DBA N°942

Je ne suis pas une « sœur »…

 

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Depuis septembre 2003, Marie-France partage à plein temps la vie et la mission de la communauté de Farnières, laïque parmi les religieux.

« J’ai connu le Centre Don Bosco grâce à une amie qui m’a invitée à des week-ends « Foi et culture ». J’y venais en touriste. Plus tard, j’ai accompagné mes élèves handicapés lors de classes vertes. J’ai de suite accroché à l’endroit, à cause de la beauté et de la paix qui environnent. Peu à peu, j’ai découvert la communauté salésienne.

 

Veuve, avec deux grandes filles, j’ai vécu des problèmes personnels pénibles ; je me suis retrouvée littéralement en pièces détachées. Mon avenir semblait sombre et sans perspective. Un désir profond de renouer avec la pratique religieuse, de retrouver le goût de l’autre et de Dieu est né en moi.

 

Or, voilà qu’à ce moment-là, Farnières inscrit dans son projet pastoral la volonté de s’ouvrir à des laïcs prêts à faire partie du noyau animateur et à porter avec les salésiens et les salésiennes la mission auprès des jeunes. Cela va plus loin que collaborer aux tâches matérielles ou à l’animation : je partage la vie de prière et les récollections, la formation salésienne, le travail, les repas, et le souci de l’avenir. Je loge dans une petite maison qui servait de gîte : je peux y recevoir ma famille et mes amis, et, occasionnellement, je mets deux petites chambres à la disposition de bénévoles.

 

J’ai tout de suite vu ma place : rendre ce que j’avais reçu, l’accueil, qui est une caractéristique de la maison. J’aime beaucoup le mouvement, voir vivre les jeunes, prendre du temps avec les gens, faire visiter le lieu. Ma tâche principale est de recevoir les demandes d’hébergement, tenir le planning, prendre les contacts avec les responsables. Le téléphone et les e-mails sont mes outils quotidiens. Je prends des nouvelles de l’un ou de l’autre et certains viennent me parler. Les gens ont parfois des difficultés à me situer, je ne suis pas « sœur », mais rapidement, ils me voient comme quelqu’un qui fait partie de la communauté. Je me sens engagée, je porte la mission selon ce que je suis, et je suis prête à faire une « promesse » dans le cadre du projet de Farnières. Je ne suis pas à la disposition du Père Provincial, comme les salésiens, encore que…

 

M’intégrer dans la vie de communauté n’a pas été facile, mais quand le travail et la vie que l’on mène coïncident à ce point, on ne peut se contenter d’accommodements. J’ai parfois souffert de certains silences, j’ai appris à les respecter.

 

J’ai découvert la prière qui rythme les journées. J’aime beaucoup l’eucharistie du soir qui rassemble toute la communauté dispersée par le travail ; ce moment qui « ramasse » la journée.

 

J’aime aussi les réunions du mardi où l’on réfléchit au travail et pas seulement à l’organisation. On y sent très fort l’esprit de Don Bosco dans la priorité donnée aux jeunes, ce qui n’est pas le cas dans la société civile. La spiritualité et la pédagogie salésiennes ne sont pas de la théorie : elles s’incarnent dans des choix, des propositions, et un style de vie très accueillant aux enfants et aux familles. »

 

Propos recueillis par Jean-François MEURS

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