Généralement, quand Don Bosco parle à ses
jeunes de l’Eucharistie, il s’agit de la communion, source
inépuisable de grâces et rencontre personnelle avec Jésus.

Don Bosco présente à ses jeunes la messe
comme « le sacrifice du corps et du sang de Notre Seigneur
Jésus Christ offert et distribué dans les espèces consacrées
du pain et du vin ». En y assistant, on revit la Passion
comme les saintes femmes qui accompagnèrent Jésus jusqu’au
Calvaire. D’où l’importance de bien se tenir pendant la
célébration ! Et Jésus descend en personne sur l’autel
pour appliquer à chacun de nous les mérites de son sang
répandu. Don Bosco centre la spiritualité salésienne de l’Eucharistie
sur le « mystère ineffable » que constitue la
« présence réelle ». Le Christ ressuscité, présent
dans l’hostie que l’on reçoit, et dans le tabernacle où il
demeure, est un personnage vivant, actuel, avec qui on s’entretient.
La communion est la rencontre avec un ami incomparable, qui
soutient son ami dans les combats de la vie. Pour être toujours
en état de le recevoir, il y avait des prêtres toujours
présents à chaque temps de prière afin de donner le sacrement
de pénitence.
D’autre part, la chapelle était toujours
ouverte et accessible depuis la cour de récréation. Chacun
pouvait y venir faire une « visite au Saint
Sacrement » quand il le désirait. Après le repas de midi,
c’est presque toute la population scolaire, salésiens en tête,
qui venait se recueillir quelques instants devant Jésus présent
au tabernacle.
Le prêtre salésien qui célébrait la messe
devait prendre conscience de la profondeur du mystère de la
présence divine. Il exprimait cela par le calme, le
recueillement, l’exactitude, l’attention à toutes les
rubriques, la crainte révérencielle dans son face à face avec
Dieu, en union intime avec Jésus, prêtre et victime.
Les enfants ne pouvaient pas toujours bien
participer à ce que faisait et disait en latin le prêtre qui
leur tournait le dos… Plusieurs solutions étaient
proposées : la récitation en commun du chapelet, avec une
interruption au moment de la consécration et de la communion, la
récitation de prières en langue ordinaire correspondant à
chaque moment de la messe, la lecture personnelle de la traduction
de ce que disait le prêtre. Le moment important restait la
communion. Mais les premiers jeunes recueillis par Don Bosco n’étaient
pas tous pieux ! Un jour, au moment de la communion, personne
ne s’avança pour recevoir le corps du Christ. Dominique Savio
organisa alors avec ses meilleurs copains, un tour de communion,
et jamais plus Don Bosco ne se trouva devant une table de
communion vide…
Jean Pierre MONNIER