| DBA N°944 |
Une expérience forte à Lubumbashi |
|
La pompe
La plaine de jeu
dessin
|
Elise, Christel, Isabelle, Olivier, Pierre et Soeur Clémentine se préparaient depuis longtemps à passer le mois de juillet au Congo, ce grand pays lié à leur petite Belgique par l’histoire. Notre avion plane enfin au-dessus de Kinshasa, raconte Sœur Clémentine. L’atterrissage s’accompagne de « cantiques mélodieux » chantés par la majorité des passagers de ce vol à destination de Lubumbashi. Vêtus de leur uniforme vert et blanc, les adeptes de la secte fondée par Simon Kimbangu dont ils tirent le nom de Kimbanguistes, se rendent à des manifestations organisées dans son village d’origine. Une société multiculturelle C’est l’annonce de l’une des réalités sociales que nous découvrons dès le lendemain de notre arrivée à Lubumbashi. Les sectes y pullulent à côté des religions reconnues comme telles. La société congolaise s’avère être non seulement multiconfessionnelle mais aussi multiculturelle. Congolais, Belges, Indiens, Chinois, Grecs, Juifs, Libanais se croisent dans les rues, principalement au centre de la ville. Plus on s’éloigne du centre pour aller vers les grandes cités périphériques, plus on constate une baisse du niveau de vie de la population. On ne trouve quasi plus que des autochtones. Les quelques étrangers qui sont présents oeuvrent gratuitement sur le terrain, mettant en place des projets à court mais aussi à long terme, en faveur des malades, des analphabètes, des femmes soucieuses de nourrir leurs gosses, des élèves démunis... Un jeune du groupe s’exclamera vers la fin du séjour : « Je suis émerveillé de constater combien de belles réalisations sur le plan humanitaire émanent de personnes animées par la seule foi en Dieu ». Plongeon dans le faubourg de la Ruashi Dès notre arrivée, nous sommes chaleureusement accueillis dans la communauté des salésiennes de la Ruashi. Ce faubourg, situé à huit kilomètres de Lubumbashi, abrite une population dense dans ses six quartiers. Nous ne tardons pas à nous y plonger et à être particulièrement touchés par la pauvreté du quartier 6 qui forme la frontière entre la cité et la brousse. A la vue de tous ces Wazungu (« blancs » en swaeli), les enfants accourent curieux et forment autour de nous un cercle de plus en plus large. Un volontaire murmure, les larmes aux yeux : «J’ai la gorge serrée et l’impression d’étouffer au cœur de la misère. Quand elle est présentée à la télé en Belgique, on passe vite à autre chose et une distance se crée par rapport à cette réalité que je touche du doigt aujourd’hui…Loin d’ici, on peut vraiment vivre enfermé dans sa bulle de verre ! » Un autre s’exclame : « Ne sommes-nous pas venus pour animer les enfants ? En voici une centaine : pourquoi ne commencerions-nous pas tout de suite ? ». Immédiatement, on entend résonner en pleine rue de petites voix cristallines qui chantent : « Tête, épaule, genoux, pieds… » tout en gesticulant. Attirés par les cris, d’autres enfants nous rejoignent au pas de course. Leurs parents contemplent le spectacle, étonnés mais avec un sourire de bonheur au coin des lèvres… Quelle ambiance dans les plaines de jeux ! Motivés par ce premier contact avec les enfants, nous nous attelons à la tâche avec beaucoup d’enthousiasme. Les volontaires ne tardent pas à constater qu’ils répondent vraiment à des attentes : cours d’anglais aux élèves du secondaire, de français aux élèves du primaire, d’informatique aux professeurs du secondaire et aux instituteurs. Nombreux sont ceux qui répondent présent à l’invitation, car des cours de ce genre organisés pendant les vacances se paient très cher partout ailleurs. Nous n’avons pas oublié le quartier 6. Deux volontaires y retournent l’après-midi pour animer des plaines de jeux. « C’est pour les enfants pauvres que nous sommes venus », répètent-ils. Les trois autres animent aussi la plaine de jeux au quartier 1er, en collaboration avec de jeunes animateurs congolais. Un partenariat belgo-congolais Nous avons rencontré Guy Sevrin, consul général de Belgique à Lubumbashi. Il a souligné l’importance de la coopération belgo-congolaise, entre partenaires qui se situent sur pied d’égalité. C’est de cette façon que les liens créés grâce à l’histoire commune entre les deux pays, se renforceront petit à petit. Ce mois au Congo a été une expérience très forte. «Nous avons donné un peu de notre temps, de notre avoir, de notre savoir, de notre être, affirme un jeune, mais nous avons aussi reçu énormément de richesses : la joie de vivre qui réchauffe le cœur comme un rayon de soleil, l’affabilité dans la relation, le calme, la sérénité et puis …les mots du soir typiques à la famille salésienne, donnés par sœur Lucia Camperos dans un langage savoureux qui se veut un mélange d’espagnol et de français et sont une véritable nourriture spirituelle !» De retour chez nous, nous continuons à partager le rêve et la lutte des personnes croisées à Lubumbashi : Que l’exploitation minière faite parfois de façon sauvage et au détriment des travailleurs profite au bien de tous ! Que les revendications des parents, professeurs et éducateurs soient entendues pour permettre aux enfants et aux jeunes de reprendre vite le chemin de l’école … !Que les produits locaux soient appréciés davantage afin de faire face à la concurrence issue du marché mondial… ! Propos recueillis par Bénédicte PITTI Eduquer à la valeur de la vie C’est sur ce thème que s’est déroulé, du 31 octobre au 2 novembre à Ganshoren, le 6ème congrès franco-belge du Vidès. L’exposé sur le problème de la traite internationale d’êtres humains, les témoignages du père Jean-François Meurs, d’Anna Di Vito et de nombreux jeunes engagés ont passionné la soixantaine de participants. « Ce congrès me fait beaucoup réfléchir, raconte Maud. Je suis revenue de Madagascar fin juin et c’est la première fois que j’arrive à mettre des mots sur ce que j’ai vécu ! Je dis à tout le monde que ‘c’était génial’. En écoutant les témoignages des autres, je prends conscience des aspects plus durs que j’avais ‘zappés’, comme les rapports faussés entre les Malgaches et moi Européenne, simplement parce que je suis blanche. Je crois maintenant que c’est possible de faire bouger les choses dans le monde, même en restant en France, dans mon travail d’enseignante et dans mes relations dans ma vie de tous les jours. » « Comme cela fait du bien de nous retrouver, s’exclame un autre jeune ! Autour de moi, tant de gens me disent : ‘Laisse-nous tranquilles avec tes pays du sud ! Vis ta vie ! Pourquoi te préoccuper des autres ?’ Avec notre mentalité de service, on est à contre-courant, mais heureux de l’être et on se rend compte du poids qu’on peut avoir, ensemble, pour faire changer des choses !»
|
Les
fondateurs La
famille salésienne Toutes
les maisons Centre Jean
Bosco
Jeunes
L'information, DBA
Art et foi
Liens
Sommaire