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Les jeunes
sont des organismes « biologiquement en fête », parce que
débordants de vie, de mouvement et d'allégresse. Don Bosco
canalisait ces énergies dans la fête, typique de sa spiritualité.
La fête est
en accord parfait avec la spiritualité salésienne. Cependant,
toute fête organisée par les éducateurs salésiens ne peut être
dite pour cette seule raison fête salésienne au sens propre,
c'est-à-dire selon l'esprit de don Bosco. La dimension religieuse
lui est indispensable. La fête salésienne est une fête chrétienne.
En son centre, il y a la célébration liturgique, qui lui imprime
un caractère sacramentel, en évoquant l'action de Dieu dans la
vie du monde. La fête ainsi organisée joue un rôle hautement
didactique. Par elle se maintient et s'affermit la foi, dont la célébration
annonce les mystères, en même temps qu'elle proclame
l'enseignement de l'Évangile. (…)
La fête salésienne
est non seulement divertissante, mais éducatrice. Don Bosco et
ses disciples avaient compris la puissance éducatrice de la fête,
telle qu'ils la concevaient, non seulement religieuse, mais
joyeuse et sensible. À travers elle, des valeurs étaient
transmises et accueillies. Les participants, jeunes ou adultes, en
sortaient meilleurs qu'ils n'étaient entrés. La vraie fête salésienne
les remplissait de joie. Pour cette seule raison, l'atmosphère créée
était positive. L'un des principaux buts de don Bosco éducateur
était atteint. « Sois joyeux
! », répétait-il à ses garçons. Mais l'on ne contraint pas
les gens à être joyeux. La fête, source d'allégresse, est un
instrument propre à immerger dans la joie. Elle fortifie toute la
personne, dans son corps et dans son âme. (…)
Intelligemment
organisée la fête salésienne fait grandir. La société elle-même
y gagne. Elle constitue pour les communautés un moment privilégié
de croissance, à la fois humaine et religieuse, quand cette deuxième
dimension n'a pas été négligée. La fête intensifie les
rapports interpersonnels, renforce la collaboration et la
coresponsabilité si, comme il est souhaitable, les participants
se sentent vraiment protagonistes de son déroulement. Des
possibilités cachées, des capacités inédites se révèlent à
son occasion. Dans l'atmosphère cultivée en esprit salésien, le
jeu et le divertissement sont spirituellement constructifs. La fête
rapproche ceux qui sont éloignés. (…)
Pourquoi ne pas donner à la fête
authentique une place centrale dans l'existence ? Certes, si la fête
la remplissait tout entière, elle perdrait son caractère
d'exception. Les partisans du « tous les jours, c'est fête »
peuvent l'oublier : un quotidien uniformément « festif »
banalise et aplatit la fête. La fête est l'explosion d'une vie
habituellement contenue. C'est un sommet, auquel on accède en
peinant dans l'ordinaire des jours. Telle était la pensée de don
Bosco.
Francis
DESRAMAUT
« Les
cent mots-clefs de
la spiritualité salésienne »
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Noël à Chambéry |