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Don Bosco et les prisons

Dès son arrivée à Turin, lors de l’automne 1841, Don Bosco, introduit par Don Cafasso, aumônier des prisons, se préoccupa du sort des jeunes détenus. Découvrant le milieu carcéral, il prend conscience de sa nouvelle mission, celle de travailler en amont pour éviter que les jeunes aillent en prison.


dans les prisons de TurinLes couloirs obscurs, les murs noirs et suintants, le visage blême des jeunes incarcérés le mettaient mal à l’aise. Mais ce qu’il supportait le plus difficilement, c’était la vue de ces jeunes, parfois même très jeunes adolescents, au regard dur et au sourire railleur. Le contact fut difficile, au point qu’un jour, il craqua nerveusement, éclatant en sanglots dans le couloir. Les sarcasmes et les railleries redoublèrent. Mais voici qu’au milieu des insultes, il entendit un étrange dialogue entre deux jeunes détenus.
- Pourquoi ce prêtre pleure-t-il ?
- C’est peut-être qu’il nous aime. Ma mère aussi pleurerait si elle me voyait ici.

Au sortir de cette visite, voilà sa conviction forgée. « Ah, si ces adolescents avaient pu rencontrer à l’extérieur un ami qui aurait été attentif à leurs problèmes, on aurait pu éviter cette mise en détention ! » Il comprit alors que l’essentiel de sa mission résiderait dans la prévention, mais, il n’en oublia pas néanmoins tous ces adolescents incarcérés.

Nous connaissons tous le fameux épisode de la promenade qu’il organisa au printemps 1855 avec les jeunes de la maison de correction appelée « La Générale » qui avait ouvert ses portes dix ans plus tôt sur la route qui mène de Turin à Stupinigi. Il avait dû négocier dur, avec le ministre de l’intérieur, Monsieur Ratazzi, pour obtenir l’autorisation d’organiser cette sortie sans être accompagné par les carabiniers, en acceptant de prendre le risque : « Si quelqu’un s’échappait, c’est moi que vous mettrez en prison ! » Et les jeunes de respecter la parole donnée à Don Bosco, et d’être tous là de retour au coucher du soleil.
L’adieu est triste devant le portail de la Générale et Don Bosco a le cœur serré de n’avoir pu les libérer qu’un seul jour.


Ce que l’on connaît moins, c’est qu’il continua par la suite d’accueillir au Valdocco des jeunes en alternative à l’incarcération. L’atteste ce courrier reçu le 8 août 1855 « La commission de placement, lors de sa séance du 23 juillet, a désigné l’abbé Jean Bosco tuteur du jeune Louis Pesciallo, âgé de 16 ans, qui sera libéré de la maison de correction le 15 de ce mois. Le jeune se préparait dans cette maison au métier de tailleur, et désirerait poursuivre dans cette même voie. Le soussigné a informé Monsieur l’abbé Jean Bosco et le prie de bien vouloir prendre soin de ce jeune, qui va être libéré selon les instructions jointes. »


Ainsi, durant toute sa vie, Don Bosco se battra pour éviter l’incarcération des mineurs, si néfaste pour leur devenir.