La pluie tombe à verse et tambourine sur les
carreaux de la petite cuisine où Don Bosco et Maman Marguerite
achèvent leur repas. Soudain, on frappe à la porte. Dans l'entrebâillement,
apparaît la frimousse détrempée d'un garçon d'une quinzaine
d'années.
"Je suis un orphelin venu du Val de Sesia pour chercher du
travail. j'avais trois francs, ils ont été dépensés avant que
je puisse en gagner d'autres. Maintenant, je n'ai plus rien, et je
ne suis rien pour personne. Par charité, permettez-moi de passer
la nuit dans un coin de la maison." A ces mots, le jeune
adolescent éclate en sanglots.
Don Bosco et Maman Marguerite sont émus. Celle-ci lui explique
qu'elle l'accueillerait bien , mais que, la dernière fois qu'elle
avait eu pitié de garçons comme lui, ils étaient partis avec
toutes ses couvertures. Le garçon agite sa tignasse en signe de
dénégation: "Oh, non! Je suis pauvre mais je n'ai jamais
rien volé!"
La mine est sincère. c'est décidé, on se serrera un peu
plus. Maman Marguerite installe le garçon dans la cuisine. Avec
quelques briques, une planche et une paillasse, elle dresse ce qui
sera le premier lit du premier pensionnaire de l'oratoire. Quand
tout est prêt, elle le fait réfléchir sur la nécessité du
travail, se l'honnêteté et de la religion. Enfin, elle l'invite
à réciter ses prières. Il balbutie:"Je ne sais pas."
D'une voix douce, elle le rassure: "Tu les réciteras avec
nous."
Don Bosco écrira: "Ce fut le premier garçon de notre
internat. Un autre vint bientôt se joindre à lui, puis
d'autres..." Mais il faudra toujours plus de place. C'est
ainsi que, petit à petit, Don Bosco loue toutes les chambres de
la maison Pinardi, les transformant en dortoirs.
C'est une fois de plus le "Subito" de Don Bosco, sa
réponse à une urgence: celle des jeunes Turinois sans pain et
sans logement.
jacques
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