Don Bosco

 Don Bosco hier et aujourd'hui

Bailleul

La Lettre à nos amis est un supplément de la revue Don Bosco Aujourd'hui qui paraissent en alternance   tous les deux mois. 

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Hugues

 

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Patrice

 

 

 

 

 

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Fabrice

 

 

 

 

 

 

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Jacky

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SE FORMER POUR S’EN SORTIR

Cinq personnes, parmi l’équipe du centre DON BOSCO de Bailleul(59), mettent leurs compétences professionnelles à destination du milieu carcéral. Depuis 1999, ils forment leurs stagiaires aux métiers de la restauration et de l’hôtellerie à la prison de Longuenesse (62). Avec l’obtention du CAP à la sortie de prison, ceux-ci auront plus de facilité à se réinsérer. Trois de ces formateurs, en compagnie du directeur du centre Don Bosco, nous livrent leurs témoignages.

« Entrer dans la prison avec toutes ses portes et ses grilles… cela m’a énormément impressionné quand j’ai commencé à donner des cours de restauration dans ce lieu », confie Hugues, formateur depuis la rentrée de septembre. Auparavant, il était enseignant dans une école hôtelière. 

Patrice Joye, directeur du centre de formation Don Bosco, insiste sur le fait que les formateurs sont volontaires. « Cela nécessite de leur part d’être au clair par rapport aux règles de la prison : ne pas prendre de message, de courrier ; ne pas téléphoner pour quelqu’un au risque de se retrouver à sa place. Être au clair aussi sur ces personnes. Il ne s’agira pas de les juger car la société l’a déjà fait. Ils ont en face d’eux non pas uniquement des personnes sous main de justice mais des stagiaires qu’ils ont à accompagner en vue de l’obtention d’un diplôme. Intervenir en prison est un choix de la maison. Pour nous, cela s’inscrivait parfaitement dans le projet éducatif salésien. Par cette formation, nous voulons travailler sur l’axe de la prévention et donner ainsi une chance à ces personnes de se réinsérer professionnellement à leur sortie.

Du respect et du sérieux

Une journée de semaine en maison d’arrêt se passe ainsi : à 8 heures, les surveillants viennent chercher les stagiaires et les conduisent au cours. A 11h20, ces derniers prennent le repas. A 14h, ils retournent à leur formation. A 16h30, ils rentrent dans leur cellule. Ils ont une heure de promenade par jour. Du vendredi au dimanche, ils n’ont pas de formation et une heure de promenade le matin et l’après-midi. « C’est eux qui font le choix de la formation », explique Fabrice, formateur depuis 99 en milieu carcéral, où il enseigne les mathématiques et les sciences. « En faisant la demande d’une formation, ils se mettent dans une dynamique de réussite. Cela montre leur bonne volonté à s’en sortir. Je suis surpris du respect qu’ils ont vis-à-vis des formateurs. Ils sont sensibles au fait qu’on vienne leur donner une formation. Ils sont sérieux et n’hésitent pas à poser des questions. Quand un stagiaire commence à bouger un peu, il se fait souvent reprendre par les autres. Quelque part, je me sens plus en sécurité en prison qu’en donnant des cours à l’extérieur dans certains établissements ! » Donner toutes les chances de réussir aux stagiaires reste la mission première de ces formateurs. Pour cela Hugues prend le temps de rencontrer chaque stagiaire. : « C’est l’occasion pour eux de faire le bilan de leur formation, des difficultés rencontrées. Ils apprécient ces moments-là, car ils sont considérés. Ils tiennent compte des remarques. 

Trouver la bonne distance

La relation formateur-stagiaire doit être clairement définie. « J’appelle les gens par leur prénom et je les vouvoie, » signale Jacky, formateur au centre Don Bosco depuis 1993. « C’est un lieu de formation où l’affectivité est à canaliser. Ça m’arrive aussi de les tutoyer. Par contre eux me vouvoient toujours. Je ne cherche pas à savoir pourquoi ils sont là. Pourtant cela peut arriver par inadvertance. Quand ils se sentent en confiance, ils ont besoin de se livrer… cela n’est pas toujours facile à gérer ensuite intérieurement, car ce qu’ils ont fait ne nous laisse pas insensible. » C’est dans ces moments-là que nous faisons nôtres les paroles de Jean-Marie Petitclerc « l’art éducatif réside toujours dans celui de la bonne distance et de la bonne proximité », charge à nous en fonction du contexte de prendre les bonnes mesures.

Une formation où le stagiaire peut devenir formateur…

« En restauration, les stagiaires préparent des plats puis ils les dégustent. C’est un moment privilégié où je me trouve à mon bureau et je savoure discrètement leur joie sur leur visage » poursuit Jacky. « Dégustation d’un canard à l’orange, de crêpes à la chandeleur… A la fin de la séance, ils viennent me voir et me remercient. Je les valorise en leur disant que c’est eux qui ont réalisé les plats. Ces stagiaires sont intéressés par ce qu’ils font. Ils posent des questions pertinentes. Certains répondent. Ainsi, le stagiaire se retrouve en position de formateur, le temps d’une réponse et se trouve ainsi valorisé. Cette formation est véritablement enrichissante car elle est de l’ordre de l’échange et elle permet aux stagiaires d’être reconnus et respectés dans la parole émise. »

Dès 13h45, des stagiaires se tiennent déjà prêts. A aucun prix, ils ne voudraient manquer leur formation. 

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