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Le 12 avril 2008, une cinquantaine d'anciens de la
rue Crillon se sont retrouvés, avec parfois leurs épouses, sur les lieux
même de leur adolescence: l'ancien foyer de la Société des Amis de
l'Enfance, 19 rue Crillon Paris 4e.
Embrassades, nouvelles, anecdotes, exposition
de photos, projection sur grand écran de documents, avec toujours les
mêmes questions, comment identifier les lieux, la date et les personnes
figurant sur ces vénérables souvenirs ?
Le père Jean Pierre Jung retrace l'historique du
foyer. Chaque participant en a trouvé le détail dans un numéro spécial
de la revue des anciens : Crillon... sur les toits . Peu de gens
savent que la Société des Amis de l'Enfance a vu le jour en 1828, à
l'initiative d'un petit libraire Achille Boblet, qui , dans la ligne des
chrétiens sociaux du XIXe siècle , s'occupe de jeunes apprentis en
difficulté .
111 ans plus tard, en 1939, la Société des Amis de
l'Enfance demandera aux salésiens de prendre en charge le foyer de la rue
Crillon. Plusieurs anciens se souviennent des années de guerre, des choux
comme unique menu pendant une semaine ! Et aussi de la Libération, où la
Mairie du 4e a demandé à la fanfare du foyer de défiler pour les
américains; les salésiens qui s'étaient mis en civil pour jouer de
leurs instruments sont revenus couverts de rouge aux lèvres par les
parisiennes libérées et enthousiastes.
Suivant les époques le foyer hébergea de 50 à 111
jeunes, Beaucoup venaient de province pour suivre des formations qui ne se
trouvaient qu'à Paris : école des vins, de coiffure, école Boule de
menuiserie , alimentation, bâtiment, commerce, cuir, etc. En 1966
par exemple, les 98 jeunes se répartissent en 44 métiers. Les salésiens
animent les loisirs, jeux et théâtre, organisent des camps et des
sorties, publient la revue Jeunesse et Mission, En 1954, le premier
camp de vacances aux Albertans amorce une autre histoire qui continue de
nos jours. En 1955, l'équipe provinciale des salésiens s'installe rue
Crillon.
Alain de la Ménardière évoque les moments
difficiles de Mai 68 où , à la demande de la police, les jeunes se
réfugient en Bretagne pour ne pas grossir le nombre des émeutiers !
Souvenirs et anecdotes se succèdent .Les noms et les visages reviennent
avec émotion.
Et la conclusion vient de
l'historique de la fermeture du foyer. En 1975, les locaux ne sont plus
aux normes d'hygiène et de sécurité, les jeunes préfèrent aller
ailleurs. Divers projets financiers et pédagogiques sont présentés à
la Société des Amis de l'Enfance, qui les refuse tous, car dépassant
ses possibilités financières. En juillet 1975, les jeunes sont renvoyés
chez eux, et le personnel licencié. Les salésiens se retirent .
Actuellement, le bâtiment appartient au Secours Catholique ,
et garde ainsi un rôle social. Après l'évocation de ces souvenirs,
une eucharistie a réuni les participants . Puis la table d'un restaurant
voisin a permis de continuer pour chacun de revivre les bons moments du
passé. |