| DBA N°941 |
Baignée dans la culture française |
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Dans le cadre de leurs études universitaires, douze étudiantes coréennes ont passé un mois en France. Da-Hee Jeong pose un regard sur quelques aspects de la culture et de la société françaises. « De retour en Corée, je repense à tout ce que j’ai pu vivre durant ce mois passé en France en regardant photos, tickets de bus et de cinéma. Pour les Coréens, la France est le pays de la culture, de l’art et du roman. En France, la culture se trouve partout. L’artiste peintre s’installe dans la rue, le musicien aussi. Pour eux, la scène, c’est la rue. En général, les Coréens considèrent la vie culturelle comme un luxe. On pense qu’elle coûte trop cher et elle est peu accessible aux gens de la classe moyenne. Mais les Français croient que la culture au quotidien fonctionne comme un élément productif qui enrichit la vie. A côté de cet aspect productif, ils respectent les musiciens et les peintres de la rue et ils adoptent une attitude positive en leur donnant parfois une pièce. En Corée, on a souvent encore du mal à comprendre la contribution à la mendicité ; cela apparaît comme un phénomène rétrograde de la culture. Et puis les Coréens ne veulent pas causer de jaloux, ils refusent ce genre de contribution. Ces jours-ci, nous sommes en pleine campagne de protestation concernant la confiscation de nos biens culturels par les pays étrangers. L’un dort à la Bibliothèque Nationale de France. Il s’agit de 297 volumes de manuscrits coréens, saisis en Corée par les militaires français au sein d’archives royales, en représailles au massacre de missionnaires. Le gouvernement français refuse toujours sa restitution en prétextant l’universalisme de la culture. Les Coréens apprécient la France pour l’art et la culture. Mais l’amour de la culture qui est le pouvoir de faire progresser Paris et son capital culturel me semble tourner ici au « pillage de la culture ». L’une des raisons pour laquelle j’aime la France, c’est que je peux rester absorbée dans mes pensées n’importe où et n’importe quand sans que je sois observée. Ce que j’ai remarqué aussi c’est qu’on peut voir les magasins ou les restaurants fermés le week-end, alors que l’ouverture 24 heures sur 24 ne pose pas de problème en Corée. C’est la différence entre les Français qui gagnent de l’argent comme ça leur convient et qui veulent s’amuser avant tout de la vie alors que les Coréens ont tendance à attacher de l’importance à l’argent et au travail. Ce qui m’a marquée aussi c’est la présence de personnes âgées au café. En Corée, nous considérons le café comme un lieu réservé aux jeunes. En écoutant la chanson « Try to remember », je repense aux gens qui attendent le métro à Paris, ainsi qu’au chemin de l’école dans le ciel clair de Reims. Les chansons et les photos me rappellent beaucoup de souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire. » |
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