DBA N°946

La communauté au cœur des sacrements (1)

 

 

baptême d'adolescents à St Jean Bosco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

baptême d'enfant en âge scolaire

Baptême d'un enfant d'âge scolaire. Remise du vêtement blanc qui symbolise l'appartenance au Christ ressuscité

 

 

 

 

 

 

 

expression corporelle

Au Campobosco, de jeunes confirmands expriment leur prière avec leur corps pendant un chant à l'Esprit Saint.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entrée du cierge pascal au FRAT

Lors du FRAT, un jeune apporte le cierge pascal.

 

 

La confession à la demande semble oubliée mais les églises sont pleines lors des célébrations de réconciliation. On ne demande plus le baptême pour « laver les péchés » mais pour « entrer dans la famille des chrétiens. » Les jeunes redécouvrent l’eucharistie lors de grands rassemblements. Pour les mariages, les amis des mariés constituent souvent une chorale qui devient peu à peu communauté animatrice de leurs célébrations. Dans certaines paroisses le sacrement des malades est conféré au cours de la messe dominicale. Tous ces signes nous rappellent que le sacrement ne peut être d’ordre privé mais qu’il est intrinsèquement lié à la communauté.

 

Dimanche, paroisse Sainte-Marguerite à Marseille, c’est la « messe des familles ». Des enfants qui se préparent au baptême vont vivre leur deuxième étape : l’entrée en catéchuménat. Au début de la célébration, chaque enfant est appelé par son prénom et vient se placer dans le chœur devant l’autel, face à l’assemblée. Le prêtre dit aux enfants que cette étape qu’ils vont accomplir aujourd’hui marque un engagement à suivre Jésus de plus près. Il leur rappelle le sens du signe de la croix et en marque le front de chacun. Il invite les catéchistes des enfants, leurs parents, parrains et marraines à venir en faire autant. Puis il invite toute l’assemblée à se signer avec les enfants.

Un peu plus tard, au cours de cette même célébration, les jeunes catéchumènes partent vers le fond de l’église chercher le livre de la Parole de Dieu et le rapportent en procession avec des lumières qu’ils disposent sur le sol tout autour du pupitre. Un évangile est ensuite remis à chacun d’eux.

L’objectif de cette étape est de faire comprendre aux catéchumènes qu’ils entrent personnellement en relation avec le Christ à travers une médiation, celle de la communauté, celle de l’Eglise locale. Une famille s’ouvre à eux qui les accueille avec joie. Désormais les catéchumènes sont membres de l’Eglise. Ils ont leur place dans l’assemblée pour écouter la Parole de Dieu et prier.

Quel changement ! Il y a seulement une génération, les baptêmes d’enfants étaient célébrés dans des fonts baptismaux au fond d’une église, avec pour seule communauté la famille et les parrains et marraines. Quant aux baptêmes d’adultes, on préférait la discrétion d’une chapelle privée. D’ailleurs, pour beaucoup de chrétiens, les célébrations sacramentelles étaient surtout des actes de piété personnelle qui ne concernaient pas toute la communauté. Avec la mise en œuvre de Vatican II, la communauté a retrouvé son rôle actif.

C’est le Christ qui agit dans le sacrement

 

Souvent les chrétiens disent qu’ils vont assister à la messe. Or, il ne s’agit pas de regarder passivement le prêtre faire ce qu’il a à faire, mais de coopérer. On devrait dire qu’on va participer à une messe, un baptême… Le concile Vatican II demande aux chrétiens une « participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques. »

Ainsi dans les célébrations, les différents membres de la communauté accomplissent différentes fonctions ou ministères. Mais il est important de comprendre la place de chacun : l’évêque, le prêtre ou le diacre préside et chaque membre de l’assemblée célèbre avec lui.

Comme le font remarquer Philippe Béguerie et Claude Duchesneau, « on peut se demander alors à propos des sacrements : qui fait quoi ? Qui agit dans le sacrement ? La réponse est claire, c’est le Christ, seul prêtre, qui agit par son Esprit. C’est lui qui préside notre eucharistie. C’est lui, par l’Esprit, qui consacre le pain et le vin.

Mais qui est le Christ aujourd’hui ? Qui rend visible son action ? L’Eglise, Corps du Christ, l’Eglise tout entière et non pas seulement le prêtre ! C’est donc l’Eglise qui pardonne, l’Eglise qui baptise, l’Eglise qui consacre. L’Eglise est un peuple sacerdotal et celui-ci exerce sa fonction dans toutes les actions liturgiques. »

Le prêtre au centre de la communauté est à son service pour qu’elle soit le Corps du Christ. Il manifeste que l’action accomplie solidairement par tous les membres est bien celle de l’Unique Tête, le Christ. C’est la raison pour laquelle au cœur de la célébration, il est celui qui prononce au nom du Christ et dans l’Esprit les paroles sacramentelles. L’action de l’assemblée et celle du prêtre sont complémentaires.

Exemples 

A Roeux, c’est la communauté qui prépare à la première communion

Dans une école catholique, on préparait les enfants à la première communion à l’aide d’un parcours de catéchisme adapté à leur âge. Mais on constatait que les enfants venaient à la messe seulement l’année de la préparation à ce sacrement, puis on ne les y revoyait plus l’année suivante.

Les catéchistes ont alors pensé que le Seigneur pouvait initier lui-même les enfants à son mystère, à travers la communauté chrétienne. Il suffirait de leur faire vivre l’Eucharistie puis d’accueillir après, leurs découvertes et questions éventuelles lors d’une rencontre à l’école. Les enfants qui voulaient faire leur première communion et leurs parents se sont alors engagés à participer aux « messes des familles » de l’année à la paroisse. Les enfants avaient pour mission d’écouter, d’observer, de chercher à comprendre et de prendre des notes après avec l’aide de leurs parents

Chaque lundi suivant, les catéchistes ont réuni les enfants et sur de grands panneaux, leur ont fait écrire tout ce qu’ils avaient découvert. Les enfants ont ensuite lu les expressions des uns et des autres, se sont interrogés mutuellement. Les catéchistes étaient là pour aider les enfants à avancer dans la réflexion, répondre aux questions qui nécessitaient un apport de leur part. Elles ont ainsi été témoins de l’avancée de chacun dans la compréhension du mystère de l’eucharistie. A la fin de l’année, les enfants pouvaient faire leur première communion. Mais le plus beau est que l’année scolaire suivante, à la première messe des familles, ils étaient tous là et également leur famille et ils ont continué à venir toute l’année.

 

Quand la vie communautaire devient eucharistie, une expérience en Tunisie

Au MEJ*, dans des rassemblements comme le FRAT*, les CAMPOBOSCO*, les jeunes expérimentent, retrouvent le sens des sacrements à travers toute une vie communautaire. Par exemple, lors d’un camp de volontariat en Tunisie, de jeunes animatrices chrétiennes ont redécouvert le sens de l’eucharistie à travers leur vie qui était partage entre elles, avec les enfants, les soeurs et la population tunisienne musulmane et dont elles ont voulu rendre grâce. Elles le firent au cours d’une célébration particulière. Tout a commencé de façon classique jusqu’à la lecture de l’Evangile qui était celui de la multiplication des pains. Elles ont alors proposé un partage sur ce texte. Ensuite, l’assemblée a été invitée à se rendre dans une famille musulmane tunisienne, où elle était attendue pour faire le pain traditionnel. Toutes les animatrices entourées des enfants de la famille ont pétri et fabriqué un petit pain sur les indications de la maîtresse de maison. Puis, tout le monde est allé dans la cour où le couple tunisien a coupé le bois et allumé le feu dans le four en terre traditionnel pour faire cuire ces pains. Un travail dur, sous une chaleur torride, réalisé dans l’entraide réciproque, simple et beau témoignage d’amour conjugal. Une fois les pains cuits et encore tout chauds, tout le monde a été invité à s’asseoir autour d’une table basse et à tremper des morceaux de pain dans l’huile d’olive, se les offrant mutuellement, animatrices, parents, enfants. Un des petits pains a été conservé pour la suite de l’eucharistie. De retour à la chapelle du camp, l’Evangile de la multiplication des pains a été relu et la messe a continué avec comme pain eucharistique ce pain de l’accueil, du travail, de la fraternité humaine, du partage. Plusieurs animatrices ont dit avoir découvert le sens de l’eucharistie ce jour-là.

 

MEJ : Mouvement Eucharistique des Jeunes

FRAT : Rassemblement FRATERNEL des jeunes chrétiens de l’Ile-de-France à Lourdes ou à Jambville

CAMPOBOSCO : camp pour les jeunes de 15 à 18 ans organisé par les salésiens et salésiennes de Don Bosco de France

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