DBA N°945

Liberia, entre crainte et espoir

 Danses pendant la journée Traditions

 

 

 

 

 

 

 

 

atelier dessin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Journée des Olympiades

 

 

 

 

 

Equipe gagnante du camp vacances

Après des années de guerre civile, le Liberia se relève lentement de ses cendres. L'éducation des jeunes apparaît comme la priorité n°1 de ce pays dans lequel les salésiens travaillent depuis plus de 25 ans.

 

Face à une capitale en ruine comme Monrovia, nul ne peut rester indifférent. Infrastructures détruites, maisons abandonnées, électricité publique inexistante. Plus marquant encore est le nombre d'adultes et de jeunes errant dans les rues. Ici, le taux de chômage atteint 80% et aller à l'école demeure un luxe. Pourtant, les constructions reprennent, les familles séparées se reconstituent et reviennent dans leur village.

Que s'est-il donc passé dans ce petit pays d’Afrique ? Pour comprendre, un brin d'histoire est nécessaire. Au XIXè siècle, des esclaves noirs affranchis arrivent d’Amérique pour fonder un pays indépendant. "L'amour de la liberté nous a menés jusqu'ici" chantent-ils. Le Liberia est né. Disposant de savoir-faire, ces américano-libériens tiennent les rênes du pays, dominant les "natives" vivant sur place. Les tensions s'exacerbent entre ces deux populations. Mais fin 1989, Charles Taylor lance une rébellion qui embrase le pays tout entier. Aucune région ne sera épargnée et beaucoup de jeunes en seront victimes, enrôlés notamment comme enfants-soldats. A côté de l'aide des ONG, bon nombre de missionnaires sont restés pour s'engager au service des populations. La présidente du Liberia, Helen Johson Shirleaf est la première femme élue en Afrique. Elle déploie tous ses efforts pour unifier le pays et ce malgré les oppositions. Son premier souci est la scolarisation de jeunes avant même le développement des infrastructures pourtant en piteux état.

 

Les salésiens au Liberia

Venus de Grande-Bretagne, des USA et d'Inde, les salésiens arrivent au Liberia en 1979 grâce au projet Afrique. Une paroisse et une école supérieure leur sont confiées à Monrovia. Une 2ème présence s'ouvre en brousse à Tapita avec une école, une paroisse et un centre de jeunes. De nombreux volontaires viennent y travailler."C'était le paradis !" se rappelle le père Larry Gilmore, salésien américain. Début 1990, le collège de Tapita a dû fermer et devenir un centre de nourriture pour les populations déplacées. A Monrovia, les salésiens ouvrent leur école aux familles. Constatant le nombre croissant d'orphelins et de jeunes combattants, ils ouvrent dans le quartier populaire de Matadi un centre de jeunes et fondent l'ONG "Don Bosco Homes" spécialisée dans l'accompagnement des jeunes à risques. "Beaucoup d'enfants accueillis ici étaient traumatisés par la guerre. Nous organisions pour eux des ateliers d'écriture, de dessin, des tournois sportifs, des sorties à la plage." Malgré les risques, les programmes éducatifs sont maintenus. "Nous avons été très soutenus pendant la guerre, ce qui nous a permis de rester. Ici, si tu as peur de construire quelque chose, tu ne fais rien !" indique le Père Jose, salésien indien.

Deux paroisses sont tenues par les salésiens. "Il y a peu de catholiques, à peine 60.000 pour 3,5 millions d'habitants. L'évangélisation reste un grand défi au Liberia" rappelle le père Harry, curé de la paroisse. "Des liens forts existent avec d'autres congrégations comme les sœurs de Mère Térésa et les franciscaines." Plusieurs mouvements de jeunes sont lancés sur les paroisses et animés par les jeunes eux-mêmes.

 

L'espoir d'un avenir meilleur

Aujourd'hui, les signes d'espoir existent au Liberia. "Depuis l'élection présidentielle, les constructions ont repris" explique le père Larry Gilmore. Si les tensions et la corruption existent toujours, l'État est présent et parvient à stopper les tentatives de déstabilisations. La sécurité est toujours maintenue par l'ONU. Mais l'éducation et le développement restent la responsabilité des Libériens. "Ce n'est pas d'abord une question de moyens, mais d'un changement de mentalité, d'un travail de vérité. Nous encourageons les victimes à témoigner dans les commissions Vérité et Réconciliation mises en place" affirme le père Jose. Bon nombre d'écoles ont rouvert dès 2004 et les jeunes se sont rapidement mis à étudier. Actuellement, le père Jose suit la construction d'un nouveau bâtiment scolaire pour accueillir les ateliers techniques. Car les formations professionnelles qualifiantes sont essentielles dans cette période de reconstruction. "Nous avons des projets en tête pour 10 ans, dit-il en souriant, mais les obstacles sont énormes. Nous avançons pas à pas. Mais, je vois une lumière pour le Liberia."

 

Reportage réalisé par Xavier de VERCHERE

Premier camp de vacances pour les jeunes de Matadi.

9h. Les portes du Don Bosco Youth Center sont grandes ouvertes. Edwin et Peace accueillent les enfants du quartier. Pour cette journée culturelle, chaque jeune vient en vêtements traditionnels. Fidelis, salésien, explique : "C'est la 1ère année que nous lançons un camp de vacances d'un mois. Nous avons formé des animateurs pour assurer le soutien scolaire le matin et les jeux l'après-midi. Aujourd'hui, nous valorisons notre culture africaine." 12h. Sonia distribue les repas : "Je me suis engagée en faisant la cuisine. C'est important de donner de son temps." 14h. Les enfants se répartissent selon leur goût dans les ateliers de couture, danse, musique et dessin. "L'expression est importante. Elle permet de guérir les traumatismes" note Fidelis. 16h. Les danses traditionnelles commencent au rythme des tam-tams. Chaque équipe désigne son roi et sa reine pour le défilé. L'excitation est à son comble. Une journée qui restera dans le coeur des jeunes de Matadi.

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