DBA N°945

Léon Beissière, salésien à 16 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Léon Beissière est né le 24 août 1869 en Provence. Son père était tourneur sur bois. Ses parents eurent 5 enfants. L’aîné devint prêtre diocésain, 2 garçons devinrent salésiens et une fille salésienne.

Léon avait 7 ans quand sa mère mourut. Il fut éduqué chez les Prémontrés, puis entra chez les salésiens de Marseille en 1881. A 14 ans, il rencontre Don Bosco qui lui dit : « Tu seras toujours avec Don Bosco. » L’année suivante, il entre au noviciat qui vient d’être créé à Marseille.

En 1885, le Père Pisani et M. Fliche font appel à Don Bosco pour reprendre le patronage Saint-Pierre que les Conférences St-Vincent-de-Paul ont créé à Ménilmontant, à Paris en 1877. Don Bosco envoie le Père Bellamy, un jeune prêtre français de 30 ans et le petit Léon Beissière, que l’on sort du noviciat après lui avoir fait prendre la soutane. A la fin de l’année, il revient à Turin pour faire une retraite, suivie de sa profession perpétuelle entre les mains de Don Bosco ! Il a tout juste 16 ans…

De retour à Paris, il prépare le Brevet Elémentaire pour devenir en 1886 directeur académique de l’école salésienne qu’il ouvrait. En même temps il faisait sa philosophie et sa théologie pour devenir prêtre. En 1896, on lui demande de préparer le baccalauréat, qu’il réussit. Il peut alors ouvrir une école secondaire et technique. L’ensemble atteint 250 élèves quand il prend la direction totale de l’œuvre.

Depuis quelques années, le Père Bellamy avait pris en main école, collège et patronage d’Eckmühl à Oran. Il demande à ses supérieurs de lui adjoindre Léon Beissière, qui arrive en 1900. Il a alors 31 ans. Soumis à une violente campagne anticléricale, Bellamy rentre en France, cherche refuge dans un monastère, et meurt à Lausanne. Les lois antireligieuses se déchaînent en France et en Algérie, où les salésiens sont interdits et leurs biens confisqués. Bessière fait déménager chez des amis tout ce qu’il peut. Quand le liquidateur vient faire l’inventaire, il ne trouve que les murs. Mais les salésiens, soutenus par la population, refusent de partir, car dans le texte de la loi, il n’est pas fait mention explicite de l’Algérie. Une nouvelle loi répare l’oubli. Les salésiens d’Oran sont expulsés par la force, et leurs biens confiés à la garde de celui que le liquidateur a pris pour un domestique : le coadjuteur salésien Rogues. Les écoles salésiennes en Oranie n’existent plus.

 

Les patros se développent

Don Rua décide alors d’envoyer Léon Beissière et ses compagnons en Chine. Mais il se ravise. A Oran, une partie des bâtiments a été racheté par l’évêché. La crypte de la cathédrale est mise à la disposition des salésiens et devient chapelle, salle de catéchisme, salle de projections et de théâtre pour plus de 200 jeunes. Léon Beissière accompagné du coadjuteur Mullas dirige le patronage d’Eckmühl.

Les salésiens s’organisent, construisent de nouvelles salles, créent un bulletin mensuel en 1906 : « L’Union » qui devint très vite « La Joyeuse Union » de Don Bosco, la JUDB. La fanfare des patros, la Joyeuse Harmonie, devient célèbre, et participe à toutes les fêtes locales, et même nationales. La troupe de théâtre se lance dans la mise en scène de « La Passion du Christ » en 1909. Et chaque année, le drame sacré est représenté en plusieurs salles du pays. La présence salésienne est démultipliée.

à suivre

Jean-Pierre MONNIER

 

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