« Jeunes en fête » du collège de Bailleul,
dans le nord de la France, a célébré son dixième anniversaire le samedi 1er
mars 2008. Une initiative salésienne relayée aujourd’hui par les laïcs.
Il est 15 heures. Dans le réfectoire du collège de
Bailleul les chaises ont disparu. Sur les tables alignées s’étalent les
souvenirs. Un album regroupe les photos des premières rencontres et il y a
toujours un ancien à proximité pour les commenter. Les costumes réalisés
pour les veillées, voisinent avec les fiches des célébrations
eucharistiques, le petit journal édité pendant 3 ans à partir de 2003 et
autres documents souvenirs. Aux deux extrémités, des montages passent en
boucle sur un téléviseur et sur un ordinateur, rappelant les meilleurs
moments et permettant à chacun de se revoir. Claire et Sophie assurent la
vente des tee-shirts munis du logo de l’association. Des jeunes entrent et
sortent, des anciens se retrouvent, c’est la fête !

L’origine
Il y a dix ans, une communauté de salésiens animait
encore le collège. Le Père Frémin, qui s’occupait de catéchèse, se
désolait de voir beaucoup de jeunes abandonner foi et pratique après leur
première communion et leur profession de foi ! Il imagina d’organiser
un temps de fête et d’animation spirituelle mensuel, proposé sur
invitation individuelle aux jeunes de la sixième à la troisième. Ces
rencontres auraient lieu le samedi de 17h à 22h, dans les paroisses
environnantes, pour rejoindre les jeunes chez eux. Un petit noyau de jeunes
adultes se mit en place pour l’encadrement ; la première rencontre se
passa à Merris, d’autres à Boescheppe, à St Jean… La formule se roda
lentement, car les paroisses n’avaient pas toujours des salles gratuites et
agréables à proposer. Et puis le P. Frémin fut appelé à d’autres
fonctions.
D’autres salésiens prirent la relève : Louis
Pierre, Paul Ripaud, Lucien Mazéas, avec l’aide de laïcs, jeunes en fin d’étude
secondaire ou en université, et salésiens coopérateurs. Les cadres ont
accepté de se former : certains font du scoutisme, d’autres ont suivi
un BAFA pour acquérir une compétence et une reconnaissance officielle. D’autre
part, le groupe informel est devenu une association reconnue, déclarée au
Journal Officiel le 8 novembre 2007. Sophie Wilhelme en a accepté la
présidence, et Maxime Poublanc est actuellement l’animateur principal.

La formule
Les déplacements dans les paroisses voisines ont été
abandonnés. D’autre part, un local a été trouvé, l’ancien patronage de
la paroisse Saint Amand, qui est au cœur de Bailleul. L’information et le
recrutement se font par invitation individuelle imprimée remise de la main à
la main. Chaque jeune peut inviter des copains, qu’ils soient élèves du
collège ou non, mais en sachant que l’on est responsable de la personne qu’on
invite. Le programme est précis, et on est libre de ne pas venir !
A 17h, le samedi prévu, commence un temps d’accueil des
30 à 40 jeunes collégiens. Les animateurs sont déjà là, on papote, on
présente les nouveaux. Les jours précédents, les animateurs ont préparé
la messe, choisi les chants et envoyé les partitions aux musiciens par
e-mail, imprimé la feuille de chant pour les jeunes. L’équipe d’animation
propose alors aux jeunes qui le veulent de faire les lectures, de mettre en
scène l’évangile, d’écrire la prière universelle ou d’autres types
de participation suivant le temps liturgique. La répétition des chants
permet le retour au calme avant la célébration. L’eucharistie peut alors
commencer vers 18h, dans une salle bien chauffée, à taille humaine. Les
jeunes se trouvent à l’aise.
Après la messe, enfants et animateurs tirent leur repas du
sac, et l’on vit un autre moment de partage
Une partie des jeunes changent la disposition de la salle
pour la veillée. Un jeune animateur ou futur animateur généralement en
classe de troisième, se fait la main en organisant des petits jeux. Pendant
ce temps les animateurs font les dernières mises au point de la veillée,
construite autour d’un thème.
Un peu avant 22h la soirée se termine. Tout le monde se
rassemble, Sophie allume une bougie, et, dans le calme retrouvé, lit un texte
beau, riche et profond. Chacun rentre chez soi…

Evolutions
Les animateurs sont des anciens de « Jeunes en
fête », devenus lycéens, puis partis étudier ailleurs. Le
renouvellement se fait lentement. Les plus jeunes se raccrochent aux formules
des anciens qui ont bien marché, et n’osent pas se lancer dans le travail
énorme que constitue une veillée sur un thème nouveau avec décors,
costumes, scénario et textes. Et les anciens ont de moins en moins de temps
disponible …
Pendant trois ans, Louis Pierre a réalisé un petit
mensuel qui donnait par avance le texte du dimanche, des idées pour la
formation théâtrale, ou pour la vie spirituelle, le texte de Sophie, le
compte rendu et les photos des rencontres les mieux réussies, les réactions
des uns et des autres, des informations sur le monde salésien. Un site
internet a fonctionné quelque temps, puis un blog. Le plus difficile est de
tenir dans la durée.
Maintenant les salésiens n’ont plus de communauté sur
Bailleul. Seul le Père Mazéas reste à Ste Marie et accepte de présider les
eucharisties du groupe.
L’anniversaire
Pour la fête des 10 ans, les jeunes n’étaient pas dans
leur cadre habituel bien chaud, ils animaient la messe paroissiale à Saint
Vaast, dans une église aux vitraux percés, ce qui nuisait au recueillement,
et à la justesse des instruments de musique ! Mais le verre de l’amitié
au collège avec tous les jeunes et beaucoup de leurs parents a réchauffé l’ambiance
pour la porter à la température de fête. Pour la veillée, les animateurs
avaient puisé dans leur répertoire les valeurs les plus solides, avec une
Cendrillon désopilante, un mage magicien farfelu, des jeux tirés de la
télévision, et un cour de cuisine sur la fabrication des frites digne des ch’tis !
Maintenant souhaitons bon vent et bonne continuation à
« Jeunes en fête », et que cela donne des idées à d’autres !
Reportage réalisé par Jean-Pierre MONNIER
Photos Légendes
Groupe Tous les participants à la fête
Animation Sketch sur Cendrillon présenté par les
animateurs
Bougie La flamme est transmise du plus ancien au plus
jeune.
Encadré
N’étant pas du tout présent au début du projet, j’y
suis venu aider des amis pour animer la veillée du soir. Quand on se sent
bien quelque part, on y reste plus longtemps que prévu et sans se demander
quand cela va s’arrêter. C’est pareil pour les jeunes : il y avait
au tout début des groupes de copains, et des jeunes qui venaient sans amis,
ils étaient mal à l’aise. Puis au fur et à mesure, il n’y a eu qu’un
seul groupe d’amis : les amitiés avaient fusionné. Tout avait
fusionné : les rires, les joies, les regards… Bref, jeunes en fête
est un gros cœur plein de gens curieux qui entrent et qui sortent, tous ravis
d’avoir découvert ce qui se passait à l’intérieur.
MAX
Au début j’étais un peu craintif et les copains
trouvaient ça ringard, j’y suis allé pour faire plaisir à un copain, puis
j’en ai invité d’autres qui ont trouvé les rencontres géniales, ils n’ont
pas eu « la honte ». Quant à moi, j’ai tellement accroché que
je suis animateur aujourd’hui, alors je vous attends.
QUENTIN