VOLONTARIAT SALÉSIEN
V.I.D.E.S. FRANCE
NOUVELLES DES VOLONTAIRES

CAROLINE GOLLE

Caroline est rentrée fin octobre de TOUBA au MALI où elle a effectué un volontariat de « soignante » durant une année.

 « Je reviens heureuse d’avoir réalisé cet engagement… ni gonflée d’orgueil, ni   indispensable ! J’étais simplement là pour apporter mon aide et je reviens en toute humilité. 

Après une année à Touba au Mali, qu’en dire ? qu’en retenir ? Moi qui n’aime pas trop écrire, j’irai tout de suite à l’essentiel !

Tout d’abord, j’ai un mot qui me monte aux lèvres : merci, merci aux sœurs du Vidès qui m’ont permis de partir, à celles qui m’ont accueillie, à Dieu, pour avoir guidé mes pas à Touba et m’avoir permis de donner vie à un rêve de longue date.

Je reviens heureuse d’avoir réalisé cet engagement jusqu’au bout. Je ne reviens pas gonflée d’orgueil ou avec l’impression d’avoir été indispensable, j’étais simplement là en plus, pour apporter mon aide et je reviens en toute humilité.

Là-bas, la vie a du goût ; il y a une grande pauvreté extérieure mais de grandes richesses intérieures : richesse de vie, un grand sens de la relation à l’autre, du moment présent, de la patience, de la sagesse des aînés, de la joie de donner, de vivre et de louer Dieu.

J’ai pris conscience de tant de choses à Touba ! Tout était si différent. Je pense qu’avant, je ne réalisais pas qu’il puisse y avoir des univers si différent, sur terre. J’ai  été beaucoup remise en question et, il m’est pour le moment, difficile de démêler des sentiments qui sont parfois contradictoires.

Là-bas, j’ai découvert la beauté de l’instant présent, la capacité de vivre au jour le jour…moi qui d’habitude, ai sans cesse la tête plongée vers le futur ! En même temps, ne pas envisager le futur peut aussi briser le moment présent ! Souvent, cet aspect m’a révolté car des enfants y laissent leur vie !

Là-bas, les gens sont très humbles et c’est une magnifique qualité ! Ils se satisfont aussi, bien plus que nous les européens, de la vie qu’ils ont, avec le sourire. Mais cela fait que, souvent, rien ne bouge ou ne change ! Les problèmes restent et la vie continue... Parfois aussi j’aurais souhaité qu’ils aient davantage confiance en eux pour qu’ils arrivent à sortir des situations difficiles par eux-mêmes.

Ils ne réalisent pas qu’ils ont également beaucoup à nous apprendre, que nous n’avons pas toujours raison et que nous n’avons pas non plus, toutes les solutions !

Je suis pour le moment souvent mal à l’aise car je n’ai pas vraiment de réponses à mes interrogations. J’ai la sensation d’être un peu dans le flou. Je ressens en tout cas, beaucoup d’injustice, un malaise. L’Afrique m’a saisie ! J’ai tellement le désir qu’elle sorte de toutes ces difficultés qui la plombent !

En tout cas, j’espère bientôt retourner sur ce continent et mettre mes nouveaux pas dans les anciens !

                                       (courriel du 13 novembre 2007)