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Juillet 2007. Six élèves et deux enseignants du lycée de Costa
de Beauregard à Chambéry prennent l’avion. Direction : le
Burkina-Faso. Rencontrer les partenaires et se rendre compte de la
réalisation du projet, tels seront les principaux objectifs de
cette immersion. Fabienne Dumas, professeur d’histoire géographie,
accompagne le groupe.

DBA :
Comment est né le projet ?
Fabienne Dumas : Tout a commencé en 2004. Cinq élèves ont souhaité
envoyer des fonds pour aider la scolarisation d’enfants dans une
école au Burkina-Faso, en Afrique. Ils ont pris contact avec Sœur
Thérèse, une religieuse qui dirige un établissement scolaire à
Bobo Dioulasso.
Ils ont réalisé différentes actions comme une opération
« Bol de riz » pour récolter de l’argent et
l’envoyer à cette école. En 2005, un autre groupe, soucieux de
continuer à aider les enfants de Bobo à aller à l’école a
repris ce projet. L’année suivante, aucun groupe n’est motivé
par ce projet.
DBA :
Comment le projet est-il reparti ?
F.D. :
Les jeunes qui avaient participé à ce projet les 2 années précédentes
et qui sont encore au lycée, décident de poursuivre ce projet en
dehors du cadre strictement scolaire. Durant ces 3 années, des échanges
réguliers ont lieu avec Sœur Thérèse qui nous fait part de ses
besoins et de l’utilisation de l’argent envoyé sur place.
Lors de sa venue en France, elle rencontre les élèves et les
invite à approfondir notre partenariat. Elle nous propose dans un
premier temps de nous rendre sur place à Bobo Dioulasso.
DBA :
C’était le déclic ?
F.D. :
En effet dès la rentrée, les élèves me sollicitent : on y
va ? Faire un voyage sur place semble un bon moyen de
consolider les liens, de se rendre compte de la réalité et
d’adapter notre partenariat aux besoins. J’étais marquée
aussi par l’intérêt des jeunes à prendre en main ce
projet.
Dès le début, ils se sont impliqués, ils ont voulu créer une
association dans le but de pérenniser leur action dans le temps.
L’idée au départ n’était pas de réaliser un voyage mais
bien d’établir un échange et un partenariat. Quand le voyage
est apparu réalisable, ils ont trouvé des idées pour récolter
des fonds et n’ont pas hésité à donner de leur temps et de
leur énergie pour promouvoir leur projet auprès de collectivités
territoriales, organiser des ventes… Nous avons même passé 3
jours à faire de la mise sous pli des programmes électoraux.
DBA :
Comment s’est précisé le projet ?
F.D. :
L’objectif est de mettre en place un atelier maraîchage pour
apprendre un métier aux enfants de la rue. Pour réaliser ce
centre, les sœurs ont acheté un terrain de 9 hectares qui
accueillera en plus de cet atelier maraîchage, un centre de maçonnerie,
de menuiserie…
DBA :
Comment s’est passée la préparation ?
F.D. :
Les appréhensions étaient fortes. Diverses associations sont
venues nous parler du Burkina et nous faire part de leur expérience.
Les élèves ont participé à un week-end de préparation au
voyage organisé par le CCFD. Nos contacts avec la communauté
religieuse de Bobo se sont intensifiés tout au long de l’année.
Malgré cela, certains parents ont découragé leurs enfants de
participer à ce voyage. Finalement le 3 juillet 2007, six élèves
et deux enseignants étaient prêts et enthousiastes à l’idée
de s’envoler vers Bobo Dioulasso via Ouagadougou et de découvrir
durant 15 jours une autre culture, un autre mode de vie.
DBA :
Quel a été le programme ?
F.D. :
Un programme riche et varié avait été prévu nous permettant de
découvrir le pays. De nombreuses visites agricoles ont eu lieu :
visite d’une station d’expérimentation et de développement,
visite d’un lycée agricole, de champs pédagogiques à
Niangoloko ou à Banfora, de jardins botaniques, visite de la
plaine rizicole de Bama, découverte de la culture de la canne à
sucre dans la Région de la Comoé.
Des actions concrètes réalisées conjointement par des jeunes
français et burkinabés dont la plantation d’une haie vive d’Acacia
nilotica permettant de protéger le terrain des intrusions extérieures
ainsi que la plantation d’arbres fruitiers tels que manguiers,
orangers, citronniers, pommes cannelle, mandariniers.
DBA :
Quel bilan faites-vous de cette immersion ?
F.D. :
Ce projet a suscité l’enthousiasme des jeunes qui y ont
participé, que ce soit les Français ou les Burkinabés Grâce
aux visites et rencontres, nous avons pu analyser les atouts et
contraintes du champ acheté par les sœurs. Avec l’enseignant
en sciences et techniques horticoles, nous entrons maintenant dans
une phase de prospective sur les cultures maraîchères possibles.
Ce projet a développé notre sens de l’initiative et de
l’autonomie. Cette expérience nous a permis de mieux comprendre
les enjeux entre les pays du Nord et du Sud, de mieux connaître
le monde dans lequel nous vivons.
DBA :
Quel sera la suite à donner à ce projet ?
F.D. :
De retour en France, les contacts par mail entre jeunes se
poursuivent de façon régulière. Des articles ont paru dans la
presse pour relater l’avancée de notre projet (Vie nouvelle,
Dauphiné Libéré..). Un numéro spécial du journal interne du
lycée est consacré à ce voyage. Des soirées ont eu lieu dans
l’établissement et pour le public extérieur durant lesquelles
ont été diffusés films et diaporama. Des produits africains
sont proposés à la dégustation. Une exposition d’artisanat
burkinabé est mise en place.
Ce projet est amené à perdurer dans le temps et une réflexion
est d’ores et déjà engagée pour la réalisation d’un forage
nécessaire sur le champ avant toute mise en place d’un atelier
maraîchage. Notre objectif actuel est donc de trouver des
financements pour ce forage avant de décider plus concrètement
et avec nos partenaires, des cultures à développer et de
retourner en 2008 sur place pour développer l’activité maraîchère.
Contact : Les enfants de Bobo Dioulasso- Lycée Costa de
Beauregard-340, rue Costa de Beauregard-73000 Chambéry
Mail : enfantdebobo@voila.fr blog : les-enfants-de-bobo.over-blog.com
Sandrine, élève en Terminale, a participé au voyage :
Ce que je retiens du séjour ? Un pays aux paysages multiples
et plein de richesses, une population très ouverte, qui écoute.
Sur place, nous avons rejoint sept jeunes et un
accompagnateur Burkinabés. Tous ensemble, nous avons visité de
nombreux sites comme des villages typiques de Koro (village
perché) et Koumi (village en terre), les cascades de Toussiana
et Banfora, l'étang avec les hippopotames, la ville de Bobo
Dioulasso et son grand marché, des jardins botaniques... Puis
nous avons effectué ensemble les travaux au champ. Plantation
d'une haie défensive (contre les animaux et les vols) par semis
d'Acacia nilotica, arbustes épineux. Et aussi d'arbres
fruitiers, Manguiers, Orangers, Pomme Cannelle... Ce fût un
voyage sublime et inoubliable
L’avis de Gaétan :
Ce projet nous a fait découvrir la vie associative et la
prise de responsabilités. Le voyage nous a permis de nous ouvrir à une culture et à
un mode de vie qui nous étaient inconnus. Nous avons approché
de près les déséquilibres mondiaux Nord-Sud. Nous avons tissé des liens solides avec les jeunes Burkinabés.
Nous ferons tout pour que cette alliance puisse durer le plus
longtemps possible.
Il nous tient à cœur de développer le projet afin qu’il
se concrétise.
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