DBA N°946

A l’heure de la coopération internationale

 

 

 trio de djembé

Veillée présentant les projets

 

 

 

 

 

 

 

foot au Sénégal

Sénégal

 

 

 

 

 

 

 

 

Italie

Italie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

stagiaire en Roumanie

Roumanie

Du 14 au 18 janvier, le lycée agricole de Ressins a fait voyager ses lycéens à travers différents pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Récit d’une semaine riche en expériences partagées. Une bonne occasion de faire le point sur les projets.

 

« Qu’est-ce que la coopération internationale ? » C’est ainsi que commence le temps de réflexion avec des lycéens venus célébrer à la chapelle l’Eucharistie. Les réponses des jeunes fusent : « Dans coopération, il y a ‘travailler ensemble’. » « International, ça concerne tous les pays du monde ! » Puis l’échange va plus loin : « On est tous concernés par la coopération internationale. Dès qu’on achète par exemple du riz au supermarché, on permet à des personnes de gagner leur vie. » « Je pense que la coopération internationale commence déjà ici. Quand je fais attention aux camarades de classe en difficulté »… le sujet ne manque pas d’intérêt.

Durant la semaine, deux ou trois élèves par classe, ayant effectué un voyage ou un stage à l’étranger, viennent présenter aux autres classes un compte rendu visuel de leur projet. « C’est une première » lance Henri Christophe, salésien de Don Bosco. « Bien souvent les élèves reviennent heureux de leur séjour à l’étranger mais on a très peu de retours et on n’en reste qu’à des impressions. Il est important de transmettre découvertes, surprises, questionnements par rapport à une autre culture, à la rencontre de personnes différentes. » Fernand Berchoux, directeur de l’établissement complète : « La coopération internationale fait partie des missions assignées par la loi de 1984 aux établissements agricoles. Mais aujourd’hui, ce n’est pas la loi qui nous fait agir, mais plutôt une conviction. Nos jeunes devront œuvrer non plus seulement dans l’espace national, mais dans l’espace international. Et que ce soit au plan économique, culturel, social, on ne peut avoir une réelle vision sur le monde que si ce monde est davantage connu. »

 

Une variété de projets

Trois types de projets sont ainsi présentés. Des projets à caractère culturel comme ceux des élèves partis en Italie, en Angleterre et en Ukraine ; des projets caractérisés par les transferts de technologie professionnelle, ainsi ceux des élèves qui ont réalisé un stage en Pologne ou en Roumanie ; et enfin des projets de solidarité comme celui du Sénégal.

Durant cette semaine, des étudiants étrangers, en BTS à Ressins, ont aussi témoigné de leur projet. Mira et son frère Rabih viennent du Liban. Leur projet est d’agrandir la ferme familiale et d’augmenter la production laitière. Mahamat est béninois. Il est en BTS, en produits alimentaires. Son pays est rempli de ressources en arbres fruitiers. Son projet : monter une petite entreprise de transformation alimentaire sur place en vue de vendre les produits directement. « Les cours sont intéressants. Cela me motive. Après, j’aimerais faire quelques stages pour approfondir ma formation », partage Mahamat.

 

Quelle suite donner à cette semaine ? « Il est de notre mission éducative de responsabiliser davantage les élèves sur ces projets à l’étranger, ajoute le P. Christophe. Pourquoi ne pas convenir avec eux d’un « contrat séjour » ? En fonction du pays, nous pourrions, au moment de la préparation, approfondir leur connaissance historique et géopolitique, apprendre quelques mots du pays, apprendre à s’exprimer devant les autres, leur donner aussi les moyens d’utiliser la vidéo et l’appareil photo numérique afin qu’au retour ils puissent aisément rendre compte à leurs camarades mais aussi à ceux qui ont subventionné le projet. »

La coopération internationale a pris son envol et « les voyages forment la jeunesse », dit-on. Que ces projets soient pleinement profitables non seulement à ceux qui en bénéficient mais aussi à ceux qui restent !

 

Vincent GRODZISKI

 

Stage agricole en Roumanie

Durant trois semaines, dix élèves de Bac Professionnel ont réalisé leur stage dans des exploitations agricoles roumaines. Bilan de ces trois semaines.

« On a pu découvrir les conditions de productions différentes de chez nous, raconte Sylvain. Notre directeur nous avait parlé du pays, de l’agriculture. Mais quand on y est, c’est encore autre chose. Le matériel est ancien. On avait l’impression de découvrir la ferme française des années 50. Le travail était simple. Traite des vaches à la main. On a coupé du bois, ramassé et trié des pommes, le maïs. On essayait de leur partager des techniques d’agriculture française. » Pour ces stagiaires, c’était une première expérience professionnelle à l’étranger. « Le problème qu’on a rencontré est celui de la communication, ajoute Loïc. Le plus dur, c’était la première semaine. Séparé du groupe, il fallait prendre ses repères. J’étais à la montagne et le temps, plutôt gris, m’a donné le coup de cafard. Mais après, je me suis repris. Et ça s’est bien passé avec la famille d’accueil. On a appris quelques mots de roumain et on se débrouillait aussi en faisant des gestes.» Quant à Florent, il a apprécié aussi la simplicité des contacts avec les paysans. « C’est un stage que je conseillerais. Il faut se préparer moralement avant d’y aller car il faut dépasser les difficultés de la langue. C’est une bonne expérience humaine. Quand on voit ce qui se passe à l’étranger, je trouve qu’ici on se plaint trop. » Fernand Berchoux est à l’initiative du projet : « Ce stage avait pour objectif de confronter les pratiques agricoles des élèves avec celles d’un pays entré récemment dans l’Union européenne. La représentation communément admise d’un pays agricole performant, menaçant pour l’agriculture française a été fortement contrecarrée. Le développement agricole et rural que nous connaissons en France a été le fruit du travail et de l’engagement de plusieurs générations. La Roumanie doit à son tour prendre son destin en main. Le passé communiste du pays a détruit le lien social. Des associations de développement telles que AFRODA à Alba Iulia se mobilisent pour créer ces liens entre les Roumains et les amener à réfléchir à leur développement qui peut être facilité par les fonds européens abondants jusqu ‘en 2012. » Les bilans dressés, un nouveau groupe se prépare à partir en octobre prochain.

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