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Grandes figures salésiennes |
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Laura VICUNA |
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La cruelle vérité Vers une vie nouvelle |
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LAURA VICUNA : UNE VIE TRANSFIGURÉE PAR L’AMOUR L’approche du centenaire de la mort de Laura Vicuña, le 22 janvier 2004, m’offre l’occasion, de m’entretenir avec vous, mes chères Sœurs, sur quelques expressions de la jeune chilienne. Elles forment le tracé de spiritualité salésienne des jeunes, parcouru dans la brève durée d’une vie qui n’arrive pas à 13 ans accomplis. Une vie marquée par la souffrance, mais transfigurée par l ‘amour. La Communauté du Collège de Junin de los Andes, où Laura passe presque 4 ans, vit dans un climat que caractérise la proposition claire et exigeante de l’Evangile. Laura est le fruit de l’action de l’Esprit qu’exprime l’amour éducatif des FMA et des Salésiens. “ Pour moi, c’est la même chose : prier ou travailler, jouer, dormir ”. Ces paroles de Laura Vicuna mettent immédiatement en relief le niveau d’unification intérieure qu’elle avait mûrie au cours de son éducation. Elles révèlent la sainteté du quotidien vécue avec joie dans un milieu riche en idéal, capables de soutenir et de rendre naturel même le sacrifice parce qu’il est motivé par l’amour. L’esprit que l’on vivait dans les maisons salésiennes de Junin, reproduisait l’atmosphère de Mornèse et du Valdocco où, selon Don Caviglia, on respirait un air de Dieu et un air de famille. Dans cette communautés tout était simple, authentique. C’est pourquoi Laura trouvait naturel de passer de la prière à l’accomplissement de ses devoirs de classe et de travail, à la récréation, au repos. Tout dépendait d’un unique amour, tout exprimait la présence de Dieu dans la vie quotidienne. Laura nous le confirme par ces paroles : “ il me semble que Dieu lui-même garde vif en moi le souvenir de sa présence. Partout où je me trouve, en classe, dans la cour, ce souvenir m’accompagne, m’aide et me réconforte ”. Le sentiment de cette présence est alimenté par l’Eucharistie. Depuis son admission à la Communion, Laura n’omet jamais de se nourrir du pain de vie et elle intensifie l’adoration eucharistique. Le programme qu’elle choisit à cette occasion est le suivant : “ Mon Dieu, je veux t’aimer et te servir toute ma vie, aussi je te donne mon âme, mon cœur, tout mon être ; je veux mourir plutôt que de t’offenser par le péché… ; je propose de faire tout ce que je sais et que je peux pour que tu sois connu et aimé et pour réparer les offenses que tu reçois chaque jour de la part des hommes, spécialement des personnes de ma famille ”. C’est un projet de totale consécration à Dieu que Laura vivra en toute fidélité : plus elle est en communion avec Dieu, plus elle est engagée à ce qui lui est demandé à chaque moment. La pensée de la présence divine, non seulement ne la trouble pas, mais elle l’aide à tout faire le mieux possible. La “ petite folle de Jésus ” - comme elle aime se définir – comprend que l’amour est la racine de tout et elle entreprend avec courage la voie de configuration à cet amour, force qui purifie, unifie et conduit à des choix épanouissants. Marie est ma MèreDon Crestanello, confesseur et premier biographe de Laura, affirme que de l’amour de Jésus, comme d’une source, jaillissait en elle l’amour pour Marie. Tout prenait lumière du mystère de Jésus vivant dans l’Eucharistie et tout choix était motivé par la Foi en Lui. Laura devine que la présence eucharistique de Jésus conduit à percevoir aussi la présence de Marie. Le mystère de l’Incarnation, dans lequel s’enracine l’Eucharistie a, en effet, rendu la Mère de Jésus entièrement en relation avec son Fils. C’est pourquoi l’accentuation sur l’Eucharistie crée aussi un climat intensément marial. Au Collège de Junin, ce climat de joie, de travail et de prière était alimenté soit par la catéchèse systématique, soit par la catéchèse occasionnelle à l’approche des Fêtes et des anniversaires. Tout pour Laura était occasion pour croître dans l’amour, pour affiner sa sensibilité spirituelle, sa capacité d’attention et d’aide. Rappelons en particulier, la préparation aux Fêtes de Marie-Immaculée et de Marie Auxiliarice. Elle désirait ne pas les célébrer les mains vides. Ainsi les présentations d’efforts faites par ses éducatrices “ les fioretti ” trouvaient un profond écho dans un cœur désireux d’offrir et de souffrir par amour, en vivant jusqu’au bout les engagements du Baptême “ Marie est ma Mère ” répète Laura avec conviction. Elle la regarde pour l’imiter dans l’obéissance à la volonté du Père, dans la disponibilité à l’Esprit, pour collaborer à faire naître Jésus. Nous pouvons dire que l’itinéraire de croissance dans l’amitié avec Jésus correspond à la confiance progressive en Marie que Laura exprime dans son adhésion à l’Association des Enfants de Marie ”. En faire partie fut sa grande aspiration : “ Quelle joie pour moi, que d’être Enfant de Marie disait-elle, à la réalisation de son rêve. C’était le 8 décembre 1901. Etre Enfant de Marie voulait dire : la choisir comme guide de sa propre vie, devenir à son école, auxiliatrice auprès de ses compagnes et des personnes de sa famille, se laisser éduquer par elle. Laura ne pourra pas devenir FMA, comme elle l’avait désiré, mais, appartenir au groupe des Enfants de Marie sera un encouragement dans la lutte qui l’attend, un soutien dans les dépassements exigés par la vie de relation. Laura est une adolescente normale, très sensible.. En Marie, elle puise la force au moment de la tentation, dans l’effort pour conserver intègre sa dignité de jeune femme, et aussi dans l’offrande de sa vie pour la personne qu’elle aime sur la terre avec le plus d’intensité, afin que l’entente de fille à Mère devienne entente de Mère à mère, voie de salut pour sa maman. A l’heure où se consume l’offrande de sa vie, Laura dira : “ Ce qui me console le plus, en ce moment, c’est d’avoir toujours eu de la dévotion pour Marie… Elle est une Mère ! Rien ne me rend plus heureuse que la pensée que je suis “ Enfant de Marie !… ” Par amour, je ne peux pas être indifférente. L’amour pour Marie-Auxilliatrice, fortement présent dans la vie de Laura, l’oriente à être toute pour les autres, au point qu’au collège on l’appelle “ la seconde Marie-Auxiliatrice ”. Alors, sa déclaration ne surprend pas : “ Par amour, je ne peux être indifférente à mes compagnes ! ” Si, dans l’expression, Laura limite son engagement à ses compagnes, sa vie montre des relations avec tous, dans le sens de la présence attentive, préoccupée du bien de toute personne qu’elle rencontre sur sa route. Les témoignages parlent d’un tempérament affable, aux manières délicates qui attirait l’estime et l’appréciation de tous. Laura pourtant n’est pas insensible et elle n’est pas née sainte. Ce qui se manifeste en elle est œuvre de l’Esprit et de sa libre réponse ; cela s’exprime dans l’engagement quotidien motivé par le fait de reconnaître Jésus présent en chaque personne. Cela la rend empressée dans l’accueil de toute nouvelle élève ; elle facilite son insertion grâce à un accompagnement discret et attentif ; elle lui parle de Dieu et de la seconde famille qu’elle trouverait en Communauté. Avec ses compagnes elle partage tout ce qu’elle reçoit en cadeau ; elle les aide en tout, ne recevant parfois en échange qu’incompréhension. Elle en souffre mais elle sait pour qui offrir, pour cela elle dissimule et pardonne. Elle s’offre en outre pour accomplir les services les plus fatigants que refusent les autres. De cette façon, elle vit les exigences des béatitudes de l’Evangile et elle en obtient comme fruit, la joie de constater que Dieu est aimé et servi. On peut dire que tous reçoivent un bienfait du contact avec Laura. Elle qui s’était proposée de ne pas rester indifférente en face de personne, restait dans le souvenir de tous ceux qui l’approchaient ou qui simplement pouvaient admirer, sans être vus, son attitude pendant la prière, le fait qu’elle était présente partout où le besoin l’appelait. Comme le Bon Pasteur Laura, à peine âgée de 11 ans, écoute avec attention l’homélie du dimanche consacré au Bon Pasteur. Immédiate la réaction “ Si Jésus a offert sa vie pour nous, pourquoi ne puis-je pas le faire moi aussi ? ” Laura aime la vie et tout ce qui la rend plus belle : le don auquel elle arrive est le sommet d’une existence cohérente qui se déroule dans une continuelle tension vers l’amour. Sa marche vers la sainteté, qui consiste en une vie ordinaire vécue d’une façon extraordinaire se réalise dans une Communauté qui lui offre différentes formes d’accompagnement spirituel, les FMA, en particulier la directrice du collège que Laura considère comme sa 2ème Maman, au directeur spirituel, Don Crestanello, à ses compagnes avec quelques-unes desquelles, elle entretient une amitié réelle et profonde. C’est une communauté qui lui enseigne à ne pas renvoyer à plus tard les choix importants de la vie, à assumer le présent d’une façon responsable, à donner leur sens aux différentes expériences, en les unifiant dans la lumière de l’amour. Le climat humain de Junin contribue à faire d’une enfant émigrée, avec des antécédents qui pourraient conduire à la marginalisation, un chef-d’œuvre de pré-adolescente, mûre dans sa vocation qui atteint la taille de la sainteté. Sr.Antonia Colombo. |
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