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Été 1907. Baden-Powell, militaire à la retraite, réunit une vingtaine de jeunes issus de quartiers défavorisés sur l’île de Brownsea (Angleterre). Par une pédagogie basée sur le jeu, la découverte, la confiance et la débrouillardise, il souhaite créer « un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix ». Il pose les bases du scoutisme dans son livre Scouting for boys, et en trois années son mouvement est présent dans quinze pays du monde. Cent ans plus tard, ce sont plus de 28 millions de jeunes qui continuent, de par le monde, à faire vivre leur « promesse » scoute faite de vie dans la nature et d’activités de bienfaisance.
Le 1er août dernier, dans l’intimité de leurs patrouilles, ou réunis en Jamboree comme à Londres, les scouts du monde entier ont été appelés à renouveler cette promesse : ils se sont engagés de nouveau à « faire de leur mieux ». Par un texte commun, aconfessionnel, ils ont notamment promis « d’agir au service de la fraternité humaine, au service de la protection de la planète, au service du respect de la dignité de chaque être humain ». Ce sont ces valeurs qui marquent l’unité du scoutisme, malgré sa diversité. En France, on trouve trois associations principales, toutes catholiques : les Scouts et Guides de France (64 000 membres), les Guides et Scouts d’Europe (25 000 membres) et les Scouts Unitaires de France (19 000 membres) ; toutefois 80 groupements se réclament de la pédagogie de Baden-Powell : protestants, juifs, musulmans, ou « neutres ». Ces mouvements diffèrent par exemple par leurs choix concernant la mixité ou encore par leur fidélité au scoutisme originel. Le mouvement scout belge connaît une géométrie similaire, bien qu’il regroupe beaucoup plus de jeunes (environ 160 000).
Unis dans la diversité
Au-delà de leurs divisions, les scouts ont su profiter de 2007 pour célébrer leur centième anniversaire en organisant de grandes réunions inter-mouvements. « On a tout de suite l’air plus nombreux et on a le sentiment d’appartenir à une grande famille. Je suis plutôt fier ! », confie Rémi, 17 ans, compagnon chez les SGDF ayant participé à l’un de ces rassemblements à Poitiers. A priori, les uns trouvent que les autres ont l’air débraillé, ou que leur uniforme est trop « tradi », mais une fois la discussion engagée, on passe la journée à s’échanger des souvenirs de camps passés à l’étranger, des idées pour récolter des fonds, ou des techniques de « froissartage » pour surélever une tente ou construire un radeau. Chacun a sa façon de prier, ou de dire ses bénédicités : « ah bon ? Vous ne dites pas de grâces à la fin du repas, vous ? ». A Tours, trois mouvements se sont retrouvés au printemps, ce qui a été l’occasion d’une célébration, insolite pour beaucoup, présidée à la fois par un évêque et un pasteur ! « Pour beaucoup de gens, tous les jeunes qui ont un foulard autour du cou sont les mêmes, explique un chef éclaireur des Unitaires dénommé Fanch. En fait, c’est différent d’un mouvement à l’autre, et nos différences sont une richesse pour le scoutisme. Chacun sa façon de ‘faire de son mieux’ ! ».
Simon Champigny
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DBA 943
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