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La
politique du Notre Père
Don Bosco a vécu
à une époque particulièrement troublée sur le plan politique :
révolution de 1848, indépendance de l’Italie, problèmes du
Vatican, sans se brûler les ailes dans la politique.
Il a dit lui-même : « En politique, je
n’appartiens à personne. » Si bien qu’il s’était
fait des amis dans tous les camps, y compris des adversaires
notoires de l’Eglise. Sans peur, toujours aimable et respectueux
de chacun, et des lois, il se vit confier des missions délicates.
Il servit d’intermédiaire entre le Pape Pie IX, qui devint son
ami, et le gouvernement à propos de la nomination des évêques
dans les 108 évêchés restés vacants par l’exil de leur
titulaire ou le refus du gouvernement d’accepter les noms proposés.
Il fallut près de dix ans de tractations pour arriver à un
accord !
Il répétait,
« Ma politique est celle du Notre Père ! » Il ne
se souciait que du Royaume de Dieu à instaurer chez les jeunes et
des âmes à sauver, même chez ses pires ennemis. Il disait :
« Si entre une âme à sauver et l’effort de mon zèle se
dressait le démon en personne attendant de moi un coup de chapeau
pour me laisser passer et atteindre cette âme, je n’hésiterai
pas un seul instant. »

Or son œuvre
avait besoin de l’appui des puissants, des autorités civiles,
des riches bienfaiteurs. Ses relations avec le Vatican inquiétaient
les pouvoirs publics. Le développement prodigieux de son œuvre
attirait l’attention des hommes politiques anticléricaux .
Plusieurs fois ses adversaires tentèrent de l’éliminer
physiquement. La police perquisitionna chez lui à diverses
reprises sans jamais pouvoir le compromettre.
Don Bosco
approcha aussi bien le roi d’Italie en pleine gloire que le roi
de Naples François II de Bourbon exilé par la révolution.
Camille Cavour, l’animateur du Risorgimento, n’oublia jamais
qu’en 1848 il était avec son frère Gustave parmi les jeunes du
premier patronage salésien.
Il resta toujours ami de Don Bosco.
Don Bosco
avait aussi acquis par sa franchise la sympathie du ministre
Rattazzi , pourtant auteur des lois anticléricales contre les
congrégations. C’est lui qui lui expliqua comment créer la
Société de Saint François de Sales tout en respectant les
nouvelles lois. Le Comte de Chambord le fit venir à son chevet
espérant une guérison.
Don Bosco
devint une force politique à force de ne pas faire de politique.
Jean Pierre Monnier
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