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A l'occasion de la fête nationale des soldats morts
pour la patrie, les Coréens se retrouvent en famille, entre amis ou
seul auprès du soldat défunt

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La Toussaint est souvent l’occasion de parler de la mort. Or, tous les adultes confrontés à des questions d’enfants en font l’expérience : rien n’est plus difficile que de parler de ce sujet, surtout aujourd’hui, où il est devenu tabou, même si par ailleurs, la mort envahit les écrans de télévision ! Pour protéger les enfants, souvent, on évite les questions ou on édulcore les réponses.
Des pique-niques dans les cimetières
Catherine Brusselmans et sa famille habitent à Cortil-Noirmont, non loin de Bruxelles. Elle est enseignante et affirme que dans sa famille, la mort est loin d’être un sujet tabou…
DBA : Vous parlez de la mort en famille ?
Catherine Brusselmans : Pas outre mesure, mais mes enfants viennent de Colombie et j’ai curieusement l’impression que le poids de la vie n’est pas le même là-bas qu’ici. Là-bas, la mort fait partie de la vie. On ne sépare pas la vie de la mort. Une maman tient un enfant par la main, elle en a un sur le dos et un dans son ventre : elle vient peut-être d’en perdre un, mais la vie continue… et en lien avec les morts ! A la Toussaint, là-bas, on organise de grands pique-niques dans les cimetières ! Les enfants courent partout, on chante, on fait de la musique, à côté des tombes. Les vivants et les morts communient.
DBA : Depuis qu’ils sont en Belgique, ont-ils été confrontés à la mort ?
C.B. : Mon aîné, Oswaldo, a eu un ami mort à huit ans d’une leucémie. On est allé le voir douze heures avant sa mort : l’ami était dans une grande souffrance physique, il avait le teint blafard, des perfusions partout... J’ai vu qu’Oswaldo avait plus peur de la souffrance et de la déchéance physique que de la mort. Fernando, lui, avait 7 ans. Une petite fille de sa classe allait mourir. J’ai ressenti chez lui une très grande peur de la souffrance, mais il n’a pas voulu en parler. Il y avait des réunions de prière pour cette petite fille. Il n’a jamais voulu y aller, mais face à ce quelque chose qui le dépassait, il déléguait sa maman. Il fallait absolument qu’un membre de sa famille y aille !
DBA : Vous avez pu aider des enfants en deuil ?
C.B. : La mort est plus facile à appréhender par des paraboles, des images et des lectures qui peuvent lui donner un sens. Il y a des livres qui parlent de la mort de manière très sobre : « la Découverte de Petit bond » pour les tout petits, « Au revoir Blaireau » pour les moyens, « Images pour prier dans la peine » pour tous… J’ai pu aider des enfants ou des amis qui avaient perdu un proche grâce à ces lectures qui permettent de se recentrer sur le sens.
DBA : Vous êtes pour dire la vérité ?
C.B. : A cent pour cent ! J’étais jeune adulte et mon frère adolescent quand nous avons perdu notre frère de 24 ans. Cela a été une mort terrible à vivre car on lui a menti jusqu’au bout sur son état de santé. Lui-même n’a jamais demandé non plus de voir le médecin seul ! J’ai ressenti comme un mensonge permanent de devoir lui dire : « Tu sembles aller mieux » alors que tous les jours son cancer gagnait du terrain ! Là, j’ai eu l’impression qu’il y a eu une mort sans sens et ça, c’est le pire. Elle laisse un goût de cendres. Je suis pour dire la vérité, évidemment pas n’importe comment !
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DBA 943
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