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Grandes figures salésiennes |
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Laura VICUNA |
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La cruelle vérité Vers une vie nouvelle |
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La deuxième année passée à Junin, au collège des Sœurs salésiennes, se termine. Mercedes Vicuña regarde sa fille Laura avec étonnement. Elle est devenue grande et belle, avec ses yeux foncés et ses cheveux ondulés. Les fossettes qui se forment sur ses joues, quand elle rit, attirent la sympathie. « Au revoir ! Au revoir ! » En partant pour le domaine de Quilquihué où sa mère a établi son gîte auprès du riche propriétaire Manuel Mora, Laura a le pressentiment de ce qui l’attend. D’ailleurs, Mercedes, sa mère, en fait l’amère expérience. C’est un patron arrogant, grossier et despotique. Elle avait cru pouvoir s’appuyer sur lui pour améliorer sa situation, mais aujourd’hui, elle reconnaît que sa vie s’est transformée en esclavage. Cela fait deux jours à peine que les deux fillettes, Laura et sa sœur Amanda, sont de retour à la ferme. De la véranda où elle reste durant la journée, Laura voit Manuel arriver et attacher son cheval au poteau, près de l’entrée de la maison. Il exige de rester seul avec la jeune fille et chasse la mère qui se réfugie dans la maison. Mais Laura se débat et se sauve. L’homme vaincu médite un autre coup. Il ne peut accepter qu’une enfant de 11 ans lui résiste. La détermination face à la violenceQuelques jours plus tard a lieu la fête du marquage des animaux nés dans l’année. Le domaine prend l’aspect d’un village au jour de foire. Les gardiens de troupeaux se mélangent aux serviteurs et à leurs familles. Les amis du patron et les propriétaires voisins sont là aussi. On boit, on joue, on chante jusqu’à la tombée de la nuit qui annonce l’ouverture du bal. Les danses vont commencer. Manuel signale le début des danses en s’apprêtant à esquisser les premiers pas. Laura le voit s’avancer vers elle. Elle répond par un “non“ fier et décidé. L’homme est fou de rage : il insiste en se voulant charmeur. Mais c’est sans compter sur la détermination de Laura. Les invités observent. Le patron rougit, il est chez lui ici ! « Ah oui, elle ne veut pas danser, la sainte nitouche ? » Il saisit l’adolescente par le bras et la jette dehors avec les chiens. Manuel Mora s’en prend maintenant à la mère qu’il couvre d’injures, et lui ordonne de rappeler sa fille pour qu’elle vienne s’excuser et danser. Mercedes sort, mais elle n’arrive pas à convaincre sa fille. Tout à coup la porte s’ouvre, Manuel sort et saisit la pauvre maman par le poignet. Elle est liée au poteau. Les danses s’arrêtent. Personne, pas même les frères du patron, n’ose intervenir. Manuel Mora fouette Mercedes jusqu’au sang. Les amis enfourchent leur cheval et s’en vont. Laura, blottie derrière les arbres, pleure. Elle assiste dans la nuit à l’humiliation de sa mère. Daniel FEDERSPIEL |
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