DBA N°946

Don Bosco Remouchamps, bien dans sa région.

 

 

vue aérienne de Remouchamps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

maquette de l'ange

 

 

 

 

 

 

 

 

tubes pour la maquette

 

 

 

 

 

 

 

 

cour de récréation

 

 

Don Bosco est présent dans la vallée de l’Amblève depuis cent ans, une région typiquement ardennaise, pays de légendes, de forêts sombres et de rochers, avec ses villages aux noms évocateurs : Nonceveux, Sougné, Aywaille, Dieupart, Sècheval. L’Institut Saint-Raphaël est planté au bord de la rivière, non loin des célèbres grottes de Remouchamps.

 

En 1907, le Père Pastol, un breton, vint s’établir dans une maison abandonnée par des religieuses et rachetée par des personnalités de l’endroit qui désiraient créer une « école moyenne ». Dès février 1908 commençait un cours primaire supérieur, et en octobre de la même année, on ouvrait l’école moyenne qui répondait à une nécessité pour cette région. En effet, pour trouver un tel enseignement, les élèves devaient aller à Liège, à Stavelot ou à Verviers, ce qui impliquait l’internat…

Cent ans après, Monsieur Dominique Germain, actuel directeur de l’Institut et ancien élève, confirme cette vocation régionale : 90% des élèves proviennent des localités proches, à savoir des vallées de l’Ourthe et de l’Amblève, dans un rayon de 10 à 15 km.

 

La mixité sociale

Il y a plus de trente ans, l’Institut Saint-Raphaël a fusionné avec l’école Saint-Joseph, dirigée par les sœurs du Sacré-Cœur de Marie (de La Hulpe), pour former le Centre Scolaire Don Bosco qui comprend une école fondamentale (écoles primaire et secondaire, 180 élèves), le premier degré du secondaire (1e et 2e années, 310 élèves), les second et troisième degrés du secondaire (650 élèves). L’école est toujours en expansion, et au fil des années, des nouveaux bâtiments ou des transformations permettent de mieux accueillir les jeunes. Les sections de menuiserie, électricité et mécanique interviennent pour les constructions et les équipements. Le dernier projet accepté est la construction d’une nouvelle cuisine et d’une salle à manger.

La spécificité de l’école est une grande mixité sociale due à la présence des trois filières d’enseignement : les Techniques Professionnelles (35% des élèves), les Techniques de Qualification (31%), l’Enseignement Général et de Transition (34%). L’établissement accueille des élèves ayant des compétences et des attentes très différentes, provenant de tous les milieux sociaux, avec un bon équilibre d’environ 1/3 de la population scolaire dans chaque type d’enseignement. C’est une richesse, car l’école n’est pas une bulle qui n’accueillerait que des privilégiés ; elle est un vrai milieu de vie, avec ses avantages et ses inconvénients. La volonté d’abattre les frontières entre les classes sociales est inscrite dans les projets et les activités. Ainsi, chaque année, le « voyage des 6e et 7e » (fin du lycée) mélange toutes les options.

 

L’esprit salésien

L’école cultive « l’esprit salésien » que revendiquent toutes les écoles de Don Bosco : une grande convivialité à tous les niveaux entre la direction, les professeurs, les éducateurs et les élèves. On recherche des activités de proximité, qui permettent aux jeunes et aux adultes de se côtoyer en vérité et de nouer des relations proches. On se fait un point d’honneur d’essayer de connaître l’élève au-delà de ses qualités purement « scolaires » et de tenir compte des personnalités.

Il n’y a plus de communauté salésienne sur place, mais l’équipe éducative garde cet esprit. Ainsi, l’équipe pastorale est efficace et motivée. Les professeurs s’impliquent dans la préparation des manifestations pour le centenaire. Des activités régulières rythment l’année : une campagne d’Avent insiste sur la solidarité avec les gens de chez nous, le Carême sensibilise au partenariat Nord/Sud. Pour la fête de Don Bosco, un grand jeu interclasses appelée « Fort-Bosco » met dans le coup l’ensemble des élèves et la grosse majorité des professeurs, un millier d’acteurs. L’eucharistie et le souper festif rassemblent 250 à 300 personnes,

Parmi les garants de cet esprit, il y a un bon nombre d’anciens élèves devenus professeurs, un comité des anciens très actif, et le conseil de l’œuvre. Cette dernière instance est particulière au Centre Scolaire Don Bosco : tous les deux mois, elle réunit l’équipe de direction, le directeur de l’internat, des délégués des professeurs et des anciens, et le Père Wille qui représente les salésiens. Elle se distingue du Pouvoir Organisateur, davantage administratif. Elle coordonne le travail, les fêtes et manifestations, la rédaction de la revue « l’Echo de Saint-Raph », la publicité pour l’ensemble du Centre scolaire, les informations sur la vie.

 

Un internat très vivant

L’internat prend une place particulière et importante dans l’école. Il rend un service social très utile pour seconder les familles, socialiser des jeunes qui ont parfois perdu leurs repères et manquent de structure. Là aussi, on a une grande mixité sociale : depuis des jeunes garçons de 10 ans, de l’école primaire, jusqu’aux « grand frères » de 18-19 ans, ils sont élèves au Centre scolaire Don Bosco ou encore à l’Institut Saint-Roch, une école diocésaine proche. Des élèves de l’enseignement professionnel y côtoient des étudiants en « maths fortes ». Il y a des grandes différences sociales et culturelles, et il n’est pas évident de vivre ensemble, mais l’équipe des éducateurs s’attache à favoriser un vivre ensemble et une appréciation mutuelle.

 

L’école n’est pas toute seule

Madame Mima Mertens, sous-directrice, est responsable du 2e degré dit « Saint-Jo », qui se trouve sur un site distant d’un km. On retrouve les mêmes caractéristiques qu’à « St-Raph » : la mixité sociale, le respect du jeune tout en étant proche de lui, la bienveillance associée à la fermeté.

L’école a compris qu’elle n’était pas toute seule : elle travaille main dans la main avec les parents et avec les institutions éducatives de la région. Par exemple, des ateliers d’aide à la parentalité ont été mis en place : conférences et ateliers d’échange avec jeux de rôles, etc. Comment aider son enfant à faire ses devoirs ? Comment favoriser son autonomie ? Ces ateliers sont mis sur pied avec « La Teignouse », une institution d’Aide en Milieu Ouvert qui travaille avec des éducateurs de rue, a mis sur pied une école de devoirs, fait un travail d’information et de prévention dans le domaine des « assuétudes », etc. Il y a aussi le Service de Médiation Scolaire en Wallonie, ou encore l’association « Rebond », un Service d’Accrochage Scolaire pour une réconciliation des élèves « largués » avec leur école.

 

Jean-François MEURS

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