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En juin 1886, les anciens élèves avaient
offert à Don Bosco un hommage chaleureux pour sa fête. Emu, Don
Bosco avait remercié, mais, trop fatigué, il avait seulement
réussi à dire : « Je ne suis plus rien d’autre qu’une
cigale qui crie, et puis meurt…».
Deux
ans plus tôt, à Marseille, Don Bosco avait été examiné par le
docteur Combal, une célébrité médicale. A la fin d’une
visite minutieuse, Combal avait donné son avis en langage
imagé : « Vous êtes un vêtement très usé. Il a
été porté la semaine et le dimanche. Pour le conserver encore,
le seul moyen est de le mettre dans le placard .Vous
comprenez que je vous recommande le repos absolu ». «
Je vous remercie, docteur, répondit don Bosco, mais c’est la
seule médecine que je ne peux pas prendre. »
En 1887, Don Bosco, bien qu’âgé de
seulement soixante-douze ans était vraiment devenu un
vieillard. Il voyait mal, il respirait avec difficulté, il ne
marchait que soutenu par ses amis ou ses proches, il souffrait
de démangeaisons et ses poumons affaiblis lui créaient une
gêne presque permanente. Le voyage de Rome, en mai, l’avait
encore diminué. Son médecin remarquait : « Il
revint de Turin dans un tel état que si, au départ, l’affaiblissement
de sa colonne l’obligeait déjà à marcher courbé et à
ramener les bras derrière le dos pour s’équilibrer,
arrivé ici il dut s’appuyer sur un bâton… ».
Don
Bosco célèbre, avec beaucoup de peine, sa dernière messe le 11
décembre 1887. Cela avait été pour lui un grand sacrifice de ne
pouvoir célébrer pour la fête de l’Immaculée, le 8
décembre. Cependant, toujours calme et serein, il plaisantait sur
sa pauvre échine et ses vieilles jambes. Dans la soirée du 17
décembre – c’était un samedi – il eut encore la force de
confesser une trentaine de garçons des classes supérieures, mais
ce fut la dernière fois. Sur une image, pour la dernière fois
aussi, il réussit à tracer quelques lignes. Parmi
celles-ci : « Ô Marie, protégez la France et tous les
Français ». Don Bosco garda alors le lit pendant
quarante-deux jours consécutifs. Au dire du coadjuteur qui,
chaque nuit, veillait à son chevet : « Sa résignation
était très grande ; il mettait en pratique ce qu’il me
répétait souvent quand il était en bonne santé : fare,
patire, tacere. Alors, ne pouvant plus rien faire, il
souffrait et se taisait. » Comme de coutume, une petite
circulaire, signée Don Bosco, invita les fidèles à la Messe de
Minuit. A l’église, étudiants et apprentis se relayaient par
groupe, chaque demi-heure, devant le Saint-Sacrement. Don Bosco
mourut le 31 janvier. Jusqu’au bout, l’admirable vieillard
était demeuré fidèle à lui-même ; le saint éducateur
partait recevoir sa récompense. Sous la direction de Don Rua, ses
fils allaient continuer la tâche commencée.
Michel BAZART
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