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Jean Bosco est prêtre. C’est d’abord un
croyant, et ce qu’il trouve de salutaire dans sa foi, il
souhaite le proposer à tous les jeunes.
En tant que chrétien, Don Bosco expérimente
dans sa vie les dimensions chrétiennes : croire, aimer,
espérer. Lorsque lui-même était jeune, c’était dans ces
repères reçus de sa mère qu’il a puisé l’énergie pour
aller au bout de son rêve. Ainsi, lorsqu’il rencontre à Turin
des jeunes souvent déboussolés, livrés à eux-mêmes, c’est
tout naturellement cette même foi qu’il leur propose, comme le
meilleur don qu’il puisse leur faire.

En relisant l’Hymne à la Charité de Saint
Paul, il trouve aussi des ressources pour son action
éducative : « L’amour est patient, excuse tout, fait
confiance, espère tout, supporte tout » (1 Co 13, 4a.7).
Dans son système « raison-religion-affection », Don
Bosco évoque bien la religion d’amour, celle du Christ, qui
résume et dépasse toutes les prescriptions dans la seule loi d’amour
de Dieu et du prochain. Et ce commandement, il le met en œuvre
dans la relation éducative.
Dans la dimension religieuse, Don Bosco trouve
des richesses pour les jeunes qu’il reçoit. Par exemple, les
sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation, qu’il
considère comme les « piliers » de sa pédagogie,
sont pour les jeunes une occasion de laisser là leurs échecs
passé, et de repartir pour un avenir chaque fois nouveau. Le
christianisme prend au sérieux l’histoire des personnes et ne
les réduit pas à ce qu’elles sont à un moment donné. La foi
en un salut déjà acquis permet de se sortir sans cesse des
impasses de la culpabilité et de l’impuissance. On imagine l’intérêt
d’une telle ouverture pour des jeunes au passé déjà lourd, et
qui ont du mal à envisager sereinement leur avenir.
Par ailleurs, en fondant son action éducative
sur la religion, Jean Bosco affirme aussi au nom de quoi il agit,
et par quoi le regard qu’il porte sur les jeunes est inspiré.
Par là même, il introduit, dans la relation éducative, un tiers
dont le rôle ne peut être que bénéfique. En effet, Don
Bosco ne dira jamais que c’est de lui seul qu’il tire l’énergie
qui le mène, et ne s’attribue jamais ses réussites. De plus,
auprès du jeune, il ne se présente pas lui-même comme un
modèle : il le renvoie plus loin et au-delà de lui. Enfin,
la religion est un chemin qui conduit à s’ouvrir, sinon à une
adhésion de foi, du moins à la question du sens. Elle peut donc
contribuer à donner un regard global sur sa propre vie, et sur la
vie en général.
Équilibrée, référée, humanisante, la
proposition de foi faite par Don Bosco a été fructueuse :
Michel Magon, François Besucco, Dominique Savio, et bien d’autres,
en témoignent.
Jean-Noël CHARMOILLE
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