Don Bosco

 Don Bosco hier et aujourd'hui

Sainteté salésienne aujourd'hui

La Lettre à nos amis est un supplément de la revue Don Bosco Aujourd'hui qui paraissent en alternance   tous les deux mois. 

Sean Devereux, une vie donnée pour l’Afrique 

Sean Devereux (1964-1993), ancien élève et coopérateur salésien, a été durant sa courte vie un modèle de compassion et de courage. Au Liberia avec les salésiens, puis avec l’ONU au service des populations marquées par la guerre, il acheva son haut idéal de vie en Somalie : « Tant que mon cœur battra, je dois faire ce que je pense pouvoir faire, c’est-à-dire aider ceux qui ont moins de chance que moi. »

Une jeunesse intense

Né à Camberley en Angleterre, Sean est le second d’une famille de 3 enfants où il reçoit très tôt une éducation marquée par le service des autres. Il fréquente à 11 ans le collège salésien de Farnborough. Elève studieux et grand sportif, il se distingue par sa constante bonne humeur, son énergie débordante, son leadership. Sa grande popularité lui vaut d’être élu capitaine de son école. A 18 ans, il rencontre Joe Brown, missionnaire salésien au Liberia : « J’aimerai partir avec vous comme volontaire» confie-t-il. Il entre alors à l’université de Birmingham pour étudier la géographie et l’éducation physique. Membre actif de son aumônerie et des coopérateurs salésiens, il organise de nombreuses activités et participe à la consulte mondiale à Rome où il rencontre le pape Jean Paul II. Attaché à l’esprit de Don Bosco, il enseigne deux ans à l’école de Chertsey. En février 1989, il réalise son rêve en partant en Afrique pour la mission de Tappita au Liberia. 

Un engagement courageux durant la guerre

Dès son arrivée, « Mr Sean » mène une activité intense auprès de ses élèves. Professeur d’anglais, de sport et de religion, il organise de multiples activités sportives, des spectacles, la création d’un journal. Jamais le collège n’avait connu un tel programme 

Mais le 24 décembre 1989, c’est le début de la guerre civile au Liberia. Le collège évacué, Sean travaille alors pour le compte de l’ONU comme chargé de distribution de la nourriture aux populations. Son initiative « travail contre nourriture » répond parfaitement à l’ampleur du drame. Ses équipes de volontaires parcourent la capitale Monrovia et les régions les plus touchées. Un jour, son convoi est stoppé par les rebelles qui le malmenèrent durement. Son courage est mis à dure épreuve quand il veut négocier la libération de ses anciens élèves devenus enfants-soldats. Il confiera les larmes aux yeux : « Utiliser des enfants pour la guerre, c’est l’œuvre du diable ! » A Monrovia, il rencontre les jeunes de la rue et organise des sorties à la plage. Mais son opposition à la guerre lui attire de sérieuses menaces. 

Sean et Dermot, son père, à Freetown (Sierra Leone 1991) Sean Devereux Children's Fund

L’UNICEF l’affecte alors en 1992 en Somalie à Kismayo dans un contexte de famine et de luttes tribales. Là encore, son souci d’aider les gens à s’organiser a un grand impact. Ses olympiades permettront à 2000 combattants de laisser un temps leurs armes ! Il n’hésite pas à dénoncer publiquement les compromissions, le commerce des armes, l’avidité des chefs de guerre : « Ma vie a des hauts et des bas. Je suis tellement révolté et épuisé d’avoir à me battre sans cesse avec les autorités, les gardes et les marchandeurs. Leur avidité est écœurante. A l’inverse, je reprends courage quand je peux circuler et voir combien les centres de distribution et de santé fonctionnent bien, quand je découvre le plus beau visage d’humanité. » Il condamne à la radio et à la TV le nettoyage ethnique et demande l’ouverture d’un corridor de sécurité. Cela lui a sans doute coûté la vie. Le 2 janvier 1993, il fut assassiné par un tireur dans le port de Kismayo. Il avait 28 ans.

Un saint en manches courtes

Toute sa vie, ce garçon hors du commun a pleinement partagé les idéaux de Don Bosco : l’engagement courageux au service des jeunes, la compassion, la joie. Son dynamisme stimulait tous ses collaborateurs. Ce grand organisateur avait toujours une idée en tête, un plan qu’il cherchait à appliquer surtout s’il s’agissait d’aider les jeunes dont l’enfance a été bafouée. « La compassion était la seconde nature de Sean. Non seulement il ne supportait pas de voir les gens souffrir, mais s’il se trouvait une possibilité de venir en aide, il cherchait à faire tout son possible. » affirme Joe Brown. Le courage lui semblait inné. Dermot, son père, lui répétait souvent : « Quand quelque chose n’est pas bien, tu dois avoir le courage de le dire ». Ses convictions et ses grands idéaux marquaient son entourage. Sean était toujours prêt à défendre ce qu’il croyait être vrai. Le Père John Reid témoigne : « Il était un chrétien exemplaire dans toutes ses activités quotidiennes, dans sa foi et sa claire moralité. » Mais son sens de l’humour était sans doute sa meilleure arme : Sean le farceur, Sean le comédien, Sean le magicien. Tel était son charisme pour répandre sa joie de vivre. Joe Brown témoigne : « Il était la vie et l’âme de la fête, alliant la bonne ambiance et les jeux spécialement où les jeunes étaient impliqués. » En Somalie, Boutros-Boutros Ghali dira : « Sean était un vrai soldat de la paix. » Un témoin pour notre temps !

Xavier De VERCHERE

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