée par l'appartenance à un quartier vivant des tensions sociales. Il s'agit alors de construire ensemble un projet pastoral qui permette aux chrétiens de la paroisse de vivre et d'annoncer la Bonne Nouvelle au cœur de ces quartiers qu'on dit " difficiles ".

Jean-Noël CHARMOILLE

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