En France, Salésiennes et Salésiens animent
ensemble une proposition de volontariat aux grands jeunes qui
souhaitent vivre cette expérience : donner de leur temps à
une œuvre, en France ou ailleurs, pour partager des compétences.
De retour, deux jeunes partagent leurs découvertes.
Amélie : donner son temps peut rendre
heureux
Amélie,
27 ans, est partie il y a deux ans et demi au Chili. Elle
relie son expérience de volontaire à son parcours personnel.
« J’ai grandi à Paris et j’ai fait
une école d’ingénieur à Grenoble. Après 7 ans de recherche d’un
sens à ma vie, j’ai découvert l’existence de Dieu à 23 ans…
Il a chamboulé ma vie ! Le projet de partir en volontariat
est devenu évident. C’est grâce au VIDES
que j’ai partagé pendant un an la vie de 116 élèves internes
et de 7 sœurs salésiennes au Chili. Je donnais des cours de
math, d’anglais, d’informatique… Je voulais être immergée
dans le pays pour mieux comprendre ce que les personnes vivaient.
Les élèves m’ont invité dans leurs familles dans les îles ou
au fin fond de la campagne, j’ai découvert une vie de
simplicité, et le sens de l’accueil. J’ai beaucoup reçu,
beaucoup appris. Les échanges ont été très enrichissants. Il y
a eu d’abord un travail d’adaptation et d’apprivoisement
mutuel, puis de belles amitiés sont nées. J’ai trouvé chez
les sœurs une deuxième famille, j’avais toujours quelqu’un
avec qui parler quand j’en avais besoin.
C’est au Chili que j’ai découvert que
donner son temps, son énergie pouvait rendre heureux. Cela donne
un but à la vie et permet de grandir dans sa foi. De retour en
France, j’ai trouvé un métier d’ingénieur… mais quelque
chose d’essentiel me manquait… J’ai rejoint une super
équipe de bénévoles dans une association chrétienne qui s’occupe
de jeunes en difficulté. C’est un lieu d’accueil, d’écoute,
de soutien scolaire... C’est ainsi que je me suis rendu compte
que le métier d’ingénieur n’était pas le plus adapté à ma
personnalité. J’ai décidé d’allier les sciences avec le
monde des jeunes. Je viens donc de passer le concours pour être
professeur de sciences physiques. Je souhaite vraiment un jour
pouvoir repartir comme volontaire pour continuer à voyager,
découvrir d’autres cultures et enseigner auprès d’enfants
qui n’ont pas la chance d’avoir de professeur, et aussi et
surtout partager la joie de la foi qui me fait vivre. »
Alexandre : un volontariat qui donne sens
à sa vie
Alexandre
est aujourd’hui charpentier dans une entreprise de
charpente-couverture. Il a vécu son volontariat à Madagascar
durant une année. Il partage le fruit de cette expérience.
« Avant de partir pour Madagascar, je
venais d’avoir mon diplôme en menuiserie. Je travaillais chez
un patron et j’avais pris mon indépendance. Depuis un moment je
me cherchais pour voir dans quel domaine j’allais travailler,
comment construire ma vie. Je me sentais appeler à partir loin de
mes repères pour trouver ce qui allait me plaire dans la vie. C’est
peut-être difficile de partir mais plus facile d’être à l’écoute
du Seigneur quand on est loin de chez soi. J’étais vraiment
dans une attitude d’abandon face au Seigneur : « Fais
en moi ce que tu voudras ».
J’ai effectué mon volontariat au centre
Notre-Dame de Clairvaux. Des jeunes sont formés au travail du
bois, du métal, de la construction. Une communauté salésienne y
est présente. C’est avec joie et intérêt que je participais
à la vie communautaire, avec les temps de prière, de
célébration avec les jeunes. L’expérience de vie, de travail
auprès des jeunes et avec les missionnaires fut très riche. Ils
m’ont beaucoup apporté sur le plan relationnel, spirituel. Ces
personnes rencontrées sont pour moi des exemples, comme des nœuds
d’une corde, sur lesquels je m’appuie et je grimpe lors des
moments difficiles. Là-bas, les gens ont du mérite avec le peu
de moyen dont ils disposent. Chez nous on a toutes les chances de
réussir avec les moyens qu’on a.
Le retour en France fut difficile. Je me suis
senti en décalage pendant 4-5 mois. Tout ne va pas aussi vite à
Madagascar. Là-bas on prend le temps de vivre, j’étais serein.
Ici le matérialisme, la consommation nous font passer à côté
de l’essentiel.
Toute vocation était envisageable quand je
suis parti à Madagascar. Je connaissais déjà Aurélie. Je
voulais être honnête vis à vis d’elle. Cette expérience de
douze mois a été féconde pour nous d’eux. Je partais
librement : c’était le seul moyen d’y voir plus clair.
Chacun a mûri. Aujourd’hui nous sommes fiancés et nous
envisageons de partir dans un pays du sud pour vivre une
expérience qui viendra affermir notre projet de vie. »
Recueilli par : Vincent GRODZISKI
Photos : Jacques REY