DBA N°946

Léon Beissière, l’Africain (suite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A partir de 1900 le Père Léon Beissière, âgé de 31 ans, anime les œuvres salésiennes d’Oran.

En 1907, pendant un an, un patro a fonctionné, au quartier St-Antoine. C’est là que se convertit un jeune juif, devenu Jacques Vidal. Ayant découvert l’importance du mouvement des anciens en Italie, Léon Beissière lui confie la mise en place des Anciens de Don Bosco en France et en Algérie. Il réussit ainsi à un premier congrès national à Marseille en 1948, et son œuvre continue.
Léon Beissière (au premier plan) en compagnie de son frère Cyprien

Alors que de nouveaux locaux se construisent à Oran dans le quartier de La Marine, Léon Beissière est nommé vice-provincial de France en 1909. Les œuvres se multiplient en Algérie : colonie de vacances à Bouisseville, salle de 1200 places pour le théâtre, etc. L’Académie Française récompense l’action de Léon Beissière en lui attribuant une médaille et un prix de 1000 francs. Mais la guerre de 1914 mobilise les cadres et les jeunes. Bulletins, courriers, maintiennent le contact et le moral. Les patros continuent avec des bénévoles. Léon est nommé administrateur de la paroisse d’Eckmühl, car tous les prêtres jeunes sont mobilisés. Il fête dans l’intimité ses 25 ans de sacerdoce en 1917.

En janvier 1919, Léon Beissière est nommé provincial de France et d’Algérie. Il s’installe à Lyon, et parcourt les communautés. Par sa joie et sa simplicité il gagne tous les cœurs. Il ouvre de nouvelles œuvres. En 1926, son ancien territoire est divisé en 3 nouvelles provinces :

Lyon, confiée au P. Gimbert, Paris sous la responsabilité du P. Crespel, et l’Afrique du Nord gardée par Léon Beissière. Léon revient en Algérie et s’installe à Alger. En 1929, on met sous sa responsabilité les œuvres du Maroc. A la fin de son mandat, en 1931, il est remplacé par le Père Prin.

Léon Beissière fut curé à Tunis un an, puis revint à Oran. L’évêque lui confie la paroisse de Kenitra, au Maroc en 1937. Il y lance un patronage complet. En 1947, à 77 ans, ses jambes lui causent des soucis, mais il continue d’être présent sur les cours avec les jeunes. En 1948, il a une syncope. On l’envoie en repos à Oran, puis Bouisseville, où il relance l’école avec le Père Pairel. Son frère Cyprien, rongé par un cancer, le rejoint, et s’éteint le 30 décembre 1950. A son tour, victime d’une embolie cérébrale, Léon Beissière décède le 23 septembre 1953.

Léon Beissière avait une apparence fragile. D’un abord très agréable, intelligent, les yeux vifs, pétillants de malice. Il avait la répartie facile. Il possédait une forte volonté et une grande maîtrise de lui. Ses qualités de cœur lui valurent partout le nom de Père. D’une parfaite égalité d’humeur, il aimait faire plaisir. Parfait religieux, il veillait à l’exacte observance de la règle et des trois vœux. C’était un saint prêtre qui désirait la sainteté pour ses jeunes.

Toute son œuvre dans le Maghreb fut balayée par les guerres d’indépendance. Mais les anciens de la « Joyeuse Union Don Bosco » dispersés dans le monde continuent à garder son souvenir, et à transmettre son esprit à leurs enfants.

 

Jean-Pierre MONNIER

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