Édition du 14/10/08 |
Regards sur le monde salésien |
L’ESPRIT DE FAMILLE : EXPÉRIENCE DE FOI, D’AMOUR ET D’ESPÉRANCE TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION I – REGARDS CROISÉS SUR LA FAMILLE 1. Regard d’ordre psychologique
2. Regard historique
3. Regard théologique
II – L’ESPRIT DE FAMILLE À L’ORATOIRE DU VALDOCCO 1. Le Valdocco, « une famille qui éduque » 2. Un style de relation éducateur / jeune 3. Une expérience communautaire
III – VIVRE AUJOURD’HUI L’ESPRIT DE FAMILLE DANS LE SYSTÈME PRÉVENTIF 1. Une relation éducative fondée sur le « croire, espérer, aimer »
2. Un climat de l’entre-jeunes marqué par l’esprit de famille 3. Une dynamique permanente de refondation CONCLUSION
Introduction
L’esprit de famille, c’est sans aucun doute la caractéristique la plus spécifique de la tradition salésienne, ce « je ne sais quoi », comme me le disait un inspecteur de l’Aide Sociale à l’Enfance alors que je dirigeais le foyer Père Robert à Epron, ce « je ne sais quoi » qui émane de la familiarité des rapports entre jeunes et adultes, de cette joie qui, comme le souligne le Père Motto, « est la conséquence logique d’une vie basée sur l’esprit de famille ». Comme le rappelle le Père Chavez, dans son étrenne pour l’année 2006, « Pour nous , Famille Salésienne, vivre en famille n’est pas simplement un choix pastoral stratégique, de nos jours si urgent, mais une manière de réaliser notre charisme et un objectif à privilégier dans notre mission apostolique. Comme trait charismatique caractéristique, nous Salésiens et Membres de la Famille Salésienne, nous vivons l’esprit de famille ; comme mission prioritaire, nous partageons avec les familles qui nous confient leurs enfants le devoir de les éduquer et de les évangéliser ; comme option dans notre méthode éducative, nous travaillons en faisant exister dans nos milieux l’esprit de famille. » Et pourtant, cet « esprit de famille »constitue sans aucun doute le trait de notre système pédagogique le plus contesté aujourd’hui, en France et en Belgique, par le mouvement de professionnalisation qui régit le secteur éducatif. Débattant avec Alain Finkelkraut à propos de mon dernier ouvrage paru sur l’école, ce philosophe de dire combien il ne comprenait pas la dérive de certains enseignants qui cherchent à se faire aimer de leurs élèves. Il ne doit pas s’agir d’aimer, disait-il, mais d’estimer le professeur. La critique est encore plus vive dans le milieu des travailleurs sociaux, qui abborent de toutes leurs forces l’image encore présente dans leur tête de l’institution chrétienne, qui, avec ses bons Pères et ses bonnes Sœurs, donnait l’impression de vouloir se substituer à la famille de l’enfant, quant à elle qualifiée de mauvaise. Ces professionnels de l’action sociale, dans nos pays, bannissent de leur langage tous les mots pouvant se rapporter à un « esprit de famille », en se limitant au vocabulaire de l’accompagnement social, éducatif voire thérapeutique. Alors, comment comprendre aujourd’hui, dans un langage recevable par nos contemporains, cet héritage de Don Bosco : « L’esprit de famille dans le système préventif ». Tel est l’objet de cet exposé. Je me propose de commencer par m’arrêter sur la signification de ce concept, en croisant un certain nombre de regards d’ordre psychologique, historique et théologique. Dans un deuxième temps, nous nous centrerons sur l’expérience du Valdocco de Turin, qui est à la fois la première œuvre salésienne, mais aussi la seule que Don Bosco a dirigée personnellement, et qui continue d’être la référence de notre action (cf. article 40 des Constitutions des Salésiens de Don Bosco). Enfin, nous ouvrirons quelques pistes sur ce que peut signifier « vivre l’esprit de famille dans le système préventif » tel que nous l’actualisons aujourd’hui.
I – REGARDS CROISÉS SUR LA FAMILLE 1. Regard d’ordre psychologique 1.1 – La famille, lieu d’exercice de la fonction paternelle et maternelle Je parle ici à dessein de fonctions paternelle et maternelle, et non pas seulement de rôle du père et de la mère, car nous le savons, - et c’est peut être encore plus vrai aujourd’hui dans le contexte des familles qui ne correspondent plus au schéma traditionnel des parents géniteurs vivant avec les enfants du lit -, d’une part de telles fonctions peuvent être assurées par d’autres que le père et la mère, et d’autre part, comme le dit Freud, lorsque l’on éduque, il s’agit d’être soi-même un peu père et mère. Ce qui caractérise la fonction maternelle, c’est « l’inquiétude ». Celle-ci est bien sûre nécessaire, l’amour s’exprimant par l’inquiétude pour l’être aimé. Mais elle comporte le risque de la régression. Passer du stade de l’infans au stade du « parlêtre », pour reprendre une expression que X. Thévenot empruntait à Lacan, nécessite de sortir du monde fusionnel de l’enfance. Dès la petite enfance, le rôle du père consiste en quelque sorte en un rempart contre un amour maternel qui, en devenant trop envahissant, risquerait d’être enfermant. Ce qui caractérise la fonction paternelle, c’est le souci. La seule présence du père aide l’enfant à effectuer la rupture avec la mère. Un père qui a le souci de l’enfant ne cesse de lui dire sa conviction qu’il peut y arriver. Pour qu’il y ait paternité, il faut un cadre. Paternité et institution vont de pair. L’art d’être parent réside dans la conjugaison de l’amour et de la loi. Il n’y a pas d’amour sans loi. La loi inscrit le respect de l’altérité. Je connais des enfants qui souffrent de n’être pas assez aimés ; j’en connais d’autres qui souffrent d’être trop aimés, mais trop mal aimés, dans un amour pas assez distancié qui ne leur permet pas de grandir, de se situer comme sujet dans la relation. Comme le dit Boris Cyrulnik, la pléthore affective peut causer autant de dégâts que la carence affective… Mais la loi doit s’appliquer avec amour. La loi est faite pour l’homme, et non pas l’homme pour la loi. À l’éducateur, lorsqu’il témoigne de la loi, de savoir montrer à l’enfant qu’il y va de son propre intérêt. Le véritable art éducatif ne consiste-t-il pas à faire découvrir à l’enfant : « Je te dis non parce que je t’aime … Il me serait si facile de dire oui, mais ainsi, je ne t’aiderais pas à grandir. » L’enfant a besoin d’un cadre, de limites pour grandir en sécurité. L’esprit de famille réside dans la saine articulation entre amour et loi.
1.2 – La famille, lieu de la construction fraternelle Autre dimension de la famille, celle de la fratrie. Tous les parents le savent, les relations entre frères et sœurs sont complexes, car l’expérience de la fraternité est à la fois expérience de similitude (les frères et sœurs ont même origine) et de la différence (l’enjeu pour chacun consiste à se différencier de l’autre). Et l’on sait le lot de disputes entre frères et sœurs lorsqu’ils sont en proximité et de tristesse quand ils sont éloignés. L’esprit de famille réside dans la saine articulation de l’expérience de la similitude et de la différence. 1.3 – La famille, lieu de la mise au monde Je ne parle pas ici seulement de la première mise au monde (la naissance de l’enfant), mais aussi de la deuxième, le jeune étant appelé à quitter sa famille pour mener sa propre barque dans la société, … voire fonder sa propre famille. Éduquer un enfant, c’est le conduire hors de l’enfance pour qu’il puisse peu à peu trouver sa place d’adulte. L’adolescent qui grandit découvre peu à peu qu’il ne peut trouver dans la famille tout ce dont il a besoin. La relation peut devenir très conflictuelle avec les parents, et la source de bien des conflits est liée au régime des sorties. Mais n’oublions pas que lorsque l’adolescent dit « je sors », c’est bien souvent pour vérifier qu’il peut rentrer. L’esprit de famille ne signifie pas repli dans la famille (elle ne jouerait alors plus son rôle éducatif), mais ouverture sur le monde.
2. Regard historique Plongeons maintenant notre regard sur la famille dans laquelle a grandi Jean Bosco, tant nous savons combien l’héritage familial est important dans la vie de tout homme. Il s’agissait, pour lui, d’une famille recomposée : François Bosco épousa Marguerite en secondes noces, après être devenu veuf, et son fils Antoine, né de son premier mariage, grandit avec les deux fils qu’il eut avec Marguerite : Joseph et Jean. Et cette famille devint monoparentale, à la mort de François Bosco, Maman Marguerite refusant de se remarier, pour se consacrer entièrement à l’éducation de ses enfants.
2.1 – La relation de Jean à son père Ce qui la caractérise, c’est le manque. Rappelons que Jean Bosco devint orphelin de père à l’âge de deux ans. Son premier souvenir, nous raconte-t-il dans ses souvenirs autobiographiques, c’est celui de la mort de son père, moment qui a terriblement marqué le jeune enfant qu’il était alors. Et l’on voit combien ce manque, du côté du père, peut expliquer l’intensité de la fibre paternelle qu’il ne cessa de développer à l’Oratoire du Valdocco.
2.2 – La relation de Jean à sa mère La relation de Jean à sa mère fut complexe. Maman Marguerite alliait tendresse et fermeté, compréhension et inflexibilité, patience et résolution. Écoutons le portrait qu’en dresse le Père Chavez, à partir des document du procès de béatification. « Si Marguerite était poussée vers l’harmonie des contraires, c’était le fait d’avoir dû tenir aussi le rôle de père pour ses fils. Maman Marguerite, qui pourtant aurait eu la possibilité d’éviter la problématique condition de veuve, en se remariant, a su atteindre et conserver toujours le juste équilibre entre ces deux rôles : une maternité suffisamment forte pour compenser l’absence du père, et une « paternité » suffisamment douce pour ne pas compromettre la chaleur maternelle indispensable. Donc pas de caresses vides de sens, ni de cris de colère, mais fermeté et sérénité. De son aspect se dégageaient sans cesse le calme, la sérénité, la maîtrise de soi, la vraie douceur. Elle ne frappait pas ses fils, mais ne leur cédait jamais ; elle menaçait de punitions sévères, mais les différait au premier signe de repentir. Dans un coin de la cuisine – Don Bosco s’en souvenait – il y avait le martinet : un petit bâton flexible. Elle ne s’en servit jamais, mais ne l’enleva jamais de ce coin. Elle était une maman très douce, mais énergique et forte. Elle réussit à gérer deux présences qui en général sont sources de problèmes dans une famille : la présence d’une belle-mère malade et celle d’un beau-fils particulièrement difficile. Sage éducatrice, elle sut faire, d’une famille dont la situation était riche en difficultés, un milieu éducatif efficace et fécond. » Et le Père Chavez de la qualifier de première éducatrice salésienne. « On peut affirmer qu’il faut attribuer à Maman Marguerite le mérite d’avoir inoculé par elle-même en Don Bosco les germes de cette célèbre trilogie : raison, religion, amour d’affection, qu’elle vécut simplement dans son calme, son affabilité et son autorité. La divine Providence lui fit la grâce d’être une éducatrice « salésienne » animée d’un amour préventif qui savait comprendre, exiger, corriger, patienter et sourire. »
2.3 – La relation de Jean avec ses frères Jean, à l’intelligence fine et au tempérament espiègle, chercha très jeune à exercer son ascendant sur les jeunes, même plus âgés que lui. Si Joseph, son aîné de deux ans, au tempérament doux et conciliant, subissait, sans jalousie aucune, cet ascendant, les choses furent beaucoup plus difficiles avec Antoine, qui avait sept années de plus et ne supportait pas les provocations du petit Jean. J’aimerais m’arrêter sur la figure d’Antoine, si souvent malmenée dans notre tradition salésienne. C’était, sans aucun doute, le membre de la fratrie qui était le plus en souffrance : pensez donc, orphelin de mère à l’âge de trois ans, et de père à l’âge de neuf ans ! Son mal-être s’exprima à l’adolescence par une forte violence. Violence verbale à l’égard de Maman Marguerite, qu’il qualifiait de marâtre alors qu’elle le traitait toujours comme un fils avec une patience infinie. Violence physique à l’égard de Jean, dont il ne supportait pas les remarques qu’il jugeait méprisantes à son égard. Lorsque la tension fut à son comble, et que le vivre-ensemble devint complètement impossible, voici que Maman Marguerite demanda à Jean de quitter la maison, ayant confiance en la débrouillardise de celui-ci, et garda Antoine à la maison, tant elle savait que lui ne pouvait avoir d’autre maison que la sienne. Une nouvelle rupture n’était pas envisageable dans l’histoire tragique de ce garçon, d’autant plus qu’avec courage il faisait vivre l’exploitation agricole. Et c’est isolé, dans le milieu des valets de la ferme des Moglia, que petit Jean mena ses premières expériences d’adolescent. Pour un directeur de maison salésienne, lorsqu’un bon élève se plaint de la turbulence d’un compagnon qui l’empêche de travailler, se réclamer de la spiritualité de Maman Marguerite, c’est peut être savoir dire au premier : « Je te sais capable d’aller étudier ailleurs, mais sache que ton camarade, dont l’histoire familiale est si difficile, lui n’a que notre maison qui sache l’accepter pour étudier ! » Et Antoine grandit, avec Joseph. En 1830, à ses 21 ans, Maman Marguerite effectua le partage des biens. Jean reviendra alors à la maison, et très vite Antoine se mariera. Il aura sept enfants. Réconcilié avec les siens, il sera un bon père de famille, estimé de tous. Joseph aura quant à lui dix enfants, et tous les cousins s’entendaient à merveille lorsqu’ils se rejoignaient chez Maman Marguerite. Une adolescence, marquée par la turbulence et la violence, peut, si le jeune est entouré et aimé, déboucher sur une vie réussie d’adulte. Il est vrai que Jean Bosco aura beaucoup appris de son frère Antoine pour accompagner, comme il sut le faire par la suite, tant d’adolescents blessés par la vie.
3. Regard théologique Venons-en maintenant à porter un regard théologique sur la famille, et arrêtons-nous un peu sur la Trinité, qui est en quelque sorte une famille : Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit. 3.1 – La figure de Dieu Père Ce Dieu Père, c’est un Dieu qui porte le souci de ses enfants. Dans son ouvrage intitulé « Comment le monde est-il devenu chrétien ? », Paul Weil souligne qu’il s’agit ici sans doute de la véritable originalité du christianisme, qui explique la fulgurance de son développement dans le monde méditerranéen : Il y a quelqu’un dans le ciel qui a le souci de moi. Une telle figure de Dieu est radicalement différente de celles qui étaient véhiculées par les courants religieux d’alors. Un Dieu Père, qui ne désespère jamais de ses enfants. Songeons à la parabole du Fils prodigue (Luc 15). L’amour porté par Dieu à ses enfants est parfois présenté dans les Écritures avec les accents de l’amour maternel : « Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. »
3.2 – La famille, chemin d’humanisation de Jésus Comme aime le souligner le Père Chavez, « une vierge conçut le fils de Dieu, une famille l’humanisa. » C’est en famille que Jésus grandit en taille, en sagesse et en grâce. L’évangéliste Luc parle ici des trois dimensions de l’éducation : corporelle, intellectuelle et spirituelle. On parle beaucoup de la Sainte Famille. Mais osons rappeler que la vie n’y fut pas toujours facile, en particulier à partir de l’adolescence de Jésus. Il est une année, et une seule, dans l’histoire du jeune garçon juif, - c’est l’année de la puberté-, où, le jour du pèlerinage à Jérusalem, le jeune peut se considérer encore comme un enfant, et faire la route avec les femmes, ou bien se considérer déjà comme un adulte, et faire la route avec les hommes. Eh bien Jésus profita de cette liberté pour faire croire à Marie qu’il était avec Joseph, faire croire à Joseph qu’il était avec Marie, et se tirer, traçant sa propre route. Et lorsqu’au bout de trois jours, les pauvres parents, pétrifiés d’angoisse, et sans doute s’étant chamaillés (vous savez, dans un couple, lorsque l’enfant réussit, on parle de « mon gamin », et lorsqu’il transgresse, de « ton gosse » !), le retrouvant enfin, croyez-vous que l’enfant Jésus aurait quelques mots d’excuses vis-à-vis de sa mère, dont Joseph lui montre pourtant combien elle était morte d’angoisse… Pas du tout ! Il leur dit en quelque sorte : « Je ne suis pas là pour réaliser votre projet sur moi, mais pour réaliser celui auquel je suis appelé, autrement dit, répondre à la volonté de mon Père ! Ce ne devait pas être vraiment facile pour les parents (Luc, 2) Et, tout au long de sa vie, Jésus dénoncera les risques de liens familiaux trop enfermants. Lorsqu’il dit par exemple que « celui qui ne me préfère pas à sa femme, son mari, ses enfants, n’est pas digne de moi ! », je ne pense pas qu’il se pose en rival jaloux de nos amours terrestres, mais ce qu’il dénonce, c’est le caractère possessif que de tels liens peuvent revêtir. Il est en effet une façon de parler de « ma femme », « mon mari », « mes enfants », qui consiste en quelque sorte à se les approprier. Famille doit toujours rimer avec ouverture.
3.3 – L’Esprit de Famille Et l’Esprit, dont nous disons, en récitant le Credo, qu’il procède du Père et du Fils, c’est en quelque sorte l’Esprit de Famille. Et c’est cet Esprit qui habite le cœur de chaque baptisé. Comme le dit Paul dans la première épître aux Corinthiens, « celui qui s’unit au Seigneur n’est avec lui qu’un seul Esprit. »(1 C o. 6, 17) Et c’est ce même Esprit qui anime la grande fraternité des enfants de Dieu qu’est l’Église. Comme aime le définir Benoît XVI, dans sa merveilleuse encyclique « Deus caritas est », « L’Église est la famille de Dieu dans le monde » (paragraphe 25). Vivre selon cet Esprit de famille, c’est faire une expérience de foi (j’ai confiance en toi), d’espérance (je ne désespère jamais de toi) et d’amour (je t’aime comme tu es, et non comme je voudrais que tu sois !) Et tout au long de l’histoire du peuple de Dieu, de la Création (à partir du magma informe le monde se crée par un processus de différenciation eaux / terre, ciel / terre, homme / femme) à la Pentecôte (chacun parle sa propre langue, mais tout le monde se comprend), l’Esprit est celui qui unit en différenciant. Tel est le véritable Esprit de famille, qui peut être merveilleusement décrit par le concept cher à François de Sales « d’unidiversité ».
II – L’ESPRIT DE FAMILLE À L’ORATOIRE DU VALDOCCO
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