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A la mort de Don Bosco en 1888, on comptait 780
Salésiens et 320 Filles de Marie-Auxiliatrice, répartis dans six
pays. La première expédition missionnaire était partie pour l’Argentine
et la Patagonie le 14 novembre 1875.

Don Bosco avait voulu accompagner la première
équipe des 10 volontaires : quatre prêtres et six religieux
frères coadjuteurs. Il avait remis au chef de l’expédition,
Don Cagliero, futur cardinal, un billet sur lequel il avait
écrit : «Ayez confiance en l’Eucharistie et en
Marie-Auxiliatrice et vous verrez ce que sont les miracles».
Jeune prêtre, Jean Bosco avait envisagé de s’engager
dans une compagnie de missionnaires. Il avait fallu que son
confesseur et ami, Don Cafasso, le retint en Italie, à son œuvre
naissante. Entre 1834 et 1844, sous l’impulsion du pape Grégoire
XVI, il y avait eu un grand développement de la cause
missionnaire. Pendant ses années de formation, Jean Bosco avait
découvert et lu avec passion les Annales de la Propagation de
la Foi. En 1848, suite à la lecture d’un article, il
murmurait : «Ah, si j’avais beaucoup de prêtres et d’abbés,
je les emmènerais avec moi évangéliser la Patagonie et la Terre
de Feu !». Sept ans plus tard, en 1855, un de ses premiers
disciples fut surpris de voir un nouveau cadre suspendu au mur de
sa chambre. «Qui est ce prêtre ?» demanda-t-il. «Un
ardent missionnaire, Gabriel Perboyre, martyrisé en Chine il y a
quelques années». Et comme se parlant à lui-même : «Oh,
comme je voudrais que mes fils, eux aussi, aillent là-bas dans
cet Extrême-Orient ! Ah ! Si le Seigneur m’accordait
douze prêtres selon mon cœur, nous partirions ensemble !...»
Don Bosco raconta de nombreux songes. En 1871,
il sentit, dit-il, renaître en son cœur son ancien désir d’apostolat
missionnaire. Dans son œuvre missionnaire il ne se désintéressera
jamais des réalités terrestres. Il avait toujours été
impressionné par les multiples besoins des hommes. Dans la langue
d’aujourd’hui, on peut dire qu’il voulait lier
«évangélisation» et «promotion humaine».
Lorsqu’il passa à Lyon, en 1883, il sut
intéresser ses auditeurs de la Société de Géographie aux
«progrès de la civilisation chrétienne en Patagonie». L’Echo
de Fourvière du 21 avril 1883 rapportait : «La
simplicité de ce prêtre héroïque, son savoir géographique, le
charme de son esprit, à la fois sérieux, fin et enjoué, ont
donné à cette conférence improvisée un caractère des plus
attachant».
Ainsi les «conceptions missionnaires» de Don
Bosco, d’abord méditées dans la capitale du Piémont du XIXe
siècle, ont rapidement pris corps d’abord en Amérique du Sud,
puis en Afrique , en Asie et en Océanie.
Michel BAZART
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