| DBA N°946 |
Sœur
Catherine Fino, |
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Elle était médecin. La voilà docteur. Depuis la fin de l’année dernière, soeur Catherine Fino, salésienne de Don Bosco, est officiellement docteur en théologie. Un diplôme décerné à l’issue d’une soutenance de thèse à l’Institut catholique de Paris, en collaboration (on dit cotutelle) avec l’Université catholique de Leuven (Belgique) et qui vient couronner quatre années de travail.
Médecin (diplômée de Cochin-Paris V), sœur Catherine a fait le choix de la vie religieuse à l’issue de sa formation. A 31 ans, en 1990, elle fait sa profession religieuse chez les Salésiennes de Don Bosco. Une congrégation, éducative plutôt que soignante, donc. Après des passages à Thonon-les-Bains, Marseille et Mitry (en région parisienne), sœur Catherine assure depuis déjà cinq ans des cours à l’Institut Catholique de Paris. Des cours… de théologie morale fondamentale et en bioéthique. « Ce dont il s’agit ? Disons que l’on se donne les moyens d’un discernement au niveau moral face aux situations concrètes. Et qu’à partir de notre réflexion, on se demande comment une approche théologique peut contribuer à enrichir le débat moral public dans une société pluraliste », explique-t-elle.
Dans un enseignement qui se féminise, cette quadragénaire s’inscrit dans une tradition qui voit les Salésiens de Don Bosco français poser leur empreinte sur la théologie morale. Il y eut notamment avant elle le père René Simon et, bien sûr, le père Xavier Thévenot.
Et la thèse ? Une somme de plus de quatre cents pages sur « l’hospitalité comme figure sociale de la charité en milieu hospitalier. Etude historique et théologique de l’hospitalité de l’Hôtel-Dieu de Sillery-Québec (1639-1759) et à l’asile-hôpital Saint-Michel Archange de Beauport-Québec (1839-1939) » ! Sœur Catherine explique : « J’ai étudié dans trois périodes et dans trois hôpitaux québécois, comment, dans l’histoire, les pratiques hospitalières, l’organisation des hôpitaux, étaient fonction de ce que les sœurs avaient fait ». L’occasion de prouver qu’il y a bien « un effet de la vie chrétienne » dans les soins hospitaliers et surtout que « la charité n’avait pas disparu avec la professionnalisation de la médicalisation ».
Médecin et docteur en théologie, sœur Catherine va désormais écrire, publier, intervenir en colloque (elle l’a fait en mars au Canada). Dans une société où les questions liées par exemple à la fin de la vie ou au statut de l’embryon sont terriblement d’actualité, la religieuse, enseignante et chercheur aura à cœur, ces prochaines années, de nous interpeller.
Benoît DESEURE |
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