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Grandes figures salésiennes |
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Laura VICUNA |
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La cruelle vérité
Vers
une vie nouvelle
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1901 : l’année de ses dix ans, Laura fait sa première communion. Comme les autres fillettes accueillies au Collège des Sœurs salésiennes de Junin (Argentine), elle vit dans un climat qui favorise la maturation spirituelle et la connaissance des choses de la foi.
Un environnement favorable Dans cette école-internat, Laura et Amanda nouent de profondes amitiés avec leurs copines. De leur côté, les Sœurs sont très jeunes et enthousiastes. Pour cette seconde rentrée scolaire, les élèves découvrent une jeune enseignante, sœur Anne-Marie Rodriguez. Elle venait de quitter sa Colombie natale pour la communauté d’Argentine. Laura comprit qu’elle aussi devait vivre une expérience de déracinement. Sœur Anne-Marie a-t-elle su mettre à profit cette réalité pour en partager une meilleure complicité avec elle ? Toujours est-il que Laura est fascinée par la manière d’être et de vivre de cette religieuse. Elle découvre ainsi toute la place de Dieu dans la vie d’une grande personne. Si les Soeurs sont si gentilles, si elles sont si joyeuses, en comparaison de tant d’autres adultes, cela ne viendrait-il pas de Dieu dont elles parlent avec tant de facilité et de sincérité ? La communauté se retrouve régulièrement avec les enfants pour la prière. Le prêtre salésien qui passe dans le Collège se met à la disposition des enfants pour l’Eucharistie et la confession. La jeune Laura en profite. Peut-être trop, selon Amanda, qui trouve que sa sœur fait du zèle. Mais Laura sait qu’à chaque fois elle se sent plus forte et qu’après, la vie lui semble plus facile.
La secrète prière de Laura « Tu pourras faire ta Première Communion cette année, si tu le veux », propose-t-on à Laura. Elle se prépare avec enthousiasme à cette fête. Très vite, elle construit un projet secret dans son cœur. En effet, Mercedes Vicuña, sa mère, n’est plus à l’aise avec la pratique religieuse. Depuis son arrivée en Argentine, elle vit une relation ambiguë avec son protecteur Manuel Mora. Ce dernier ne s’embarrasse pas de “bondieuseries“. Mercedes n’avait-elle pas conseillé à ses enfants de prier en cachette pendant les dernières grandes vacances ? « Seigneur, le jour de ma Première Communion, je voudrais tant que maman s’avance pour communier en même temps que moi, ce serait mon plus précieux cadeau ». Laura, pleine de lucidité, connaît le cœur de sa mère. Elle sait que celle-ci a concédé beaucoup de ses convictions à cet homme qui la domine. Le 2 juin 1901, les chants de fête dans la petite chapelle et l’atmosphère de gaîté des enfants de Junin ne réussissent pas à combler le désir de Laura. Sa maman reste à l’écart et ne communie pas. Laura est triste et inquiète à la fois. Le mal qui ronge sa maman est donc plus lourd qu’il n’y paraît… (à suivre) Daniel FEDERSPIEL |
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