| DBA N°944 |
Dans la galaxie salésienne |
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Emilie de Corée
« Ma vocation m’est arrivée par un coup de la Providence. Je n’étais pas attirée par la vie consacrée, la vie de religieuse en uniforme, la vie collective. Pour moi ce n’était pas positif. J’ai été baptisée bébé. J’ai fait des études en lettre et linguistique. Pendant que je rédigeais mon mémoire, mon professeur m’a proposé d’aider les sœurs d’une maison d’édition qui publiait une revue mensuelle et des livres divers. Je revoyais la rédaction, les traductions. Cela m’a permis de rencontrer les sœurs et j’ai été attirée par leur vie. Une sœur m’a proposé de venir voir. Entre ma première rencontre et mon oui, il y a eu un peu moins d’un an. Je suis donc rentrée chez les Sœurs de la Charité de Miyazaki (SCM). Nous sommes nées dans le contexte de la guerre, entre la 1ère et la 2nde guerres mondiales, à Miyazaki, au Japon, en 1937. A cette époque, l’Église conseillait de fonder des congrégations régionales selon les besoins du temps. Les Salésiens ont fondé cette congrégation pour qu’elle s’occupe des pauvres. Après la guerre, elle s’est installée en Corée du Sud. Elle a étendu ses lieux de mission : l’éducation, l’hôpital, la publication, les activités paroissiales, les écoles maternelles, les orphelinats, les maisons de retraite, les maisons médicalisées, les centres de services sociaux, l’animation biblique, l’accompagnement de groupes variés… Nous partageons la spiritualité salésienne, et celle du Cœur de Jésus. En Corée nous sommes plus de 500. Quelques-unes sont missionnaires aux Philippines, au Vietnam, en Chine et en Papouasie. Dans la congrégation, nous sommes plus de 1000, dont une majorité de Coréennes et de Japonaises. Nous avons deux provinces, une quasi-province au Brésil, des communautés en Bolivie, au Pérou et en Europe. Je suis religieuse depuis 14 ans. Après mes premiers vœux, j’ai été envoyée à nouveau à la maison d’édition. J’y ai travaillé pendant 7 ans comme journaliste pour la revue mensuelle Bible et Vie. La France était pour nous un pays inconnu sur lequel nous n’avions pas beaucoup d’informations. On m’a chargée de ce dossier : la province coréenne m’a envoyée en France en l’an 2000. On disait que l’Église de France était morte ! J’avais découvert le passé de l’Église de France, les époques florissantes de sa spiritualité. J’ai vérifié qu’elle était encore très vivante. La foi catholique s’enracine dans votre culture. L’Église européenne a tendance à être déracinée de l’Église universelle, alors que l’Église coréenne est très romanisée, parce que nous sommes une église jeune, nous avons besoin de nous enraciner dans l’Église universelle. A mon arrivée, j’ai appris le français pendant quelques mois avant de commencer des études de théologie et de sémiotique. Mon professeur qui est un spécialiste dans ces deux domaines, m’a conseillé de travailler l’Apocalypse. Je dois présenter mon mémoire. Ensuite, je retournerai en Corée, où je recevrai une nouvelle mission. En Corée, la Famille salésienne ne comprend que 3 groupes : les Salésiens, les Salésiennes et les SCM. Nous nous retrouvons tous au moins une fois par an. Nous collaborons aussi pour le Bulletin Salésien coréen. En Corée, nos relations sont très fraternelles et j’ai été étonnée qu’en France je n’aie pas toujours retrouvé cet accueil fraternel. Je me suis sentie parfois comme étrangère. Il est vrai que notre congrégation n’existe pas en France. C’est un appel pour moi à mieux nous faire connaître et je trouve que c’est une grande richesse d’appartenir à cette grande famille salésienne où ensemble nous puisons à la même racine. » ...................................................................................................... Au service de la Famille salésienne
DBA : Quelle est votre fonction exacte ? Le Père Adriano Bregolin : Effectivement, le CG25 a donné au Vicaire du Recteur Majeur le soin immédiat de la Famille salésienne. Le vicaire est le premier collaborateur du Recteur majeur dans le gouvernement de la Société. Il a la tâche d`animer la Congrégation dans le secteur de la Famille salésienne. Conformément à l`article 5 des Constitutions il s`emploie à promouvoir la communion des divers groupes, dans le respect de leur spécificité et de leur autonomie. En outre il oriente et aide les Provinces, afin que se développent sur leur territoire et selon leurs statuts respectifs, l`Association des Coopérateurs Salésiens et le mouvement des Anciens Élèves. DBA : Quels sont les derniers groupes admis dans la FS ? A.B. : Les groupes appartenant officiellement à la famille salésienne sont actuellement 23. Les deux derniers admis depuis 2004 sont les Soeurs de la Résurrection et les Soeurs de l’Annonciation du Seigneur. Il est intéressant de savoir que 25 autres Congrégations sont intéressées par la formule. DBA : Quels sont vos rapports avec ces groupes ? A.B. : Les deux documents qui mettent en évidence le sens et le type de rapport charismatique au travers des divers groupes sont la charte de communion et la charte de mission de la famille salésienne de Don Bosco. Nous pensons en outre à un troisième document sur “la spiritualité de la famille salésienne” La prospective que nous cultivons selon les indications du recteur Majeur, dans l’optique de Don Bosco, est celle d’un ample Mouvement salésien qui réunit le plus possible de personnes, animé par les divers Groupes officiels de la famille salésienne avec une commune convergence sur le Recteur Majeur, centre d’unité de la Famille. Cela signifie que, étant respectée l’autonomie de chaque groupe, on recherche la convergence de tous vers la réalisation objective de la Mission salésienne. En termes pratiques, cela va de la connaissance de l’orientation donnée par le Recteur Majeur, spécialement au travers de ses interventions les plus remarquables et l’étrenne de chaque année, jusqu’au partage et à la coresponsabilité des oeuvres et activités. DBA : Et sur le terrain, qu’est-ce que cela donne ? A.B. : La Congrégation des Salésiens a divers liens avec les groupes de la Famille salésienne suivant leur identité : il y a des Salésiens encore vivants, fondateurs de certains groupes; il y a des délégués mondiaux pour les Salésiens Coopérateurs et la confédération mondiale des anciens ; il y a des assistants ecclésiastiques pour l’institut séculier des VDB et pour l’association publique de fidèles (en chemin pour devenir un institut séculier) des VCB Certes, la situation concrète des rapports avec les divers groupes de la FS est diverse selon les lieux et selon les personnes impliquées dans les expériences concrètes de la vie pratique. Pour cette raison, la “Charte de communion” promue par les Conseils ou la Consulte de la FS au niveau régional, inspectorial et local, est fondamentale afin que les rapports charismatiques entre les divers groupes puissent avoir une meilleure stabilité et continuité dans la fraternité, sans rester totalement à la merci des personnes singulières du moment. Sœurs de la RésurrectionFondées par le missionnaire salésien indien Jorge Puthenpura, le 31 janvier 1987 au Guatemala (Amérique Centrale). Elles appartiennent officiellement à la FS depuis le mois de juillet 2004. Le P. Jorge avait mené, en 1977, une expérience de vie communautaire avec 9 jeunes femmes indigènes, qui désiraient porter la bonne nouvelle de l’Evangile aux gens de son ethnie Kekchie. Le Provincial salésien, Don Riccardo Chinchilla, lui fit la proposition inattendue de les organiser comme communauté religieuse autonome. Ainsi, en 1980, trois jeunes femmes prennent la décision de former une « petite communauté » avec le but de servir leurs frères ‘campesinos’. La Petite Communauté est vraiment inculturée. En effet, même si cela n’est pas dans les statuts, les sœurs sont toutes indigènes. Leur apostolat est de prêcher la Parole pour inculturer l’Evangile et aider les frères les plus pauvres par la catéchèse et la promotion des campesinos et surtout des jeunes et des femmes par l’alphabétisation, l’éducation à la santé, à la vie de famille, à l’économie domestique, à l’agriculture et au commerce, avec un réseau de crédit… le tout vu comme un ensemble de vie nouvelle sous la devise : “ Christ est ressuscité, ressuscitons avec Lui ». Le Cierge pascal est le symbole de la communauté. La « Petite Communauté » des Sœurs de la Résurrection est actuellement composée de 49 professes, 9 novices, 11 postulantes et 43 aspirantes, toutes indigènes de différentes ethnies. Les Sœurs de l’Annonciation du SeigneurLe fondateur de ce groupe est Louis Versiglia, évêque salésien assassiné en Chine le 25 février 1930 et canonisé le 1er septembre 2000. Né en 1873, entré au Valdocco en 1888. En 1906, chef de la première expédition missionnaire en Chine, il fonda l’œuvre de Macao. Evêque en 1921, il forma un groupe de vierges consacrées, catéchistes, pour aider les missionnaires à l’instruction religieuse des femmes et des enfants. En 1923 arrivent les premières FMA. Les deux groupes commencent à vivre et travailler ensemble ; dans la paix et la joie . Le processus de formation du groupe n’a pas cessé malgré l’assassinat de Mgr Versiglia. C’est devenu finalement une congrégation de sœurs indigènes, qui a pris le nom de «Annonciatrices du Seigneur », qui fut reconnue en 1931, et ouvrit son premier noviciat en 1936. Quatre sœurs sont restées isolées en Chine, pendant que les autres se réfugiaient à Hong Kong en 1953, durant le régime maoïste. Aujourd’hui, elles ont une maison au Canada pour s’occuper des émigrés chinois. Actuellement, elles sont 24 sœurs, 15 à Hong Kong, 4 en Chine et 5 au Canada Pour aller plus loin « La charte de communion dans la famille salésienne de Don Bosco »Dicastère pour la famille salésienne de la congrégation SDB, Rome « La famiglia salesiana di Don Bosco » édition hors commerce 1999 de la direction générale des œuvres de Don Bosco à Rome « La charte de la mission de la famille salésienne de Don Bosco » éditions Don Bosco 2002 Le site www.sdb.org procure les adresses de toutes ces Congrégations.
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