DBA N°945

Qui enlèvera la pierre ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est face à l’impossible que l’on crée. Il n’y a jamais rien de nouveau dans le mal : c’est dans le bien que l’on crée. On crée en brisant le seuil de l’impossible.

Anonyme, cité par Gérard Bessière

De grand matin, les femmes marchent d’un bon pas vers le tombeau. Elles portent les aromates qu’elles ont préparés. Elles veulent offrir au bien-aimé qui est mort, quelques derniers gestes de tendresse. Mais un obstacle de taille se dresse devant elles : la pierre qui ferme la tombe. Elles s’interrogent. Qui enlèvera la pierre ? Malgré l’incertitude, les amoureuses marchent. Elles font face à l’impossible.

Or, l’Amour n’est pas mort, Celui qui aime a fait exploser le tombeau, la pierre a roulé, l’homme s’est libéré, Jésus a brisé les portes de l’enfer. Il est vivant !

L’amour donne des forces insoupçonnées. Quand Jacob fit le voyage pour aller chercher une fiancée au pays de ses ancêtres, pendant qu’il traversait les étendues de sable au rythme du pas flegmatique des chameaux, il se posait bien des questions lui aussi. Il s’est imaginé sa future femme, il l’a désirée, il a pu évaluer les obstacles… Un soir, près d’un puits, il vit venir Rachel, encore plus belle et plus aimable que dans ses pensées. Il en fut instantanément amoureux. Alors, tout seul, sans l’aide des autres bergers rassemblés pour faire boire leurs troupeaux, il a soulevé la pierre qui obstruait le puits pour offrir à boire à sa fiancée.

Comme Jacob, Jésus ouvre le puits de vie. Les femmes de l’évangile ne comprennent pas tout de suite… mais peu à peu, elles découvriront que l’humanité est entrée dans le temps de Pâques…

Pâques, c’est quand les cœurs de pierre éclatent pour laisser naître des cœurs de chair. Le noyau dur de la foi, c’est la tendresse !

Pâques, c’est lorsque l’amour ouvre des portes pour laisser passer la vie. C’est chaque fois qu’on enlève les pierres qui obstruent les sources de la joie pour laisser couler les flots d’allégresse. C’est crever le toit des préjugés et le béton des exclusions. C’est le temps où l’on fait rouler les pierres énormes de tous les esclavages, de toutes les oppressions, pour que l’amour abreuve tous les hommes assoiffés de vraie vie.

Pâques fait voler l’impossible en éclats !

 

Jean-François MEURS

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