VOLONTARIAT SALÉSIEN
V.I.D.E.S. FRANCE
NOUVELLES DES VOLONTAIRES

SABRINA BOURDALLE : « Elle est un don pour notre communauté, les jeunes, les malades et tous ceux qui la rencontrent! » C’est Sr YOHANNA de la communauté de DOUEKOUE en COTE D’IVOIRE qui parle ainsi de SABRINA, présente dans la Maison depuis le 6 septembre dernier. C’est aussi Sr Yohanna qui nous décrit la vie de l’établissement.

Nous sommes une communauté internationale de quatre soeurs : Sr. Yvette Djossou, Sr. Géraldine Kowu, Sr. Sion Bosch et Sr. Johanna Denifl. Sabrina s’est déjà lancé dans le travail au dispensaire

Elle y travaille avec moi, Sr. Johanna, et la traductrice Thérèse tous les lundis, mercredis et vendredis matins. Les dimanches, elle va à la piscine avec les enfants comme activité des vacances qui sera remplacée pendant l’année scolaire par l’oratorio, dans lequel Sabrina va s’engager aussi. Les cours de l’année scolaire commencent à la mioctobre (tout doucement… le rythme de mise en route est différent de celui pratiqué en France !!!). Sabrina aidera aussi au foyer chez les filles pour l’étude et les loisirs, elle donnera des cours au Centre Laura, au CPAR et se rendra au marché auprès des fillettes petites vendeuses. On verra quelles possibilités s’offrent encore, peut-être dans les mouvements de la paroisse.

Pour le moment Sabrina est disponible à nous aider dans toutes les préparations nécessaires. Dans la communauté, elle est un membre très positif avec son caractère serein et joyeux. Elle est un grand don pour notre communauté, les enfants, filles et malades et tout les gens qui la rencontrent!

Sr. Johanna DENIFL

L’OEUVRE DE D0UEKOUE

Un peu d’histoire ! Les luttes ethniques à propos des terres ont toujours existé dans la région et se sont greffées sur la guerre politique des rebelles contre le gouvernement.. L’ethnie de ce lieu est l’ethnie « guéré ». Beaucoup d’autres ethnies, attirées par la terre fertile et la forêt procurant du bois en quantité sont venues petit à petit envahir la région. Ce sont surtout les burkinabés (du Burkina Faso), les baoulés, les senoufos, les yacoubas et les dioulas (de la Côte d’Ivoire). Avant que la guerre ne commence, il y a toujours eu des luttes entre les propriétaires et ceux à qui ils vendaient la terre. Les propriétaires guérés faisaient palabre pour pouvoir tuer et récupérer leur terre pour la vendre de nouveau.

La guerre en Côte d’Ivoire a commencé le 19 septembre 2002. Dans notre région à partir d’octobre 2002, il y a eu des combats fréquents, car les rebelles voulaient prendre Duekoué qui leur ouvre la route vers San Pedro. En novembre 2002, les burkinabés pourchassés et massacrés, sont venus en masse se réfugier dans la cour de la mission. Ils étaient environ 6000. Rapatriés par les ONGs les femmes et les enfants sont retournés au pays, mais beaucoup d’hommes sont restés car ils avaient des terres et des récoltes en prévision. Petit à petit, ils ont quitté la cour…les derniers sont restés un an environ !

Nous vivons dans cette population, perturbée par cette guerre qui ne finit pas. La vie a repris son cours. Les écoles et les lycées ont ouverts, le marché s’est animé de nouveau. En avril et mai 2005, nouvelle attaque ! Mais cette fois ci, ce sont les guérés qui ont été visés. Trois villages d’abord , puis plusieurs quartiers de Douekoué. Il y a eu beaucoup de morts, un grand nombre de blessés et un mouvement de panique de la population qui a, de nouveau, envahit la cour de la mission. Il y a eu environ 12.000 personnes.

La Croix Rouge Internationale, Unicef, PAM, MSF, puis OIM, ensuite Cap Anamur sont intervenus. Petit à petit la cour s’est décongestionnée, les derniers réfugiés sont partis le 5 juin 2006. Ceux qui ont le plus de difficultés, ce sont les gens des villages où règne encore la rancune, car on attaque encore sur la route, on incendie les maisons, on maintient la peur, on pille les récoltes.

De plus la vie devient plus chère à cause des barrages de police et de douane, qui rançonne tous les voyageurs. La corruption fleurit.

Les activités de la Mission

LE FOYER

Notre foyer de filles est un centre d’accueil. Il veut offrir aux jeunes filles, des conditions de vie et de travail suffisamment favorables à leurs études et à leur promotion intégrale dans le but de les préparer à leur rôle de femmes dans la société et l’Eglise. Nous essayons de créer une ambiance de famille où règne la confiance entre les soeurs, les filles, les parents et les tuteurs ou tutrices. Actuellement, nous accueillons 38 filles venant des villages des environs. Elles vont dans six établissements secondaires différents. Les quatre soeurs participent à la vie de ces jeunes dans leurs études, leurs loisirs et la vie quotidienne. L’éducation morale est difficile dans ce milieu où la fille est souvent poussée dès l’age de 13 ans à se « débrouiller » pour ses études et ses besoins personnels. Presque toutes les filles ont des difficultés à payer leur droit. Quatre d’entre elles sont prises en charge par une adoption à distance, appelée en France : parrainage.

LE CENTRE DE PROMOTION FEMININE

En septembre 2003, nous avons ouvert LE CENTRE LAURA VICUNA, pour offrir aux fillettes de la rue l’opportunité d’apprendre les bases de lecture, d’écriture, de calcul, de couture et de pâtisserie. Actuellement ce centre a deux filières : alphabétisation et informatique. Sr. Yvette Djossou est la directrice. Les soeurs donnent les cours avec 4 laïcs. Cette année, il y aura environ 70 élèves, dont 50 en alphabétisation et 20 en informatique. On envisage une option supplémentaire dans la filière d’alphabétisation : la coiffure, car il y a beaucoup de demandes.

LE CENTRE PROFESSIONNEL ARTISANAL RURAL, dirigé par les salésiens et les soeurs

salésiennes, a été fermé en 2005 à cause de la guerre. Il offre une formation dans des métiers manuels – mécanique auto, mécanique générale, menuiserie, agriculture, maçonnerie, coupe-couture, pâtisserie. La formation donne droit au CAP. Le CPAR ouvre à nouveau en cette rentrée 2007/08.

LA PASTORALE PAROISSIALE :

Nous collaborons avec les quatre salésiens : catéchèse des enfants, conseil paroissial, aumônerie des scouts, Bureau de coordination des jeunes (MSJ : mouvement salésien des jeunes), renouveau charismatique, groupe vocationnel, ADMA (Association de Marie Auxiliatrice), oratorio. Nous participons aussi à deux des huit CEBs (Communautés ecclésiales de base), la rencontre est hebdomadaire.

LA FAMILLE SALESIENNE :

La formation des futurs salésiens coopérateurs est donnée en deux groupes par Sr. Yvette Djossou et le P. Javier Bereau.

LA COMMUNAUTE EDUCATIVE :

Nous avons douze laïcs (5 enseignants, une traductrice au dispensaire, une monitrice au foyer, une cuisinière, un jardinier, deux gardiens de nuit et Sabrina, une volontaire pour quatre mois) qui travaillent habituellement avec nous.

LE DISPENSAIRE :

Le dispensaire est ouvert les lundi, mercredi et vendredi matin. Les patients soignés sont environ trente cinq. Beaucoup de malades sont des bébés qui ont surtout le paludisme, la toux, les vers et la teigne. On note aussi malnutrition et brûlures jusque vers quatre ans. On soigne aussi des plaies graves, ulcère de Buruli et beaucoup d’autres maladies …Une à deux fois par an, une consultation des enfants handicapés a lieu au dispensaire par une équipe médicale du Centre Don Orione de Bonoua en collaboration avec Liliane Fonds. Les enfants pressentis pour une opération ou un appareillage sont suivis par la soeur infirmière qui fait le lien entre la famille et l’association.

L’ADOPTION A DISTANCE :

C’est une merveilleuse façon d’aider les pauvres. Ce parrainage émane également du VIDES dans sa branche internationale. Nous avons 107 enfants et jeunes, parrainés par des bienfaiteurs qui, grâce à cette action, peuvent suivre des études. Pour quelques familles, c’est aussi un soutien pour la nourriture. Nous gardons le contact avec les parrains trois fois par an avec une lettre et quelques fois une photo.

LES MICRO-CREDITS :

Nous avons commencé cette action au moment de l’attaque de 2005. Les premiers destinataires étaient des réfugiés. Grâce à des dons, nous avons prêté sans intérêt de petites sommes d’argent, soit pour relancer un petit commerce, soit pour démarrer une petite activité lucrative qui permette à la famille de se nourrir. Cette oeuvre demande de lui consacrer beaucoup de temps et elle est difficile à suivre, car beaucoup de gens sont malhonnêtes et ne rendent pas l’argent. Plusieurs ont fuit. Ceux qui ont remboursé ont permis à d’autres de profiter de ce genre de crédit. Dans cette oeuvre nous travaillons avec deux laïcs.

LE « SPORT POUR LA PAIX » :

C’est un groupe d’adultes qui a décidé de faire jouer les enfants en les éduquant à la paix et à la concorde. Ils étaient soutenus par une ONG suisse, remplacée maintenant par Unicef. Nous voulons garder le contact avec eux, car ils ont sept sites de jeux en ville et quatre dans les villages proches.

LES FILLETTES DU MARCHE :

C’est une oeuvre encore à l’état embryonnaire. Nous avons une boutique de couture au marché et une jeune fille pour s’en occuper. Le but est de prendre contact avec les fillettes qui vendent avec le plateau sur la tête et de leur proposer quelques activités manuelles, un peu de repos et la possibilité de participer à l’alphabétisation au Centre Laura.

(Photos : 1. Sabrina parmi les soeurs de la communauté ainsi que la Provinciale, Sr Teresita

Villegas (en blanc devant) 2 et 3 : Sabrina au dispensaire.)

Sr. Johanna DENIFL