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Lettre N°1719 de St Jean Bosco
Le système préventif sécularisé Au Ministre de l'Intérieur (Avant de quitter Rome, Don Bosco voulait assurer à son oeuvre une place dans la Ville éternelle. Ayant perdu le soutien de Pie IX défunt, il se tourne vers le Gouvernement en la personne du ministre Crispi que, pendant les préparatifs du Conclave, il avait dû approcher afin de savoir s'il avait l'intention de faire obstacle à la liberté des Cardinaux électeurs.) Excellence J'ai l'honneur de présenter à Votre Excellence les bases sur lesquelles peut se fonder le Système Préventif appliqué parmi les jeunes en danger sur la voie publique et dans les maisons et pensionnats d'éducation. En même temps, soucieux de correspondre au bon vouloir exprimé par Votre Excellence, je prends la liberté de citer quelques lieux de Rome pouvant servir à un tel but et qui dépendent du gouvernement lui-même. (suivent 5 lieux situés dans des quartiers défavorisés) Quel que soit celui de ces lieux qu'il conviendrait au Gouvernement de laisser à ma disposition, je le destinerai exclusivement en faveur des enfants pauvres et en danger, et j'ai pleine confiance que cela pourra se faire sans beaucoup perturber les finances du Gouvernement. De cette façon, celui-ci viendrait en aide à un grand nombre d'enfants qui demandent à être abrités, et l'on mettrait ainsi un terme au grave et coûteux inconvénients d'envoyer de cette ville vers les pensionnats de Turin ou de Saint Pierdarena une multitude d'enfants abandonnés. C'est avec une totale confiance et
une profonde gratitude que je prie le Seigneur de vous garder et que je me
dis de votre Excellence l'humble suppliant (A cette lettre Don Bosco joignit un Mémoire sur le Système Préventif pour montrer au Ministre les objectifs bienfaisants de son institution. Crispi en personne lui avait exprimé le désir d'une telle information) Mémoire:Le système préventif dans l'éducation de la jeunesse Il existe deux systèmes pour l'éducation morale et civile de la jeunesse : le répressif et le préventif. L'un et l'autre peuvent être appliqués au sein de la société civile et dans les maisons d'éducation. Nous donnerons brièvement un aperçu général du Système Préventif à mettre en oeuvre dans la société civile; puis nous dirons comment il peut être pratiqué dans les collèges, les pensionnats et spécialement les maisons d'éducation. Le système préventif et répressif au sein de la société Le système répressif consiste à faire connaître les lois et les peines qu'elles fixent; ensuite l'autorité doit faire en sorte de connaître et de punir les coupables. C'est le système employé dans l'armée et en général pour les adultes. Mais les jeunes, manquant d'instruction, de réflexion, entraînés par leurs camarades ou par leur propre légèreté, se laissent souvent conduire en aveugles au désordre, pour la seule raison qu'ils sont abandonnés. Alors que les lois veillent sur les coupables, elles se doivent certainement de faire preuve d'un grand soin pour en diminuer le nombre. Quels enfants doivent-ils être considérés comme en danger? Je crois que nous pouvons désigner non pas comme mauvais, mais comme en danger de la devenir ceux qui :
Mesures à prendre L'expérience nous a appris que l'on peut efficacement agir en faveur de ces quatre catégories d'enfants:
Intervention gouvernementale Le Gouvernement, sans se charger d'une administration détaillée, sans toucher au principe d'une charité respectant la loi, peut apporter sa coopération selon les modalités suivantes: Fournir des espaces pour les rassemblements des dimanches et jours fériés; aider et munir les classes et les espaces de jeu des matériels nécessaires. Procurer des locaux pour les pensionnats, les équiper des matériels nécessaires aux métiers auxquels pourraient s'appliquer les enfants recueillis. Le Gouvernement laisserait la libre acceptation des élèves, mais fournirait une indemnité journalière ou un versement mensuel pour ceux qui, se trouvant dans des conditions décrites ci-dessus, seraient accueillis. Cela serait établi ou par les certificats de l'autorité civile, ou par les rapports de la police qui très fréquemment rencontre des jeunes qui justement se trouvent dans cette situation. Cette aide journalière serait limitée à un tiers de ce que coûterait un jeune dans les centres d'éducation surveillée de l'État, prenant pour base les établissements de Turin, et calculant la dépense totale de chaque individu, on peut estimer cette aide à 80 centimes par jour. De cette façon, le gouvernement apporterait son aide mais laisserait libre le concours de la charité privée des citoyens. Résultats Appuyé sur une expérience de 35 années on peut constater que De nombreux garçons sortis de prison s'orientent avec facilité vers un métier au moyen duquel ils gagnent honnêtement leur vie. Beaucoup qui se trouvaient dans le plus grand danger de devenir de mauvais garçons, commençaient à créer des ennuis aux honnêtes citoyens et causaient déjà des troubles assez graves aux autorités publiques, se sont tirés de ce danger et se sont mis sur le chemin conduisant à une vie d'honnête citoyen. Il ressort de nos registres que pas moins de cent mille jeunes aidés, recueillis, élevés selon ce Système, ont appris certains la musique, d'autres ont fait des études littéraires, d'autres ont appris un métier, et ils sont devenus d'habiles artisans, des employés de commerce, des patrons d'atelier, des enseignants, d'e consciencieux fonctionnaires, et pas mal occupent des grades honorables dans l'Armée. Beaucoup aussi, dotés par la nature de dons peu communs, pourront suivre les cours de l'Université et deviendront diplômés en Lettre, Mathématiques, Médecine, Droit; des ingénieurs, des Notaires, des Pharmaciens et semblables professions. |
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