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LES JEUNES sont en attente Par le Père Pascual CHAVEZ Recteur majeur DBF : Vous avez pu noter, lors de ces journées en France, la proximité et la collaboration en Famille salésienne, et les projets communs entre Salésiens et Salésiennes. Est-ce quelque chose d’unique, et qu’en pensez-vous ? Père CHAVEZ : Don Bosco n’a pas voulu fonder une congrégation, ni même trois, comme on dit parfois. Comme les grands fondateurs, Don Bosco est le père d’un grand mouvement spirituel et apostolique qui est la Famille salésienne. Alors, la première chose, c’est vraiment de travailler dans l’esprit de Don Bosco qui avait ressenti le besoin de mettre sur pied un grand mouvement en faveur des jeunes, pour leur vocation. A ce point de vue, je me sens heureux de voir la proximité, la collaboration concrète entre salésiens, salésiennes, et le groupe des collaborateurs laïcs. En second lieu, il s’agit de renforcer cette union de la Famille salésienne, et par-dessus tout à travers la formation. C’est la formation qui doit vraiment aider à découvrir des éléments d’unité plus profonde, et les traduire ensuite concrètement dans des projets comme celui du Centre Jean Bosco, un projet qui associe les groupes divers de la Famille salésienne. Je pense que la France est une des Provinces qui a fait le plus avancer sur cette voie. Et je prévois que, dans le futur, elle continuera à évoluer ainsi. DBF : L’inauguration du Centre Jean Bosco est un événement important pour nous. Comment voyez-vous son avenir, et existe-t-il des structures semblables ailleurs dans le monde ? Père CHAVEZ : Il y a ailleurs d’autres centres de formation au niveau régional, qui avaient commencé d’abord comme service pour les salésiens, et qui, peu à peu, se sont ouverts à la formation des membres de la Famille salésienne, et d’autres laïcs et religieux qui voulaient approfondir la spiritualité, la pédagogie, l’histoire salésienne. Par contre, ici, c’est la premier Centre que je vois qui, dès le début, est conçu dans cette perspective, dédié à la Famille, avec une telle précision des objectifs, très clairs, sur la ligne évidente de la formation salésienne de nos collaborateurs. Cela peut aussi garantir l’identité salésienne des œuvres où ils travaillent. Ainsi, ce Centre, me semble être une œuvre très adaptée, avec un grand avenir. DBF : Pour Don Bosco, il importait de « sauver les jeunes ». Ce mot d’ordre est-il toujours actuel, et comment faut-il le comprendre aujourd’hui ? Père CHAVEZ : Don Bosco utilisait le mot « sauver » comme un mot très complexe qui comprenait toutes les dimensions des jeunes. Et il pensait véritablement, pour eux, selon une vision anthropologique intégrale. Ainsi, dans sa conception d’une œuvre qui deviendrait maison, école, cour et paroisse, il envisageait le jeune dans toutes ses dimensions, en cherchant à le rejoindre en chacune d’elles, en l’aidant dans sa croissance, de manière à garantir sa plénitude de vie dans le Christ ; ce que nous appelons le salut, bonheur, etc. DBF : Selon vous, quelles sont les nouvelles frontières vers lesquelles nous sommes appelés ? Père CHAVEZ : Je pense qu’en Europe, et spécialement en France, on doit continuer, par-dessus tout, à faire confiance aux jeunes, à croire en eux. Don Bosco disait que, même dans les jeunes les plus difficiles, il y a des germes de positif, de bonté, de beauté et que, si un éducateur arrive à les découvrir, il peut réussir à les reconstruire. A plus forte raison, lorsque nous nous trouvons parmi de nombreux jeunes qui n’ont pas connu d’expérience déstructurante. Alors, nous sommes appelés à inviter les jeunes, à croire en eux, à leurs potentialités, à toutes les énergies positives qui sont en eux, chercher à devenir des guides compétents. En effet, il ne sert à rien d'avoir la capacité d'inviter les jeunes dans nos diverses œuvres si ensuite nous ne savons pas quoi faire avec eux. Pour beaucoup d’entre eux, il y a une attente d’accompagnement très personnalisé, afin de les aider à découvrir leur propre projet de vie. En même temps, nous devons chercher à créer des espaces où ils pourront se trouver à leur aise. J’ai trouvé, dans quelques-unes des œuvres d’Europe, des jeunes qui appartiennent à des familles aisées, des étudiants en université - autrement dit des adolescents qui ne sont pas des jeunes de la rue. Ce qui les pousse à venir dans nos maisons, c’est une atmosphère de famille, où l’on se sent accueilli, accompagné, et aussi une proposition religieuse, voire vocationnelle. |
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