Aujourd’hui présente dans près de 130 pays,
la famille religieuse de Don Bosco a toujours été marquée par
la dimension missionnaire, à laquelle tenait beaucoup son
fondateur.
Le
charisme salésien contient, dès l’origine, la charité
pastorale étendue au domaine missionnaire. La mission, selon don
Bosco, consiste d’abord à s’adresser aux pauvres, et ensuite
à construire l’Église. Salésiennes et Salésiens envisagent
conjointement évangélisation et éducation. Ils se donnent à la
promotion humaine, avec une préférence pour le monde des
jeunes : voilà les stratégies qui poussent les
missionnaires salésiens à partager les valeurs, les espoirs et
les difficultés des peuples avec lesquels ils entrent en contact.
Par ailleurs, la vocation missionnaire a pris une réelle
dimension communautaire : on part en groupe, on vit en
communauté, on crée de nouvelles communautés, on éduque et on
évangélise en tant que communauté. De plus, ce ne sont plus
seulement les religieux, mais tous les membres de la Famille
salésienne, notamment les coopérateurs et les volontaires,
qui s’impliquent localement. Les terrains d’action sont
concrets et souvent urgents : enfants de la rue, enfants
soldats ou esclaves, réfugiés…
Des exemples, de par le monde
A Bogota, en Colombie, beaucoup d’enfants de
la rue, de jeunes tentés par la violence et la délinquance, dont
la famille ne peut rien faire pour eux. Les Salésiens leur
proposent un lieu pour dormir, manger et se laver. Puis, s’ils
le souhaitent, une formation. Enfin, ils peuvent être accueillis
dans un centre d’éducation nommé Bosconia, formé comme une
ville dont le maire est un jeune élu par les autres. Là, ils
réapprennent la vie en société, aidés par un soutien
psychologique et éducatif. Ensuite, ils peuvent être
réinsérés.
A Libreville, au Gabon, les jeunes du centre
Don Bosco (la « Cité des Jeunes ») ont décidé de
participer à une vaste campagne contre le sida initiée par les
responsables de différentes confessions religieuses du Gabon.
Afin de lutter contre cette maladie, on a rédigé les dix
commandements de la prévention à faire connaître à tous les
jeunes. En voici quelques-uns : «Tu aimeras ta vie, tu la
protégeras et tu éviteras des situations qui puissent la mettre
en danger» ; «Si tu crois que Dieu est amour, offre ton
assistance à toute personne frappée par le sida et abstiens-toi
de les mépriser à cause de leur maladie».
A Monrovia, au Libéria, plus de 2800 anciens
enfants soldats ont rendu les armes à la fin de la guerre civile,
en échange de la promesse de pouvoir retourner à l’école.
Mais beaucoup d’écoles ont été détruites, et les autres n’arrivent
pas à les accueillir tous. Les Salésiens, qui dirigent deux
centres éducatifs à Monrovia, ont accueilli une partie d’entre
eux. Ils ont commencé à travailler également avec des enfants
aveugles et sourds qui, selon ce qu’explique don John Thompson,
responsable du projet, "n’ont généralement rien à faire
et sont les plus exclus par la société". Dans l’école
salésienne "les jeunes apprennent à fabriquer des
chaussures, à coudre et à faire des travaux de charpente".
En Inde, à Calcutta, les enfants de la rue
sont très nombreux : ils arrivent de la campagne, à la
gare. Ils s’organisent en bande pour survivre, mais ils risquent
leur santé, leur sécurité et leur avenir. Les Salésiens ont
ouvert des foyers pour les accueillir : les Foyers de l’Espoir.
On leur donne des moyens pour reconstruire leur vie, on les aide
à entrer dans la vie active.
Jean-Noël CHARMOILLE