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.. AFFECTION ET CONFIANCEPar Xavier THEVENOT S’appuyer sur l’affection C’est le point clé du système de Don Bosco. Il a à ce propos des paroles très fortes. « Il importe, dit-il, que non seulement les garçons soient aimés, mais qu’ils se sachent aimés » ou encore : « Il faut être proche des garçons, être familier ; qui veut être aimé doit montrer qu’il aime ». Et le livre de règle des Pères Salésiens dit au N°45 : « L’affection que le Salésien porte est vraie et personnelle. Elle se fait percevoir comme l’affection d’un père ou celle d’un ami et elle suscite une réponse d’amitié. C’est la « Bonté Affectueuse » tant recommandée par Don Bosco. On conçoit qu’une telle méthode exige de l’éducateur une grande maîtrise de son affectivité ; non pas tant pour éviter des gestes déplacés, mais surtout pour ne pas enfermer les jeunes dans le désir affectif qu’il a sur eux. C’est pourquoi Don Bosco insistera tant sur la vertu de chasteté, qui consiste à gérer au mieux ses sentiments, son affectivité, pour rendre autonome l’affectivité du jeune. Les jeunes d’aujourd’hui nous rappellent à juste titre que l’amour n’est pas quelque chose donné une fois pour toutes et qu’il suffirait de maintenir tant bien que mal Xavier Thévenot - La pédagogie de Don Bosco - Cahier 2 - Éd Don Bosco 2004 – p 21 Se plaire avec le jeune, c’est possible, si l’on estime que le jeune peut nous faire découvrir des aspects de la vie inconnus de nous ; c’est possible si l’on accepte de reconnaître que l’on n’est pas tout-puissant, qu’on est devant eux face à des libertés. Être présent à la façon de Don Bosco ce n’est donc pas seulement accepter d’être souvent physiquement présent, c’est accepter de recevoir du jeune ; parce que si je suis présent auprès de lui, lui aussi est présent auprès de moi. Don Bosco a su recevoir des jeunes. Il a même su tant s’émerveiller d’eux qu’il a écrit des biographies de plusieurs des garçons qu’il a rencontrés : Michel Magon, Dominique Savio et d’autres encore. Xavier Thévenot - La pédagogie de Don Bosco - Cahier 2 - Éd Don Bosco 2004 – p 11 La confiance Don Bosco estimait qu’une des conditions nécessaires de la mise en œuvre de sa pédagogie était la confiance : faire confiance au jeune de façon à rendre possible sa confiance envers l’éducateur. Par un tel choix pédagogique, il se mettait, peut-être sans en avoir pleinement conscience, au cœur même de la démarche éthique. En effet, qu’est-ce que choisir de mener une vie morale ? C’est choisir d’accueillir et d’entretenir le jeu de la communication interhumaine dans lequel notre mise au monde nous a fait pénétrer. Or ce choix est basé sur un acte de foi et d’espérance. Explicitons. Quand un enfant est mis au monde, il est précédé par toute une vie sociale constituée de personnes qui se parlent, travaillent, échangent des biens, sont en quête de reconnaissance et d’amour, cherchent le sens de leur vie, etc. Il est en même temps pris en charge par des organisations multiples d’ordre médical, politique, culturel, financier, juridique … Bref le monde dans lequel l’enfant pénètre est un monde de langage et d’institutions ; un monde où s’élaborent sans cesse des règles destinées à rendre heureux le vivre-ensemble : un monde enfin où des réponses philosophiques et religieuses aux questions ultimes sont proposées. L’enfant est ainsi invité à quitter, si l’on permet un jeu de mots, l’attachement à ses seuls sens, pour inventer, avec d’autres, le sens de sa vie. Il est conduit de la perte d’un « corps à corps » avec sa mère vers une communication sensée qui intègre une juste distance avec autrui. L’éducation est précisément l’activité qui tente d’accompagner et de relancer ce mouvement. Elle fait assumer un renoncement dans le but de trouver la joie de la communication. Xavier Thévenot - La pédagogie de Don Bosco - Cahier 1 - Éd Don Bosco 2004 – p 6 |
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