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Don Bosco et le "mot du soir"

Voici une tradition salésienne typique, dont l’origine est controversée selon les historiens.



mot du soirLe Père Auffray en 1929, l’attribue à la maman de Don Bosco. Un petit groupe de jeunes avait été hébergé au Valdocco, et était parti le lendemain matin emportant draps et couvertures ! Quelques jours plus tard, un soir de pluie, un gamin cherche refuge à l’Oratoire. Maman Marguerite le fait sécher, lui sert à souper et prépare une paillasse dans la cuisine. « Mais tout en bordant la couverture, maman Marguerite glissa à l’oreille du cher petit quelques mots sur l’honnêteté, et le munit de bonnes pensées pour le temps du sommeil. C’est l’origine de la coutume touchante qui s’est continuée dans les Maisons Salésiennes, de terminer la journée, après la prière du soir, par une petite allocution faite aux enfants. »

Don Bosco dans ses souvenirs autobiographiques, présente les choses de façon différente. Les jeunes qui venaient chez lui, travaillaient souvent dans des ateliers en ville pour faire leur apprentissage. Ils y étaient soumis à une moralité douteuse. « Les jeunes quittaient notre œuvre pour tomber dans un véritable enfer. Je leur adressais tous les soirs un petit mot avant de les envoyer dormir ; je leur expliquais et leur répétais les grandes vérités de la foi qu’ils avaient probablement entendu battre en brèche au cours de la journée. » Et le même Père Auffray en 1951, ajoute en note : « Voilà la véritable origine du « petit mot du soir » chez Don Bosco. Elle n’est pas ailleurs, de l’aveu même de son créateur qui en faisait ainsi l’éloge : « Tous les soirs, finies les prières, et avant que les élèves ne gagnent leurs lits, le Directeur ou son remplaçant adresse quelques bonnes paroles, quelques bons conseils sur le bien à faire ou le mal à éviter. Autant que possible on s’inspirera pour ce bref avis des faits arrivés au cours du jour, à la maison ou au dehors. Cela ne dépassera pas trois minutes. Cette pratique est la clef de la moralité, de la bonne marche de la maison, et du succès de l’éducation. »

Le N°48 des règlements pour les salésiens (1985) reprend cette tradition pour les communautés : « De préférence après la prière du soir, le directeur ou quelqu’un à sa place adressera à la communauté, conformément à la tradition salésienne, les paroles fraternelles du « mot du soir » ! La Télévision se charge souvent de le remplacer…
Quant aux diverses œuvres salésiennes, elles ont essayé de s’adapter, et utiliser un « mot du matin » pour accueillir les jeunes, car le soir, les départs ont lieu à toute heure, et la journée ne se termine plus par une prière, sauf peut-être pour certains internats.

Jean-Pierre MONNIER