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Institut
de Formation aux Métiers de la Ville |
Violence urbaine, insécurité, vandalisme... ces réalités
font apparaître des besoins, et en particulier celui d’une médiation :
entre les générations, entre les quartiers, entre les groupes d’appartenance.
De l’Association Valdocco, à Argenteuil, a germé l’idée d’un lieu de
formation pour ces acteurs sociaux dont la ville a besoin. Ainsi est né l’I.F.M.V. :
Institut de Formation aux Métiers de la Ville. Rencontre avec son directeur, un
Salésien, Jean-Marie Petitclerc.
DBA : On parle de nouveaux métiers de la ville. D’après
votre expérience, les problèmes rencontrés aujourd’hui sont-ils
nouveaux ?
| Jean-Marie Petitclerc :
Il y a 25 ans, j’ai commencé mon travail d’éducateur spécialisé
auprès de jeunes issus de ces quartiers pudiquement qualifiés de
" sensibles ". À l’époque, ces quartiers
regorgeaient d’activités. Mais, avec l’arrivée du chômage, ces
quartiers se sont peu à peu englués dans des mécanismes d’exclusion.
Aujourd’hui, 60% de la population y a moins de 25 ans. Les adultes
sont donc en minorité.
On a pensé que le problème était l’urbanisme. Des
opérations de réhabilitation ont englouti des milliards, et les problèmes n’ont
cessé de s’aggraver. Le problème numéro un de ces quartiers, c’est le
désœuvrement. Le taux de chômage est double de la moyenne nationale. Cela a,
bien sûr, des incidences sur l’éducation des enfants. Crise du lien social,
crise du lien intergénérationnel, et aussi sentiment d’inutilité sociale
pour les 20-25 ans sans travail , d’où une perte de sens. Certaines
conduites des adolescents sont d’ailleurs plus à interpréter comme
suicidaires que comme délinquantes.
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DBA : Manque de sens, manque de lien social, comment y
remédier ?
JMP :
On le voit, aujourd’hui encore, la situation
dérive, car la seconde génération du chômage, celle qui n’a jamais connu
ses parents au travail, arrive elle-même au chômage. Ces jeunes-là n’ont
dans la tête aucun modèle d’adultes insérés. C’est avec eux, dans le
début des années 90, que la violence urbaine a éclaté. Comme le dialogue
était alors devenu impossible avec les 10-15 ans, j’ai dû m’appuyer sur
les plus grands, grâce à la médiation desquels la paix sociale a pu revenir.
Voilà l’origine de ces métiers de la ville : le glissement d’une
politique de la ville pensée pour les habitants, vers une politique menée avec
eux. Ces nouveaux métiers sont nés non pas dans les cabinets d’un ministre,
mais dans la tête de ces jeunes de banlieue. Et c’est important, car cette
banlieue préfigure la difficulté à vivre des grandes unités urbaines du 21ème
siècle.
DBA : Vous parlez de " métiers ".
Selon vous, la tâche de médiation sociale sera importante dans l’avenir ?
JMP :
Ce sont bien des métiers. L’opinion
préfère parler de stages d’insertion, de petits boulots. Dans nos pays, le
fait de garder des enfants le soir, de 19 h à 23 h, avec toutes les
responsabilités qui en découlent, c’est un " petit
boulot ". Mais le fait d’être sur une chaîne de production, c’est
un " vrai métier ". Tant que l’opinion ne sera pas prête
à une nouvelle conception des métiers, nous aurons du mal à retrouver le
plein emploi !
Et ce sont des métiers de la ville. Car le problème de la
violence scolaire ne peut pas se résoudre à l’école, ni le problème des
violences ferroviaires par les organismes de transports, ni les violences des
stades par les instances sportives. Ce problème de la violence est un problème
global des grandes villes, à traiter globalement. Une nécessité s’impose
alors, celle de la formation, dans laquelle j’investis beaucoup, ces
dernières années. C’est pourquoi, voici trois ans, est né l’I.F.M.V. à
Argenteuil.
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l’I.F.M.V. Valdocco,
102, rue Henri-Barbusse 95100
Argenteuil Tél. 01 39 61 20 34 |
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Une formation concernant 8
domaines :
-
- problématique des quartiers sensibles
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- formation à la citoyenneté
-
- découverte du monde professionnel
-
- formation à la communication écrite et orale
-
- apprentissage de la médiation
-
- formation à l’animation de rue
-
- initiation au secourisme
-
- apprentissage de la relecture des pratiques
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Trois départements de
formation :
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- formation des
emplois-jeunes : formation à la fonction d’Agent
Local de Médiation Sociale : A.L.M.S. (85 jeunes adultes en
formation cette année)
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- études et recherches :
interventions en congrès, articles, travaux, sous convention avec
des organismes privés ou publics
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