DBA N°946

Le repas d’affaires et le banquet de fête

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un des « séparés » l’a invité à déjeuner en sa compagnie. Jésus y va. Une femme l’apprend et apporte un flacon de parfum… Luc 7, 33 – 8,1

 

C’est comme un repas d’affaires : Simon le pharisien a invité Jésus à sa table, pour régler ses comptes avec lui et se faire une religion – comme on dit -. Qui es-tu, Jésus ? Certains disent que tu es l’envoyé de Dieu, son Messie. Mais on te voit dans les banquets plus souvent qu’à ton tour ! Jean-Baptiste, lui, se contente de sauterelles et de miel sauvage : bravo ! (Bien qu’il soit un peu fou ! …) Et puis, tu prends comme amis des gabelous, des femmes à la vie légère et même des centurions romains. Jean-Baptiste, au moins, pour donner bonne leçon à ces gens-là, leur enfonçait la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’ils étouffent, avant de leur laisser reprendre souffle contre la promesse de se convertir ! Mais toi, tu pardonnes tout.

 

Qui es-tu donc, toi dont le prénom signifie « Dieu sauve » ? Parce que, si tu prétends être l’envoyé de Dieu, alors c’est un drôle de Dieu qui t’envoie, un Dieu qui n’a pas de belles manières ! Mais qui est Dieu, à la fin ?

 

Simon a respecté les règles de l’hospitalité. Il a fait laver les pieds de Jésus par un esclave, il lui a donné l’accolade, il lui a fait verser la juste dose de parfum sur la tête … Mais on peut deviner que le repas était ennuyeux, avec ses discussions théologiques coupant les cheveux en quatre et ses débats sur la Loi découpée en plus de 600 petites lois, sans compter cette morale de la pureté qui interdit de toucher et de se laisser toucher : on ne s’appelle pas « le Séparé » pour rien !

 

Tout à coup, cette femme fait irruption dans la salle à manger, avec son vase de parfum, ses cheveux dénoués, ses yeux transformés en fontaine. Elle touche Jésus, et Jésus se laisse toucher. Simon fait les comptes tout bas ; Jésus, l’invite tout haut à se peser avec sa propre balance : le respect des conventions sociales contre la surabondance de générosité chez la femme.

 

Elle a beaucoup aimé. Un amour ambigu, de mère, de sœur ou d’amante. Mais Jésus ne dit pas « éros », ni « philos », mais « agapè », le mot qui désigne l’amour dont Dieu aime. Du coup, la femme devient parabole : Dieu fait irruption dans notre monde, dans notre train-train quotidien souvent calculateur et parfois généreux. Il a des manières libres, voire un peu libertines. Il bouscule notre protocole et nos belles manières, nos préjugés et nos aveuglements. Dieu est vraiment infréquentable ! Pourtant, notre vie morne comme un repas d’affaires devient banquet de fête, joie et folie.

 

Seigneur, ta liberté me touche. Tu laisses faire, tu laisses être, tu éveilles ou tu réveilles de nouvelles possibilités de vivre, et nous repartons en paix. Merci pour ce que tu as dit à cette femme. Merci pour ce que tu as dit à Simon : sans le juger, tu lui offres une histoire. Maintenant, lui aussi peut aller plus loin dans son histoire.

 

Jean-François Meurs

Retour DBA 946

Les fondateurs    La famille salésienne     Toutes les maisons    Centre Jean Bosco 
      
Jeunes           L'information,    DBA         Art et foi        Liens     Sommaire