Édition du 14/10/08

Regards sur le monde salésien

Congrès-Pèlerinage Lourdes 2007

  L’esprit de famille : expérience de foi, d’amour et d’espérance

4. La famille comme mission

Ces réflexions sur la présence de Maman Marguerite au Valdocco nous font comprendre que la famille non seulement constitue une part, même si c’est indirectement, de notre mission, mais qu’elle est plus encore, avant tout et par sa nature, une institution sociale dont les membres se trouvent unis à l’intérieur d’elle par des relations interpersonnelles d’un genre varié, mais toutes animées par un climat d’affection; de communication et de réglementation qui les caractérise par une note d’une vitalité charismatique particulière. Nos destinataires sont les jeunes, notre champ de travail est leur éducation et leur évangélisation. Tous deux cependant, jeunes et éducation, sont inséparables de la famille.

Le Père Egidio Viganò le rappelait dans son commentaire au Synode des Evêques de 1980 sur la famille, Synode à la suite duquel a été publiée l’Exhortation apostolique Familiaris consortio de Jean-Paul II : "Les obligations de notre vocation salésienne – écrivait le Père Viganò – devront être remplies de façon caractéristique parmi les humbles et les pauvres. C’est eux qui « ont besoin, en premier lieu, de la "famille" et c’est pour eux que Don Bosco en est venu — comme l’écrit Pierre Braido — à sa trouvaille la plus géniale : la "cordialité" ("amorevolezza") qui éduque dans le climat d’une famille joyeusement unie ».

4.1 " Famille, deviens ce que tu es ! "

" Famille, deviens ce que tu es ! " : c’est par cet appel que Jean-Paul II invitait les familles du monde entier à retrouver en elles-mêmes et à réaliser au milieu du monde ce qu’elles sont en vérité. Aujourd’hui, dans un monde miné par le scepticisme, l’exhortation du Saint-Père, qui encourageait les familles à redécouvrir cette vérité sur elles-mêmes, ne peut que retentir avec plus de force encore, si l’on ajoute : " Famille, crois en ce que tu es ! ".

"Architecture de Dieu", plan de Dieu inviolable, la famille est aussi "architecture de l’homme", engagement de l’homme dans le dessein divin.

Cellule de la société

La famille est un fondement et un soutien de la société en raison de son devoir essentiel de service à la vie : c’est en famille que naissent les citoyens et c’est dans la famille qu’ils trouvent la première école de ces vertus qui sont l’âme de la vie et du développement de la société elle-même.

En tant que communauté interpersonnelle d’amour, la famille trouve dans le don de soi la loi qui la guide et la fait grandir. Le don de soi inspire l’amour des conjoints entre eux et se présente comme un modèle et une règle à suivre concrètement dans les rapports entre les frères et les sœurs ainsi qu’entre les différentes générations qui partagent la vie en famille. La communion et le partage quotidiennement vécus à la maison, dans les moments de joie et dans les moments de difficulté, représentent pour les enfants la pédagogie la plus concrète et la plus efficace ouverte sur l’horizon plus large de la société. Chaque enfant est un don pour ses frères, pour ses sœurs, pour ses parents, pour la famille entière. Sa vie devient un don pour ceux-là mêmes qui lui ont donné la vie et qui ne pourront pas ne pas sentir la présence du fils, sa participation à leur existence, son apport au bien de la communauté familiale et de la société tout entière.

L’expérience elle-même de communion et de partage, qui doit caractériser la vie quotidienne en famille, constitue sa première contribution fondamentale à la société. Les relations entre les membres de la communauté familiale sont inspirées et guidées par la loi de la "gratuité" qui, en respectant et en favorisant chez tous et chez chacun la dignité personnelle comme unique titre de valeur, devient accueil cordial, rencontre et dialogue, disponibilité désintéressée, service généreux, solidarité profonde.

Ainsi, favoriser une communion, authentique et mûrie, de personnes dans la famille, c’est travailler à la première école irremplaçable de vie en société. La famille constitue en cela un exemple et un stimulant pour les rapports interpersonnels les plus vastes sous le signe du respect, de la justice, du dialogue, et de l’amour, un lieu naturel et un instrument efficace d’humanisation et de personnalisation de la société.

Tout cela est important de nos jours, d’une manière spéciale, si l’on veut faire obstacle efficacement aux deux modèles qui tendent à réduire et à limiter la famille et qui sont le fruit de la société de consommation actuelle : celui de la famille-forteresse, égoïstement centrée sur elle-même, et celle de la famille-auberge, sans identité ni relations personnelles. En conséquence, face à une société qui risque d’être de plus en plus dépersonnalisée et uniformisée, et en raison de cela déshumanisée et déshumanisante, avec les effets négatifs de tant de formes d’ "évasion", la famille possède et libère encore aujourd’hui des énergies formidables, capables d’arracher l’homme à l’anonymat, de le maintenir conscient de sa dignité personnelle, de l’enrichir d’une profonde humanité et de l’insérer activement dans le tissu de la société avec son être unique qui n’a de réplique en aucun autre.

Quand elle sert la vie, quand elle forme les citoyens de demain, quand elle leur communique les valeurs humaines qui sont fondamentales pour la nation, quand elle introduit les enfants dans la société, la famille joue un rôle essentiel : elle fait partie du patrimoine commun de l’humanité. La raison naturelle comme la Révélation divine renferment cette vérité. Ainsi que le disait le Concile Vatican II, la famille constitue alors "la cellule première et vitale de la société".

Sanctuaire de la vie

Le premier, et fondamental, devoir de la famille est d’être au service de la vie, en quoi se réalise au cours de l’histoire la bénédiction originelle du Créateur, et ce qui transmet ainsi l’image divine d’un homme à un homme (cf. Gn 5,1ss.). Cette responsabilité découle de sa nature humaine elle-même – celle d’être une communauté de vie et d’amour, fondée sur le mariage – et de sa mission de garder, de révéler et de communiquer l’amour. L’amour même de Dieu est en jeu, amour dont les parents sont constitués les collaborateurs et, pour ainsi dire, les interprètes en transmettant la vie et en l’éduquant selon son projet de Père. Dans la famille, l’amour continue au cours du temps à communiquer la vie : il se fait gratuité, accueil, don. Dans la famille, chacun est reconnu, respecté et estimé parce qu’il est une personne et, si quelqu’un a davantage de besoins, l’attention à son égard est plus intense et plus vigilante.

La famille, il en est donc question tout au long de l’existence de ses membres, de la naissance à la mort. Elle est vraiment le sanctuaire de la vie, le lieu où la vie, don de Dieu, peut d’une manière adéquate être accueillie et protégée contre les multiples attaques auxquelles elle est exposée, et peut se développer selon les exigences d’une authentique croissance humaine.

En tant qu’église domestique, la famille est appelée à annoncer, célébrer et servir l’Évangile de la vie. Dans la procréation d’une nouvelle vie les parents découvrent que l’enfant, s’il est le fruit de leur don réciproque d’amour, est, à son tour, un don pour eux deux, un don qui découle du "Don".

 

Annonciatrice de l’Évangile de la vie

C’est surtout à travers l’éducation des enfants que la famille remplit sa mission d’annoncer l’Évangile de la vie. Par la parole et par l’exemple, dans la quotidienneté des rapports et des choix qui passent par des gestes et des signes concrets, les parents initient leurs enfants à la liberté authentique qui se réalise dans le don sincère de soi, et développent en eux le respect de l’autre, le sens de la justice, l’accueil cordial, le dialogue, le service généreux, la solidarité et toute autre valeur capable d’aider à comprendre la vie comme une vocation et comme une mission d’amour.

Ainsi, au milieu cependant des difficultés de l’action éducative, les parents doivent avec confiance et avec courage former leurs enfants aux valeurs essentielles de la vie humaine. Et les enfants doivent grandir dans la liberté qui convient par rapport aux biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que l’homme vaut davantage pour ce qu’il est que pour ce qu’il a.

L’intervention éducative des parents chrétiens consiste donc à être au service de la foi des enfants et à les aider pour qu’ils répondent à la vocation reçue de Dieu. Il entre dans la mission éducative des parents d’enseigner aux enfants le vrai sens de la souffrance et de la mort, et d’en témoigner devant eux : ils pourront le faire s’ils savent être attentifs à toute souffrance qu’ils trouvent autour d’eux et, plus encore, s’ils savent dans le milieu familial adopter des attitudes d’approche, d’assistance et de partage envers les petites gens, les malades et les personnes âgées.

Nous sommes tous conscients que les enfants, les adolescents et les jeunes ont besoin d’une éducation humaine et affective qui puisse stimuler leur personnalité, leur responsabilité, leur sens de la fidélité et de l’initiative. Ils ont besoin d’une éducation de leur sexualité qui, pour être valable et pleinement humaine, doit aller de pair avec la découverte de la capacité d’aimer, inscrite par Dieu dans le cœur de l’homme. Il s’agit d’une formation harmonique à l’amour responsable, guidée en même temps par la Parole de Dieu et par la raison.

École d’engagement social

Un autre devoir de la famille est de former ses enfants à l’amour et de vivre avec amour chaque relation interpersonnelle, de sorte que la famille elle-même ne se referme pas sur son propre milieu, mais demeure ouverte à la communauté, animée non seulement par le sens de la justice, par la solidarité et par la sollicitude à l’égard des autres, mais encore par le devoir de la propre responsabilité envers la société tout entière.

Ainsi l’Évangile de la vie s’exprime dans la solidarité concrètement vécue. Le devoir social de la famille ne peut pas s’arrêter à l’action procréative de la génération biologique et à l’éducation des enfants. Les familles qui s’inspirent du christianisme perçoivent un appel continuel à s’ouvrir aux besoins du prochain. Individuellement ou à travers des associations, elles peuvent et doivent donc se dévouer à de multiples œuvres de service social, spécialement à l’avantage des pauvres. Cette action devient particulièrement importante pour apporter des secours à toutes les personnes et des solutions à toutes les situations que l’organisation de prévoyance et d’assistance des autorités publiques ne réussit pas à atteindre.

Animée et soutenue par le commandement nouveau de l’amour, la famille chrétienne vit l’accueil, le respect, le service à l’égard de tout homme, considéré sans cesse dans sa dignité de personne et de fils de Dieu. La charité va au-delà des propres frères dans la foi, parce que "tout homme est mon frère" ; en chacun, surtout s’il est pauvre, faible, souffrant et injustement traité, la charité sait découvrir le visage du Christ et un frère à aimer et à servir. La famille chrétienne se met au service de l’homme et du monde, réalisant vraiment une authentique "promotion humaine".

Nous le savons tous, la distribution injuste des biens entre le monde développé et le monde en voie de développement, entre les riches et les pauvres appartenant au même pays, l’usage des ressources naturelles uniquement au profit d’un petit nombre, l’analphabétisme de masse, la permanence et la résurgence du racisme, la floraison de conflits ethniques et les conflits armés, voilà ce qui a toujours produit un effet de dévastation sur la famille. Et, d’autre part, il faut remarquer que la famille est le premier et principal milieu éducatif où peuvent fleurir des valeurs diverses, sous-tendues par la communion et par l’amour.

A titre d’exemple, je voudrais souligner l’importance de plus en plus grande que prend dans notre société l’hospitalité, sous toutes ses formes : depuis l’ouverture de la porte de sa maison et plus encore de son cœur aux demandes des frères, jusqu’à l’engagement concret d’assurer à chaque famille une maison qui lui soit propre, à titre de milieu naturel qui la conserve et la fasse grandir. D’autant plus que la famille chrétienne est appelée à écouter l’Apôtre et à porter témoignage à sa recommandation : "Exercez l’hospitalité avec empressement" (Rm 12,13). Elle réalisera ainsi, en imitant l’exemple et en partageant la charité du Christ, l’accueil du frère qui se trouve dans le besoin : "Quiconque donnera à boire à l’un de ces petits rien qu’un verre d’eau fraîche, en tant qu’il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne sera pas frustré de sa récompense." (Mt 10,42).

Les familles peuvent, également et d’une manière particulièrement significative, exprimer la solidarité dans leur disponibilité à adopter, ou à se voir confier en tant que responsable légal, de jeunes enfants abandonnés par leurs parents ou, ce qui est du même ordre, en situation de graves difficultés. Le véritable amour, paternel comme maternel, sait aller au-delà des liens de la chair et du sang et accueillir aussi des enfants d’autres familles, en leur offrant tout ce qui est nécessaire pour leur vie et pour leur plein développement.

Les Pères de l’Église ont souvent parlé de la famille comme d’une "église domestique", d’une "petite église". "Être ensemble" en constituant une famille se traduit dans le fait d’être les uns pour les autres et de créer un espace communautaire pour l’affirmation de la personnalité de tout homme et de toute femme. Parfois il s’agit de personnes qui ont des handicaps physiques ou psychiques et dont la société, "progressiste" comme on la dit, préfère se libérer. Quelquefois aussi quelque famille qui se dit chrétienne peut se comporter selon ces critères érigés en règle. C’est une chose très triste lorsqu’on se débarrasse d’une façon expéditive de quelqu’un qui est âgé ou atteint de malformations ou frappé de maladies. On agit ainsi par manque de foi en ce Dieu pour lequel "tous vivent" (Lc 20,38) et par lequel tous sont appelés à la plénitude de la Vie.

4.2 " Famille, crois en ce que tu es ! ".

La famille n’est pas le produit d’une culture, le résultat d’une évolution, un mode de vie communautaire lié à une certaine organisation sociale : elle est une institution naturelle, antérieure à toute organisation politique ou juridique. Elle prend sa consistance à partir d’une vérité qu’elle n’a pas produite, parce qu’elle est voulue directement par Dieu. Dans une fidélité sans réserves, l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre et s’aiment d’un amour ouvert à la vie.

Tout ce que je vous ai communiqué jusqu’ici est présenté avec une expression autorisée dans les quatre devoirs que la Familiaris consortio fixe à la famille : la formation d’une communauté de personnes ; le service de la vie ; la participation au développement de la société ; la participation à la vie et à la mission de, l’Église, la mission évangélisatrice.

Mais afin que ces devoirs soient accomplis, et donc que l’appel adressé aux familles par le Pape Jean-Paul II atteigne son achèvement en : " Famille, crois en ce que tu es ! ", il faut avant tout que la famille – les époux, les enfants et tous les membres du noyau familial – soit fermement convaincue de ces devoirs, qui proviennent de la nature même et de la mission de l’institution familiale et font partie du dessein de Dieu sur la famille et sur chacune des personnes qui la composent.

Il s’agit d’une conviction qui, pour les croyants, n’est pas seulement d’ordre rationnel ou social, mais s’appuie sur la foi en Dieu qui a créé la cellule familiale comme communauté d’amour et de vie et l’a, par l’intermédiaire de son Fils, sanctifiée par la grâce du sacrement, afin qu’elle soit pour tous un signe et un instrument de communion.

5. Applications pastorales et pédagogiques

Le thème de la famille nous donne l’occasion d’offrir à toute la Famille Salésienne quelques suggestions pastorales et quelques applications pédagogiques.

Voici donc mes indications

Porter une attention spéciale à la famille dans notre mission d’éducation et d’évangélisation demande, entre autres :

▬ De garantir un engagement spécial d’éduquer à l’amour dans le cadre de l’action éducative salésienne et dans le parcours d’éducation à la foi proposé aux jeunes.

Le CG23 des Salésiens présentait l’éducation à l’amour comme l’un des nœuds où se manifestent l’influence de la foi sur la vie ou son insignifiance pratique. L’expérience typique de Don Bosco et la teneur éducative et spirituelle du Système préventif nous orientent vers certaines options simples :

donner une importance particulière à l’engagement de créer autour des jeunes un climat éducatif qui favorise les échanges sur le plan de la communication et de l’affectivité ;

apprécier les valeurs authentiques de la chasteté ;

développer les rencontres entre garçons et filles dans le respect de soi et des autres, dans la réciprocité et dans l’enrichissement mutuel, dans la joie de la gratuité du don de soi ;

assurer dans le contexte éducatif la présence de personnes qui, dans la clarté et la sérénité, témoignent de l’amour, spécialement à travers le don d’eux-mêmes dans la chasteté.

D’accompagner et de soutenir les parents dans leurs responsabilités éducatives, en les impliquant pleinement dans la réalisation du Projet éducatif et pastoral salésien.

Le CG24 des Salésiens, en parlant de l’implication des laïcs dans la mission salésienne, reconnaissait l’engagement des parents et le rôle des familles dans nos présences, mais il demandait aussi d’intensifier la collaboration avec la famille, en tant que première éducatrice de ses fils et de ses filles (cf. CG24, 20 et 177). C’est pourquoi il proposait de mettre en valeur l’apport irremplaçable des parents et des familles des jeunes, en favorisant la constitution de comités et d’associations qui puissent garantir et enrichir par leur participation la mission éducative de Don Bosco (cf. CG24, 115).

▬ De développer le style salésien de famille et de lui donner de la qualité : dans sa propre famille, dans la communauté salésienne, dans la communauté éducative et pastorale.

L’esprit salésien de famille constitue une caractéristique de notre spiritualité (cf. CG24, 91-93) et s’exprime :

dans l’écoute inconditionnelle de l’autre ;

dans l’accueil gratuit des personnes ;

dans la présence animatrice de l’éducateur parmi les jeunes ;

dans le dialogue et dans la communication, interpersonnelle comme institutionnelle ;

dans la coresponsabilité autour d’un projet éducatif partagé.

▬ De développer de plus en plus un esprit et une expérience de Famille Salésienne au service de l’engagement éducatif et pastoral parmi les jeunes.

La Famille Salésienne nous demande d’une façon spéciale un engagement convergent pour offrir à chaque jeune une proposition de vocation et un accompagnement dans sa vocation adéquat et exigeant (cf. CG25, 41 et 48). C’est pourquoi il faut croître comme Famille à travers :

le bon fonctionnement de la Consulte de la Famille Salésienne ;

l’insertion de jeunes en elle ;

des initiatives et des activités qui puissent porter la Famille Salésienne à opérer de plus en plus comme "mouvement spirituel apostolique".

Quelques suggestions pratiques

▬ Préparer, dans le parcours de formation des jeunes, un chemin progressif et systématique d’éducation à l’amour, qui puisse aider les adolescents et les jeunes :

à saisir la valeur humaine et chrétienne de la sexualité ;

à mûrir un rapport positif et ouvert entre garçons et filles ;

à affronter, à la lumière de la dignité de la personne, des valeurs de la vie et des critères de l’Evangile, les différentes questions modernes sur la vie et sur la sexualité humaine ;

à s’ouvrir au projet de Dieu considéré comme le chemin concret pour vivre la propre vocation à l’amour.

On devra donner une importance particulière à cet aspect dans les parcours de formation proposés dans les associations et dans les groupes du Mouvement Salésien des Jeunes et dans l’accompagnement personnel des jeunes.

▬ Mettre en place chez les jeunes adultes de nos milieux (animateurs, volontaires, jeunes collaborateurs…) des parcours concrets de formation, d’accompagnement et de discernement de la vocation au mariage chrétien. Dans cet engagement on cherchera à susciter la collaboration de couples chrétiens faisant déjà partie des groupes de laïcs de la Famille salésienne.

▬ Susciter dans nos présences des groupes, des mouvements et des associations de couples et de familles qui puissent les aider à vivre et à approfondir leur vocation au mariage et à assumer avec engagement leurs responsabilités éducatives.

Dans la Famille Salésienne existent les groupes "Familles Don Bosco", ("Hogares Don Bosco"), développés et animés par les Coopérateurs Salésiens ; mais il existe aussi d’autres associations familiales comme "Amour et vérité", "Familles Nouvelles", "Mariage-Rencontre", "Equipes Notre-Dame", "Movimento Familiare Cristiano", "Incontri Matrimoniali", etc. .

▬ Soutenir les parents des garçons et des filles de nos œuvres dans leur responsabilité éducative au moyen de la création d’associations de parents, d’écoles de parents, etc., avec une proposition concrète et systématique de formation et de partage sur des thèmes d’éducation.

▬ Renforcer dans chaque présence salésienne la communauté éducative et pastorale, avec une attention particulière aux relations personnelles et au climat de famille, à la participation la plus large possible et au partage des valeurs salésiennes et des objectifs du projet éducatif et pastoral. De cette façon l’œuvre salésienne deviendra une maison pour les jeunes et aussi un soutien pour les familles engagées.

Engager les familles dans le chemin d’éducation et d’évangélisation que nous proposons et animons parmi les jeunes, en ayant recours à des initiatives comme les rencontres de partage entre parents et enfants, à la catéchèse familiale, à l’engagement de parents dans l’animation des groupes du MSJ, aux célébrations et aux rencontres vécues ensemble, aux communautés chrétiennes familiales considérées comme point de repère pour le chemin de foi proposé aux jeunes, etc. .

▬ Encourager, préparer et accompagner nos laïcs pour qu’ils développent et défendent dans la société les droits de la famille, face à des lois et des situations qui la lèsent.

▬ Développer en profondeur le sens de la Famille Salésienne au sein des différents groupes présents dans un même territoire, grâce à la connaissance et au partage de la "Charte de communion" et de la "Charte de la mission" et au moyen de la mise en œuvre de la "Consulte de la Famille Salésienne" aux différents niveaux.

Je voudrais conclure en réaffirmant, sans nuire à la priorité de notre mission salésienne en faveur des jeunes, qu’aujourd’hui la Famille de Don Bosco est appelée à prendre un soin pastoral des familles pour que toute l’action éducatrice et évangélisatrice que nous réalisons atteigne son but de formation intégrale de la personne de chaque jeune.

Si nous voulons apporter aux familles tous nos soins, il nous faut partir des jeunes, car ils en sont la partie essentielle. Mais si nous voulons apporter aux jeunes tous nos soins, nous ne pouvons pas, aujourd’hui, nous passer de leurs familles.

Avec affection, en Don Bosco.

Père Pascual Chávez Villanueva

Recteur Majeur

 

Lourdes , 27 octobre 2007

 

 

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