| DBA N°944 |
Un monde sans guerres est possible |
|
|
Le Mouvement Chrétien pour la Paix, ce sont des équipes de base qui se réunissent pour s’informer, se former, combattre avec d’autres organisations sur tous les fronts de la justice et la défense des opprimés, afin de faire naître une paix durable. DBA : Depuis quand le MCP existe-t-il ? MCP : Il a été créé en réaction à la boucherie de la guerre de 14-18. A Noël 1923, durant l’occupation de la Ruhr, un pasteur protestant a organisé un geste de réconciliation avec la population locale catholique. L’initiative a été à l’origine du Mouvement Chrétien pour la Paix. Il s’est implanté en Belgique dans les années 60. DBA : Quels sont ses objectifs, ses grands principes ? Est-ce que ceux-ci ont évolué ? MCP : Nous voulons éduquer à la paix, informer et agir, car nous sommes convaincus qu’un monde sans guerres est possible. Mais le chemin pour convaincre est long. Le champ d’action est vaste aussi, car il n’y a pas de paix sans justice, sans que cesse l’exploitation des humains et de leur environnement. Un de nos premiers combats en Belgique a été de revendiquer une objection de conscience au nom d’une non-violence justifiée par l’évangile. Au début des années 80, nous avons beaucoup milité en vue du désarmement : contre l’installation de missiles en Europe, les ventes d’armes, etc. Nous faisons toujours partie d’Abolition 2000, association internationale qui mène campagne contre les armes nucléaires. Nous sommes assez fiers d’avoir réussi à faire voter en Belgique une loi qui interdit les armes à uranium appauvri. Actuellement, nous sommes fort impliqués dans la vague alter mondialiste et au sein des associations qui entendent promouvoir le désarmement. DBA : L’étiquette « chrétienne » est-elle significative ? MCP : Elle a une origine historique et les moments de l’histoire sont importants : nous n’avons jamais souhaité l’enlever. Lorsqu’ils agissent en faveur de la paix, les membres ne se réfèrent jamais à leur opinion religieuse, mais ils sont tous d’accord sur le fait que l’évangile a livré un message de justice et de paix. Quand on voit que beaucoup de situations de guerres et de violences sont provoquées par des chrétiens, on se dit qu’ils devraient relire l’évangile ! Le mouvement se veut œcuménique et indépendant des autorités d’Eglise. DBA : Le pacifisme n’est-il pas en perte de vitesse ? Pourquoi ? MCP : Ce déclin va de pair avec celui des idéologies. Les guerres ont tellement été banalisées par les médias et les politiques qu’il nous semble que les gens de chez nous les considèrent comme « un mal nécessaire pour vivre en paix ici ». Tout le monde dit que l’Europe vit en paix, mais on oublie qu’elle mène la guerre ailleurs ! DBA : En 2006, le MCP a organisé un voyage en Israël. Dans quel but ? MCP : Pour informer et créer des liens. Ce qui se passe en Palestine explicite bien les enjeux de survie de l’humanité. Y ramener la paix résoudrait en grande partie la problématique des conflits actuels. Le MCP a toujours été en première ligne pour le soutien des peuples opprimés : en Afrique du Sud, au Timor, au Soudan, au Chiapas, au Sahara Occidental… M.C.P., Carla Goffi, 61, Avenue de Mars, 1030, Bruxelles, +32/02.7339500, mcp.belgium@skynet.be La paix est une affaire d’éducation. Bâtir la paix commence par la jeunesse. Or, les étudiants sont les plus fragiles lors des guerres et des conflits. Très touchés par ce qu’ils ont vu lors d’un voyage en Palestine, trois amis de la paix ont créé une association pour leur venir en aide. DBA : Qu’est-ce que l’association « Hope », et comment est-elle née ? François Jadoul : Alain Rihoux et moi-même sommes de vieilles connaissances. J’ai appris qu’à la suite de son voyage en Palestine au printemps 2006 il essayait de constituer une association pour aider de jeunes étudiants palestiniens. Il avait besoin pour cela de regrouper des bonnes volontés, et j’ai décidé de le rejoindre. Entre-temps, j’ai retrouvé Luis Vandaele qui a fait le voyage organisé par le MCP en novembre 2006 - j’avais participé aux réunions de préparation de ce voyage -, et qui souhaitait lui aussi rebondir… Nous avons tous les trois été sensibles au domaine de l’éducation, qui souffre terriblement du conflit. Les études des jeunes sont perturbées et beaucoup abandonnent. L’association a pour but de créer un fonds de soutien. DBA : Pour cela, vous avez des contacts en Palestine… F.J. : Lors de mon voyage à Pâques 2006, j’ai rencontré le Père Firas qui m’a demandé une aide financière en faveur des jeunes étudiants d’Aboud. L’agglomération est située au pied du mur de séparation qui a créé une catastrophe économique pour les cultivateurs d’olives : terres confisquées, champs saccagés, difficultés d’accès aux cultures, restrictions pour l’expédition des productions vers différents marchés. Faute de moyens financiers, des jeunes doivent abandonner leurs études secondaires. Un comité sur place désigne et suit les jeunes qui méritent d’être soutenus. Nous avons aussi des contacts avec l’Université de Jénin, dans le Nord. Un comité composé des représentants de l’autorité académique ainsi que d’un échevin de la commune assure le suivi des étudiants universitaires sélectionnés. DBA : Comment pouvez-vous évaluer la fécondité de votre action ? F.J. : L’aide prend la forme d’un parrainage. Toute personne qui choisit de soutenir un étudiant secondaire ou universitaire pourra suivre les progrès du jeune parrainé. Le site www.hope-espoir-hoop.com, en voie d’achèvement, fournira régulièrement des informations concernant les projets que nous soutenons. Nous pensons aussi à un bulletin. DBA : On entend souvent dire que les enfants palestiniens sont éduqués à la haine. Peut-on garantir une éducation à la paix pour ces jeunes parrainés ? F.J. : Le Comité qui veille à l’attribution des bourses est composé de personnes de moralité reconnue et fiable. Dans nos critères de choix, nous spécifions que les jeunes étudiants doivent préconiser la paix et exclure la vengeance. Ils doivent aussi faire partie d’une famille éprouvée par les faits de l’occupation. |
Les
fondateurs La
famille salésienne Toutes
les maisons Centre Jean
Bosco
Jeunes
L'information, DBA
Art et foi
Liens
Sommaire